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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 10:42



Et voici Robert Alexis de retour avec « Les Figures ». En France au 18ème  siècle, siècle des lumières dont il se sert pour éclairer ce qui n’est qu’obscurité dans la vie des hommes, des femmes. Tour à tour « Les Figures » alternent. La descente en spirale s’accomplit au fur et à mesure des lectures proposées. Exploration du mental, du corps en proie aux frénésies de la folie, cette dénaturation, cette altération de l’être. Remise en cause de la folie ? Est-elle guérissable, ou faut-il la laisser accomplir la révolution intime qui ravage, détruit et qui parfois peut amener une reconstruction de l’être.

 

 C’est une danse au bord de l’abîme. Implacable ! La connaissance a un prix. L’exploration de l’inconscient a un prix. Se connaître ne serait-il dû qu’aux fruits dangereux de l’expérience d’une sexualité brutalisée. Briser toute limite. 

 

Robert Alexis écrit avec une plume dure comme le diamant. Un scalpel. D’ailleurs les hommes dans ce roman, sont essentiellement des médecins, des chercheurs, à leurs risques et périls… Tout commence par un mystère, l’auteur confie à sa narratrice l’évocation de celui-ci… Narratrice qui se détourne très vite d’un fiancé trop sage, trop simple pour elle.

 

L’amour ne serait-il qu’aliéné aux tortures ? Pour ne pas dire conditionné à la torture : celle du corps ; l’âme rivée au corps est-elle prisonnière ?

 

Ici la sexualité est dominante, la femme est soumise de force, et forcée. Tribut de sa curiosité. « Barbe bleue » n’est pas loin. Celui revisité par le compositeur Bartok. La psychanalyse est sous-jacente. Elle éclosera plus tard sous la férule puritaine du 19éme siècle ; mais nous n’en sommes qu’à l’obscurantisme, à la peur de la Bête. Le Gévaudan… est là ! Le chaos des origines guère loin. Les mœurs sont imprégnées de violence, de terreur.

 

Robert Alexis ne donne guère de chance au frère de la narratrice, un jeune homme délicat (le frère d’âme du héros rencontré dans « La Robe » semble être là l’espace de quelques pages. Cette fois il meurt).

 

Dans l’assemblage de ces « Figures » il y a une descente aux enfers. Et l’auteur est un Diable endurci, il mène sont récit avec peut-être moins d’émotion. La maîtrise est maîtresse en ce livre, et si c’est là, un jeu facile, les jeux du roman sont des plus terrifiants. Le médecin le plus humain est renvoyé à l’animalité. Oh ! Il faut découvrir cette aventure et n’en rien dévoiler…

 

Splendide lyrisme, la nature inspire plus d’humanisme que l’humain semble-t-il ! Devenir, ou redevenir une bête ? Retrouver l’identité première ? Powys avait exploré cela dans « l’Apologie des sens » d’une manière plus contemplative avec le moi ichtyosaure et sa sensualité cosmique. Ici la violence se déchaîne, les instincts se libèrent les pulsions les plus extrêmes s’affrontent jusqu'à la perversité.

 

On ne peut être animal tout à fait, comme on ne peut plus être humain quand on a fait le saut dans l’humanimalité. Si cela est possible : à quel prix ! Ceci me semble être la pensée de l’auteur, mais il serait risqué de l’affirmer, l’auteur est l’explorateur qui dit : « - Explorez avec moi, et voyez par vous-même ensuite, l’expérience pour chacun ne peut donner les même fruits même si chaque être mûrit aux branches d’un même arbre. »

 

 Sans doute l’auteur cherche t-il en habile faiseur philosophe, de quoi piquer la bête qui sommeille dans ses supposés lecteurs ou lectrices. La Bête est belle mais condamnée sous sa plume. Malédiction de la nature de l’homme qui refuse de voir le vrai visage de la bête. Trop « humaine » peut-être…  pour apparaître belle à des regards déformés par un stéréotype sociétaire. Alors, ce que l’auteur dénonce est-ce l’intolérance de l’ensemble d’une société castratrice ?

 

« De tous les corps de la nature, celui qui agit le plus sur l’homme est l’homme. » écrit Mesmer dans son traité sur le magnétisme animal. Robert Alexis en fait dans « Les Figures » une démonstration hallucinante. Démiurge du verbe, il fait de l’inconfort un plaisir exquis distillé savamment, démultipliant délices et cruautés de la sexualité débridée de notre nature humaine !

Nouveau Vésale, il dissèque le corps, l’écorche jusqu'à l’âme. Il damne ses lecteurs, ses lectrices sans pitié aucune. Son phrasé hautain, méthodique fait froid dans le dos. Robert Alexis veut-il nous libérer, ou nous faire perdre la tête ? Nous aliéner à son talent de narrateur c’est certain. Soyons donc fous ou folles le temps de 211 pages. Il serait insensé de manquer cette exploration hors du commun. On en revient… mais attention… chaque page tournée est hantée de monstruosités. Les nôtres ?

 

« Les Figures » : un pittoresque et stupéfiant parcours !

Hécate 25 août 2008.



Décidément Robert Alexis ne cesse d’explorer la nature humaine aux confins de tous les possibles.

 

Après « Flowerbone » où il nous interrogeait sur les pérégrinations mystérieuses de la vie, ses recommencements, ses transpositions, les conditionnements d’un perpétuel réapprentissage liés aux lois de l’univers, voici qu’il nous transporte au siècle des lumières.

 

La médecine s’inquiète : qu’est-ce donc que la folie ? Où s’arrête la normalité ? Où commence la démence ? L’homme peut-il se libérer du cercle vicieux de ses pulsions ? Tel est le propos de Robert Alexis qui mène son roman comme un rituel sans pitié. C’est une bien étrange histoire que découvrira sa narratrice, attirée par un secret familial qui ne lui sera révélé qu’après s’être soumise aux plus insoutenables expériences sexuelles ordonnées par un inquiétant aliéniste.

 

L’auteur cisèle avec un style d’une beauté formelle indéniable, toutes les horreurs les plus cruelles, les dépravations les plus savantes. Quatre lectures proposées, quatre tableaux des plus surprenants. Il ne faut rien révéler des enchaînements machiavéliques du récit. L’initiation est totale…

 

Robert Alexis dépeint progressivement le sombre chaos de toutes les aberrations de la folie en un immense hymne à la Nature. Il déploie un splendide lyrisme pour décrire cet écrin parfait pour ses « Figures » qu’il nous exhibe sans pudeur ; un glissement vers le monde animal s’accomplit. Personne encore n’a eu une approche aussi hallucinante de la fameuse Bête du Gévaudan !...

 

L’auteur semble remettre en cause les notions du bien, du mal. Les rapports de l’homme et de la femme quels sont-ils exactement ?

 

Subtilement, il nargue ses lecteurs, ses lectrices sans jamais sombrer dans la vulgarité, facilité qu’il écarte, n’usant que d’un phrasé méthodique qui décuple la puissance extraordinaire de ses pernicieuses descriptions de la dépravation qui deviennent saisissantes, fascinantes. Quel étrange regard sur la féminité ! La femme véritable, où est-elle ?

 

Etranges mœurs des hommes, étranges mœurs de certaines espèces animales… Il n’est que de réfléchir à celle de la hyène femelle : c’est elle qui accule le mâle, décide de l’accouplement, elle qui se fâche et attaque si le mâle se dérobe à sa volonté sexuelle. L’animalité abordée par Robert Alexis n’est certainement pas un prétexte pittoresque. Ce serait réducteur.

 

Comprendre le mécanisme du comportement passerait-il par la nécessité d’une descente dans la nature première, celle des instincts primordiaux oubliés ? Le germe de la folie ne s’est développé que sur le terreau le plus propice à son éclosion, l’atavisme de la peur.

 Quand les grands fléaux dévastateurs disparurent, entre autre celui de la terrible peste, la folie fit son apparition.

 

 « Les figures » bien plus qu’une lecture ! Une sidérante exploration ! Une initiation…

 

Hécate 7 septembre 2008.



 

 

« L’éloge de la folie. »

 

Robert Alexis nous embarque cette fois sur la « Nef des fous », la dérive est totale puisque nous abordons les asiles du tumulte du dix huitième siècle ces fiefs de la démence où nous suivrons sa narratrice sur la piste la plus mystérieuse qui soit où la conduit sa curiosité.  Qu’est devenu son oncle Etienne de Creyst l’aliéniste ?

Comme l’écrivait d’Holbach : « pour chercher la vérité, il faut qu’elle nous intéresse. » Etienne de Creyst a découvert que « ce n’est qu’à l’aide de l’expérience que nous pouvons découvrir la vérité » (d’Holbach). Laisser les préjugés : la jeune femme n’hésite guère ! Pour parvenir jusqu'à cet homme, elle devra affronter tous les interdits, surmonter ses répulsions, se confronter aux pulsions les plus extrêmes, se mêler aux lunatiques, affronter les aliénistes, plonger au cœur du labyrinthe de la démence et des dérèglements. Tumultes en tous genres, perversions les plus extrêmes.

« Tout homme est devenu fou par sa propre sagesse », Erasme citait l’ecclésiaste. La sagesse ici explose en jouissances démultipliées. Heurts violents des âmes, des corps.

Si la philosophie est sous-jacente, le talent de l’auteur est tel qu’il possède ses lecteurs avec une audace étourdissante. Les sombres humeurs de la folie n’ont jamais été aussi fascinantes. Les plus abjectes laideurs atteignent ce que Rosenkranz n’hésitait pas à nommer «  l’esthétisme du laid ». La beauté monstrueuse… l’âme descend dans les abîmes, tente de survivre dans un monde qui la rejette. Que reste-t-il aux lunatiques, sinon se glisser dans cet espace sublunaire réfuté par la philosophie platonicienne. L’âme est sans limitation… Fantasmatique et réalité fusionnent en une angoisse sans cesse culminante… les perceptions se modifient. La magie de la nature, du monde animal, végétal est ici grandiose et coupe le souffle !

211 pages de lecture… le lecteur en sort étourdi, hanté, obsédé par cette quête identitaire. Qui sommes-nous ? On peut se poser la question…

Hécate 26 octobre 2008.


 lien de la revue "Le Matricule des anges"
 Entretient avec Robert Alexis
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=59495

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Published by Hécate - dans Avis de lectures
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commentaires

aiolos 13/04/2012 17:19


D'entrée, l'image de la couverture, une reproduction du peintre danois Abilgaard (The Nightmare), nous ouvre une porte sur l'étrange...

Hécate 13/04/2012 17:29



Peinture très proche des cauchemards  avec incubes et succubes de Füssli ,un peintre dont j'avais vu l'exposition à Paris .


C'est donc encore toi Aiolos ....:)


                                                                  
Hécate



aiolos 08/04/2012 18:25


"Exploration du mental, de corps en proie aux frénésies de la folie, cette dénaturation, cette


altération de l'être ! " Aiolos sort de ce corps et bois du vin !

Hécate 09/04/2012 15:28



L'altération de l'être ...


Toujours très dur de cotoyer certaines "démences " ...


    "Mon âme s'est épurée aux creusets du chagrin


    Perplexe  ,je fais le tour du monde ,pareil au vent " . Omar KHAYYÂM


                                   Je
ne sais pas  si la miennes'est épurée Aïolos ...mais elle est au coeur des ténèbres !


               Tu l'as peut-être croisée ...:)


                                                                    
Hécate


                                                           
 



larmerouge 22/06/2010 11:49



Hmmm cet auteur aurait-il prit le risque de nous dévoiler tels que nous sommes?



Hécate 22/06/2010 13:25



C'est tout a fait plausible...Son oeuvre puissante et insidieuse nous ouvre des perspectives ,au lecteur d'oser les explorer .


                                         
Hécate



Dane 25/12/2009 10:25


Je vote pour "la Véranda"....
mais je n'ai rien contre le fait de me glisser entre les lignes "des figures".
Après ton analyse bien construite et que je laisserai de côté pour m'approprier les sentiments déferlants et déstabilisants de cet auteur découvert et apprécié....je ferai mon voyage dans ses mots
dans ses sens.....

Lecture à suivre....
Belle fête de Noël Hécate


Hécate 25/12/2009 12:16



Je suis très sensible Dane ,de ta lecture autour de Robert Alexis ,l'auteur dont je lis chaque livre depuis sa découverte.

"La véranda" est celui que j'ai lu ,et relu...
        Merci de tes mots déposés ici.
                        Et ,grand plaisir de te retrouver.
                                                         
Amicalement.
                                                                          
Hécate








Hecate 20/06/2009 11:08

Plaiethore ,vous que le délire ne sait jamais effrayer, vous plongerez dans cet abîme de douleurs,d'arrachements avec les poumons brûlants et vous vous roulerez là dans les ornières des plus horrifique insultes commises envers la créature humaine....La bête est plus humaine que les hommes...Et,vous en savez assez pour pour palpiter encore ici avec plus de rage!
Merci d'être avec moi,ici.
Votre Hécate

Plaiethore 20/06/2009 01:59

Dame aux mystérieux corbeaux, la descente aux enfers est l'un de mes exercices de croissance perpétuelle préféré.

Si le fil me guide sur des premières routes qui auront le pouvoir de laisser traîner longuement au vent soufré les effluves de ma peau arrachée avec mon consentement, il saura également m'amener encore aux tréfonds mes mystères.

Je vous dirai Hécate, je vous dirai mes sentiments dés mes premières lectures de Robert Alexis (dés la semaine prochaine, mes poches sous les yeux seront pleines de ses pages).

Noëlle Combet 29/04/2009 11:25

Hécate, vous prêchez une convaincue :j'ai été une dévoreuse de romans, le suis un peu moins; je relis des ouvrages déjà rencontrés, Proust actuellement.
Je ne conteste donc pas le pouvoir du roman. Disons qu'à force de lecture, je me suis approprié mon goût.
Je redis donc que ce que j'écrivais dans les derniers commentaires m'est très personnel; cela concerne le style, en aucun cas un genre ou des idées...ni bien sûr une efficacité: je me rappelle avoir été convaincue de celle de l'ouvrage de Yannick Haenel : "Evoluer parmi les avalanches".
Noëlle Combet

Hécate 28/04/2009 21:52

• Noëlle,la question que vous soulevez quand à la connaissance supplémentaire que peut apporter la fiction par comparaison avec la réalité donnée régulièrement, est celle-ci : la réalité médiatique,journaux,télévision etc... n'apporte pas la relation intimiste qui s'instaure avec la littérature, et plus particulièrement dans sa forme romancée. Le lecteur va plonger dans une "histoire" qui l'implique déjà par l'effort d'ouvrir le livre, celui de tourner la page ; il va " créer" son propre "décor" visuel par le truchement des mots dans le silence des mots. Tout devient possible... une musique intérieure va s'élever par le rythme des phrases, à peine perceptible... L'écrivain s'efface, l'oeuvre prend une dimension où le lecteur décide inconsciemment de se placer (pareillement comme lors d'un face à face avec un tableau, la perspective, le détail, où l'oeil s'attarde...). La fiction en littérature rend plus accessible l'approche philosophique de la vie. On peut être rebuté par un essai ; le roman est un biais, un champ libre de découverte plus "aisé». Pourquoi Goethe, Rousseau, Diderot, Kierkegaard, Mircéa Eliade ont-ils écrit des romans? Sans compter certains poètes, Gautier, Hölderlin, Novalis etc... Si l'attraction narrative accroche irrésistiblement, elle devient séduction. Comme elle peut conduire à la répulsion. Pour conclure, cette citation : "La littérature est essentielle, ou n'est rien. La littérature est communication. La communication rigoureuse est donnée dans cette vue à partir de complicité dans la connaissance du Mal qui fonde la communication intense". (G.Bataille.)

Noëlle+Combet 28/04/2009 14:34

Hécate, je souscris tout à fait à ce que vous écrivez : l'idéalisation est ce qu'il y a, pour moi aussi, de plus mortifère, et je suis en guerre contre le formatage social.
Bien sûr qu'il y a lieu de connaître nos monstres; les méconnaître signerait notre pauvreté profonde et nous mettrait à la merci de tous les risques individuels et sociaux.
En littérature, est-ce que la fiction peut apporter une connaissance supplémentaire à celle que nous propose quotidiennement la réalité?
C'est sans doute une affaire de choix d'une forme plutôt que d'une autre.
Je crois que l'écriture a un pouvoir mais est-ce-qu'il ne dépend pas de la "réception" que chacun, à son gré, lui accorde?
Ce que je peux ressentir parfois comme "surcharge", exceptionnellement dans "Les Figures", m'est aussi sensible dans la "pastorale idéalisante" que dans "l'expressionnisme". Je dirais de même pour la peinture.
Merci en tout cas pour les "relances" que me permettent la qualité de votre pensée et de votre écriture.

Noëlle+Combet 28/04/2009 11:09

Je réécris mon précédent message où se sont introduites des "coquilles" : votre approche et votre écriture, à mes yeux, donnent une plus-value à l'ouvrage de R.Alexis "Les Figures

Noëlle+Combet 28/04/2009 11:04

Je viens de relire vos lignes concernant "Les Figures". a mes yeux,votre approche et votre style donnent à l'ouvrage d'une plus-value.

Hecate 28/04/2009 11:03

Merci Noëlle de vous être exprimée si longuement sur "Les figures" et avec sincèrité.Est-ce que R.Alexis rejoint la société en publiant? Pour ma part, je réponds oui,puisqu'en publiant il "est" dans cette société dont nous n'avons qu'une vision formatée.Hors une société est composée d'une multitudes d'êtres.La dominante de la conformité ne peut exclure la minorité au sein de cette société. L'horreur est affichée partout,dans les médias,les films,les romans de terreur,les romans policiers...Elle devient banalité. Et les excès mêmes de l'horreur ne sont plus que conventions aceptisées. R.Alexis use d'un style sans trivialité qui par sa puissance nous permet de comprendre la réalité de l'horreur qui,d'ordinaire glisse sur le lecteur.Il nous arrache à la quiétude de l'habitude réductrice.Ici,c'est le 18ème siècle,mais l'horreur est de toutes les époques, plus ou moins cachée certes . Rosenkranz déplorait ceci:"On a déjà complétement châtré l'histoire littéraire de notre pays en l'accomodant à l'usage des pensionnats et des cours pour jeunes filles de bonne famille,afin de ne jamais faire ressortir que ce qui est noble,pur,beau,moral,optimiste,charmant,plaisant,édifiant,et autres poncifs,pour les âmes tendres des vierges,des dames ,des demoiselles....C'est dans cet enfer du beau que nous voulons descendre. Cela n'est possible que si nous acceptons aussi de nous rendre dans l'enfer du mal,le véritable enfer:car le laid le plus laid ce ne sont pas les choses les plus répugnantes que nous offre la nature: marécages,arbres rabougris,crapauds et reptiles...c'est la perte de soi qui révèle sa démence dans les gestes sournois et égrillards,dans les rides creusées par la passion,dans les yeux torves,et-dans le crime...Chacun a sa part de tourments." Sommes- nous si éloignés que nous le croyons d'un certain "puritanisme" ? Aux siècle des lumières,succèdera le 19ème siècle,et l'éclosion de la psychanalyse ...afin de libérer la sexualité des mutilations de l'être.Les travaux du sexologue M.Herschfeld sont abordés par R.Alexis dans son premier roman "La robe". Vous remerciant encore, chère Noëlle de votre pasage sur le Fil d'Archal.Bien amicalement. Hécate

Noëlle+Combet 27/04/2009 09:53

Bonjour Hécate,
J'ai terminé hier soir "Les Figures".
Cette approche est certes fascinante : elles nous entraîne dans nos abysses qui peuvent être aussi envoûtantes et féroces que les océaniques; elle souligne que la dite "folie" nous concerne tous et s'imbrique dans un contexte social :"on ne délire que du social" écrivait Deleuze.
Ce texte pose aussi le problème du bien et du mal et de leur limite indiscernable. Toute la question des identités qui nous habitent est là, d'autre part, avec celle des frontières poreuses entre raison et délire, masculinité, féminité et autres, humanité et animalité.
L'homme qui écrit cela a dû souffrir dans sa chair : comment comprendre la "chute"? Aloyse, la bague au doigt pourra-t-elle importer son savoir dans une vie socialement conforme? Est-ce que Robert Alexis rejoint la société en publiant?
Quant au style, j'ai parfois pensé à Dante, bien sûr, avec cette structure en emboîtement qui évoque les cercles de l'enfer; mais aussi à Sade avec, en outre, quelques réminiscences du film que lui a consacré Benoît Jacquot : société du XVIIIème, scènes à Charenton.
Une réserve pourtant, toute personnelle : j'ai regretté parfois de la surcharge dans les scènes d'horreur...pas toujours; elles ont à voir aussi, dans leurs fulgurances, avec une sorte d'opéra baroque.
Mais j'aime que l'écriture, la musique et aussi la peinture puissent faire place à des silences, des blancs, des vides.
Voilà; c'est très personnel, je le répète, et la qualité littéraire de ce texte est globalement indéniable.
Merci de me l'avoir fait rencontrer. J'irai voir aussi "Flowerbone"
Noëlle.

Noëlle Combet 07/04/2009 11:29

Quel plaisir de découvrir votre blog, si agréable à parcourir, vos lectures et préoccupations proches des miennes et jusqu'au mot-valise humanimalité dans votre écriture!
Je vais aller à la découverte de Robert Alexis et reviendrai visiter votre blog que je vais signaler sur le mien.
A +
N.C.

Hécate 06/04/2009 09:10

Bonjour Vincent,et merci de votre passage,de votre commentaire .Robert Alexis aborde des thèmes certes dérangeants, mais la quiètude ne sert à rien,c'est très pernicieux au contraire .Revenez me faire part de votre avis sur cette lecture, cela m'intéresse déjà .
A vous revoir prochainement.Bien cordialement à vous. Hécate.

Vincent Steven 06/04/2009 08:20

Humanimalité. Voici en effet un axe, qui pour ne pas m'être étranger, diverge quelque peu de mes sentiers habituels (ces temps-ci). Humanimalité. Plutôt, pression écrasante du moment (de société), la grimace socio-politique. La méchanceté du monde…, non, des hommes…, non, de certains hommes. D'hommes trop certains. Donc, je lirai - promis - Alexis avec intérêt et plaisir. Un homme qui nous ressemble. Presque trop. Une forme de la 'pensée sauvage', celle qui dans les friches et les interstices d'un quotidien dien, dien, donne encore élan à notre intime vitalité. Vital.

À vous lire, à vous relire et relire. Bien cordialement.

V.S.

Hécate 10/03/2009 18:17

Chère Gertrude Noire ne doutez pas de l'effet de la narration de votre rencontre avec ces livres de R.Alexis, il me charme et je vais laisser la parole à qui vous savez et qui s'applique assez bien à l'auteur:" Car, si je laisse mes vices transpirer dans ces pages, on ne croira que mieux aux vertus que j'y fais resplendir, et, dont je placerai l'auréole si haut, que les plus grands génies de l'avenir témoigneront, pour moi, une sincère reconnaissance. Ainsi , donc, l'hypocrisie sera chassée carrément de ma demeure. Il y aura , dans mes chants, une preuve imposante de puissance, pour mépriser ainsi les opinions reçues."( Lautréamont. chant qatrième)
Très reconnaissante de votre commentaire ici.
Votre Hécate

gertrude noire 10/03/2009 10:00

Je me rends dans une librairie : j’y trouve « Les Figures » ; sur le même boulevard, peu après, j’achète d’occasion « Flowerbone ». Le soir même je commence la lecture des « Figures ». Je m’endors à une heure du matin à la fin du premier chapitre que je lis d’un trait. Le lendemain, étant très en avance à un rendez-vous, je rentre dans une librairie pour passer le temps… « La robe » m’y attendait. Je dévore (si je puis me permettre l’expression) « La robe » debout sur le trottoir et dans le métro sous le regard impavide des passants ; pourtant je devais avoir un visage de possédée…
À présent je déguste lentement « Les Figures » car je sais que le plaisir sera vif mais court…
Une incroyable écriture (qui gagne en subtilité, en complexité, en épaisseur dans « Les Figures ») aux accents maldororiens et sur laquelle flotte l’ombre du grand Marquis.

Mais vous en parlez mille fois mieux que moi..
Merci Hécate.

Hécate 09/03/2009 21:55

Bonsoir Edwood et merci de cette ballade sur mon "fil d'archal". Après "La robe", et "La véranda" le saut dans l'espace -temps de "Flowerbone" déroute un peu je l'avoue. Cependant on retrouve R. Alexis dans ses thèmes favoris, l'identité, la recherche de l'âme, l'éternel recommencement de l'apprentissage malgré le progrès et..."un Grand Ordinateur riche de toute l'évolution". Plus formel, plus distancié peut-être dans son écriture, il y a aussi un clin d’œil à tout le sens visuel, le culte de l'image (bien actuel) et une démonstration étonnante de la naissance du sentiment amoureux en dépit d'une robotisation dominante. L'éternel retour!
Un tissage du futur et du passé. Une science-fiction au plus proche de l'humain.
A lire pour qui s'intéresse à l'ensemble de l'œuvre de R. Alexis, de ce qu'il cherche à dire, à transmettre de sa pensée, derrière le relatif anonymat de sa personne.
Voila ce que je puis vous dire avec la sincérité que je revendique dans tous mes textes du reste!
Bien amicalement cher Edwood. (Et à vous répondre également sur mon blog.)
Hécate

Hécate 09/03/2009 12:46

Cher edvvood votre visite m'est une agréable surprise d'autant qu'une visite chez vous il y a quelque temps avait retenue mon attention par la qualité et ce point en commun,l'appéciation de cet auteur: Robert Alexis.
Que "Les figures" soit un roman qui dérange est le but de R.Alexis si je m'en tiens a l'entretient paru dans Le Matricule Des Anges:"...aller le plus loin possible dans ledébroussaillage,apporter un nouvel éclairage même ténu..."Pour moi ,à la relecture, j'ai perçu ce qui est dit entre les lignes, le message d'une expérience de vie, la descente extrême en soi, se découvrir, combattre, survivre , dépasser les limites des normes.On peut aussi y déceler le doute quand à l'actuelle méthode des psys qui se bornent à soigner avec des pilules, à vouloir cadrer le mal-être dans des normes sociétaires sans soucis de mutiler l'intime.Une dictature du bonheur!!!(cela a été dit déja).R.Alexis est un écrivain à soutenir pour ce courage d'oser alerter tout personne susceptible de déceler les failles qui guettent la fragilité de l'humain,et ce avec un style impeccable.
Je ne cesse de relire bien des pages de"La véranda",magnifique de délicatesses dénuées de mièvrerie.L'oeuvre d'Alexis est comme un journal intime, elle s'adresse au lecteur l'air de rien,comme s'il nous disait:"et vous ?...Qui êtes-vous?...où en êtes-vous dans votre parcours de vie? Hécate

edwood 09/03/2009 04:14

Hécate,
Vous nous servez ici un triple article de très haute tenue au sujet du roman d'un auteur dont le style se démarque nettement de l'ensemble de la production littéraire. Sa plume a un charme surrané qui ne peut laisser insensible ses lecteurs.
L'aura de mystère qui entourre le personnage contribue à la fascination que j'ai pour lui.

J'ai toutefois trouvé Les figures un peu trop éprouvant à mon goût et considère toujours La véranda comme mon oeuvre préférée.
Flowerbone est le seul que je n'ai pas découvert. Vaut-il la peine?

Oui, en effet, parfois, il faut se oser acheter des livres en grand format. Si l'on attendait que les livres qui nous tentent sortent en poche avant de les découvrir, les éditeurs feraient faillite(et les petits en premier lieu!).
J'ai bien conscience cependant que les livres en grand format ne sont pas donnés.

Hécate 09/03/2009 14:19



Bonsoir Edwood et merci de cette ballade sur mon "fil d'archal" qui est une très agréable surprise, n'étant pas revenue sur votre blog je ne
découvre votre réponse qu'aujourd’hui avec plaisir. Je vous ai répondu sur mon blog de suite, du moins à propos des "Figures" de R. Alexis. Très encourageant pour moi vos commentaires pertinents
car je suis sur la toile depuis peu, incitée par Nikola avec beaucoup de conviction en dépit de mes faiblesses informatiques ;je tente l'aventure par amour pour les livres et les auteurs qui ont
besoin d'un soutien que les médias négligent un peu, débordés par l'avalanches des sorties et plus motivés par celles s'adressant à une majorité de lecteurs. Après "La robe", et "La véranda" le
saut dans l'espace -temps de "Flowerbone" déroute un peu je l'avoue. Cependant on retrouve R. Alexis dans ses thèmes favoris, l'identité, la recherche de l'âme, l'éternel recommencement de
l'apprentissage malgré le progrès et..."un Grand Ordinateur riche de toute l'évolution". Plus formel, plus distancié peut-être dans son écriture, il y a aussi un clin d’œil à tout le sens visuel,
le culte de l'image (bien actuel) et une démonstration étonnante de la naissance du sentiment amoureux en dépit d'une robotisation dominante. L'éternel retour!


Un tissage du futur et du passé. Une science-fiction au plus proche de l'humain.


A lire pour qui s'intéresse à l'ensemble de l'œuvre de R. Alexis, de ce qu'il cherche à dire, à transmettre de sa pensée, derrière le relatif
anonymat de sa personne.


Voila ce que je puis vous dire avec la sincérité que je revendique dans tous mes textes du reste!


Bien amicalement cher Edwood. (Et à vous répondre également sur mon blog.)


   Hécate


 



Hécate 02/03/2009 22:54

Merci de cette visite Yv , à savoir toutefois que tous les romans ne paraissent pas en édition de poche
"La robe "est le seul ouvrage de Robert Alexis qui l'a été jusqu'ici . Alors à vous de décider...
Très cordialement
Hécate

Yv 02/03/2009 15:23

Je n'ai donc pas lu celui-ci. Il est vrai que j'avais beaucoup aimé La robe et La véranda. J'essaierai probablement, même si je n'en ai pas entendu dire que du bien. Lorsqu'il sortira en poche, j'irai me le procurer.

Leiloona 22/02/2009 17:44

D'après ce que tu écris, "Figures" est un livre qui soulève de nombreuses interrogations. Je le note.

Hécate 01/03/2009 11:08


Puis-je Leiloona vous proposer de lire ce que je dis sur "La robe" de Robert Alexis? Ce roman soulève la quête de l'identité comme elle ne l'est que peu envisagée dans la littérature...
"La robe" est le premier roman de l'auteur des"Figures" qui semblait vous attirer.
                     Bien au plaisir de vous retrouver sur "Le fil d'archal".
                                                                                              
Hécate


Callophrys 12/02/2009 11:14

je ne connais pas du tout cet auteur....je le decouvre grace à vous et je vais aller voir à la mediatheque....ce sont des themes qui me fascinent...peut etre suis je folle apres tout?

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