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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:23

The-Annunciation.jpg







Les préraphaélites

 

Peintres et Poètes

 

UN ART DE VIE…

 




       Lorsque Pablo Picasso quitte l'Espagne pour la France, il s'arrête à Paris. L'Exposition Universelle de 1900 a choisi une de ses œuvres pour représenter son pays. Pour lui il s'agit seulement d'une étape; il veut aller en Angleterre attiré par la peinture des préraphaélites.

 

         S'il n'avait été arrêté par des amis espagnols retrouvés à Montmartre, sans doute, aurait-il poursuivi son voyage. Il a alors 19 ans.

       rossetti1.jpg 
        Les préraphaélites ont pratiquement le même âge quand ils décident de fonder ce mouvement qui va bouleverser l'Angleterre victorienne.

 

         L'une des figures les plus légendaires de ce nouvel Art de Vie est le peintre et poète Dante Gabriel Rossetti.


     En France l'un de ses fervents admirateurs est l'auteur du "Grand Meaulnes" Alain-Fournier; il vénère tout particulièrement le portrait "Béata Béatrix" avec lequel se confond le visage de son amour idéalisé, celui d'Yvonne de Galais, son héroïne.

 

     Si Rossetti à sa mort en 1882 est peu connu en France, Paul Bourget et Maurice Barrès lisent ses poésies. Un peu plus tard Pierre Louÿs en conseille la lecture à Paul Valéry. Un enthousiasme bientôt partagé ; en 1884 Claude Debussy composera une cantate d'après le poème "La damoiselle élue".

 

         La Confrérie Préraphaélite fondée à Londres en 1848 par des jeunes hommes idéalistes et révoltés durera peu.

         William Holman Hunt, Walter Deverell, John Everett Millais ont conclu un pacte avec Dante Gabriel Rossetti : signer leur tableaux en commun avec les initiales P.R.B. (Pre-Raphaelite Brotherhood ).

Plus tard se joindront à eux, Edward Burne-Jones, Walter Crane et William Morris.

         Ils sont d'abord poètes, écrivains mais aussi dessinateurs. Tournés vers Dante et Shakespeare, vers les peintres flamands et les italiens d'avant Raphaël, ils s'appuient sur le passé pour franchir l'impasse du conformisme de leur époque avec toute la fougueuse conviction de leur jeunesse.

         Ils ont entre 19 et 26 ans. Ils aborderont tous les genres: religieux, historiques, symboliques.

         Ils ne savent pas encore que leurs rêves de légendes, de paradis perdu, à travers leurs créations vont influencer toute l'Europe et préparer l'éclosion de l'Art Nouveau.

 

         En 1837 la reine Victoria monte sur le trône.

Enfant de l'Ancien Régime, elle est plus impulsive, plus humaine que la légende le prétend, mais sous l'influence de son mari Albert de Saxe-Cobourg-et-Gotha, Victoria devient l'incarnation de cette lourde respectabilité qu'on surnomme "victorienne": sens aigu de la famille, sentimentalité, respect absolu pour la religion, nécessité du devoir.

 

         Le Royaume-Uni devient le maître  des mers et le propriétaire du plus vaste empire que le monde ait jamais connu. La reine devient l'Impératrice des Indes. Les territoires s'étendent en Australie, aux Antilles, en Afrique et en Amérique du Sud.

        

         Paradoxalement, un doute profond s'installe, la peur de la sexualité s'amplifie, les maîtresses de maison couvrent par pudeur les pieds des meubles ! Et une popularité douteuse est accordée aux versions expurgées de Shakespeare…

         C'est le triomphe économique. Cet âge d'or a cependant son revers ; la civilisation industrielle entraîne laideur, égoïsme, cruauté et mépris envers l'art et l'architecture.

 

         Charles Dickens, le Balzac anglais, illustre magistralement dans ses romans, les coulisses de Londres.

         Il visite les bas-fonds, les prisons, les tripots. Lui-même, à douze ans a connu dans une fabrique de cirage ce que peut être l'humiliation, l'insécurité, la solitude d'une misère qui devait se taire et se cacher.

Chez Dickens tout est noir et blanc, la neige, la suie, la nuit, l'aube. Si le soleil luit, il n'est perçu que par le soupirail d'une cave, ou entre les planches d'un taudis.

Le romanesque et la sentimentalité de son œuvre enveloppent l'horreur. Il réussit à faire pleurer, à provoquer quelques scandales, quelques réformes, mais ne parvient pas à déplacer les tabous victoriens.

 

Les préraphaélites remettent tout en cause. Leur mouvement intriguera l'Angleterre pendant une cinquantaine d'années.

En plein cœur de Londres on voit des jeunes filles vêtues de costumes du Moyen-Âge, et dans certaines soirées des femmes osent porter des robes copiées d'après d'anciens tableaux, avec des lys dans les cheveux.

 

       -Morris-william.jpgWilliam Morris (1834 – 1896) architecte, dessinateur, peintre et écrivain a joué un rôle essentiel dans l'évolution de l'art décoratif en Angleterre, particulièrement dans le papier peint et le textile.

 

         En 1861, il fonde une société de production de meubles, de vitraux et de tapisseries avec Burne-Jones, Ford Madox Brown et Rossetti. 
         Opposé à la révolution industrielle, Morris propose une réforme du cadre de vie, fondé sur un retour à l'esthétique médiévale.

        


        Morris
fut l'un des premiers à s'efforcer de bâtir des liens entre le monde de l'art et celui du travail.

         Il refuse la fabrication mécanique et réhabilite le respect du matériaux, le goût du bel ouvrage et le travail manuel.

 

-         "J'ai essayé de faire de chacun de mes ouvriers un artiste, et quand je dis un artiste, je veux dire un homme".

 

        Militant convaincu, il fonde en 1884 la Ligue socialiste, publie des romans et diffuse ses idées politiques et artistiques.

 

        Mais il est d'abord le poète de la joie retrouvée à travers les légendes arthuriennes, idéalisant l'imagerie des châteaux et des vergers du Moyen-Âge qui représente un monde plus libre et plus serein que celui proposé par l'époque victorienne.

 

« Deux roses à la brune

Rouges sur fond de lune »

 

William MORRIS.

 

Il était une dame en un joli château,

souple comme une lame, aux grands yeux couleur d’eau,

qui chantait ce couplet

lorsque midi sonnait :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Vint à passer par là un jour du mois de mai,

sur la route poudreuse un galant chevalier

il entendit la dame

qui chantait avec âme :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Mais ne s’arrêta point malgré ce chant si beau,

sur son vaillant coursier disparut au galop,

laissant derrière lui

le refrain de midi :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Car le combat déjà réclamait tous les preux

qui devaient affronter les Rouges et les Bleus ;

en hâte il s’éloignait

du lancinant couplet :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Et le combat fit rage par monts et par vaux,

du sommet des coteaux jusqu’au bord du ruisseau,

mais quand sonna midi

il entonna pour lui :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Les Rouges et les Bleus perdus dans la mêlée

ne montraient que des heaumes et des souliers dorés ;

à pleine voix soudain

retentit ce refrain :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Et les heaumes dorés chargeant avec entrain

cette forêt d’épées dressées sur le terrain,

chantaient en tailladant,

haut et gaillardement :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Au retour s’arrêta près du château joli,

bien que las et défait et tout trempé de pluie,

pour cueillir à midi

un baiser en sursis :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».

 

Elle fut couronnée un jour du mois de mai.

Tout étincelait d’or, l’allégresse régnait,

quand les trompes d’airain

sonnèrent ce refrain :

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».                  

 

« Deux roses à la brune

rouges sur fond de lune ».                  

 

[« Two Red Roses across the Moon »].

 

 

Millais_-_Self-Portrait.jpgSir John Everett Millais (1829 – 1896) est le plus doué des préraphaélites, même s'il doit s'orienter par la suite vers des scènes de genres plus traditionnelles.

Portraitiste renommé, il s'installera avec bonheur dans le mariage et se spécialisera dans des scènes enfantines sentimentales dont l'une "Bubbles" (1855 – 1856) sera répandue partout pour une marque de savon. (Pears)

 

        En compagnie de William Hunt, l'été 1851 il commence d'après nature, le célèbre tableau "Ophélia", utilisant la technique du fond blanc humide et des couleurs pures. Il expose une description méticuleuse des fleurs : pensées, pavots, pâquerettes, myosotis, jacinthes sauvages, orties et lentilles d'eau.

 

   Chargé d'allusions au destin tragique de l'Ophélie de Shakespeare, ce tableau authentiquement préraphaélite contribua à la reconnaissance du mouvement.

 

   Théophile Gautier écrit que :                                                 

        "nul n'a poussé si courageusement son système jusqu'au bout"   

et que       

        "Millais étudie la nature avec l'âme et les yeux d'un artiste du quinzième siècle…"         

que  

        "ses tableaux sont assurément les plus singuliers de l'Exposition Universelle"         

même,      

        "si de loin Ophélie a un peu l'air d'une poupée qui se noie dans une cuvette, approchez et vous serez ravi par un monde prodigieux de détails".

 

        En mai 1870 Arthur Rimbaud écrit un poème sur la mort d'Ophélie.

 Oph-lia-de-millais.jpg


OPHELIE

Arthur RIMBAUD.


                                  I

 

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…

– On entend dans les bois lointains des hallalis.

 

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir.

 

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

 

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :

– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

 

                                  II

 

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !

Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !

– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège

T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

 

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,

A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;

Que ton cœur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

 

C’est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;

C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,

Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

 

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !

Tu te fondais à lui comme une neige au feu ;

Tes grandes visions étranglaient ta parole

– Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

 

                                 III

 

– Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;

Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.                         

      E-Siddal.jpg  

Elle a vingt ans à peine et travaille douze heures par jour dans un magasin de mode pour femmes riches. Elle a une longue silhouette fragile, de mélancoliques yeux verts, une peau blanche, transparente, une bouche sensuelle et une somptueuse chevelure flamboyante.

 
         Elizabeth Siddal sera pour les préraphaélites un modèle fascinant qu'ils rendront immortel, chacun à leur manière.

 

         Pour Millais elle est Ophélie. L'extérieur du tableau peint durant tout un été d'après nature, sera terminé en atelier l'hiver suivant.

 

         Couchée dans une baignoire et revêtue d'une robe rebrodée d'argent, Elizabeth pose. Des chandelles allumées en permanence sous la baignoire maintiennent la chaleur de l'eau. Un soir, elles s'éteignent et Millais ne s'en n'aperçoit pas.

 

         Elizabeth tremble sans savoir si c'est le froid ou ses rêves qui l'engourdissent. De ce refroidissement, elle ne se remettra pas ; pas plus qu'elle ne se remettra de l'amour mystérieux qu'elle voue à Rossetti qui ne voit en elle que l'instrument de son art.

 

         Il la vénère, l'idolâtre à sa manière et finira même par l'épouser, mais il est alors devenu amoureux d'une autre, la femme de William Morris.

        

         Elizabeth peint, dessine, écrit des poèmes, de plus en plus belle, de plus en plus tourmentée.

         Un matin, elle est retrouvée morte au pied du tableau "Béata Béatrix" que Rossetti n'a pas encore achevé. Elle est allongée, un flacon de laudanum vide est tombé de sa main.

        

Dante-Gabriel-Rossetti.-Beata-Beatrix.jp   
      Epuisée physiquement et moralement, elle a choisi de hâter sa mort. Elle n'a même pas trente ans.

 

       Tout le symbolisme restera marqué par sa beauté de flamme consumée ! …


(1834 – 1862)

 



Exténuée

Elizabeth SIDDAL.

 

Tes bras robustes m’entourent,

        mon amour

        Ma tête posée est sur ta poitrine :

Bien que tu me prodigues des mots

        de réconfort,

        Mon âme ne connaît pas le repos :

 

Car je ne suis qu’une créature effrayée,

        Et ne peux d’ailleurs être

Autre qu’un oiseau dont l’aile brisée

        Doit l’emporter loin de toi.

 

Je ne peux te donner l’amour

        Que je te donnais il y a si longtemps,

L’amour qui se métamorphosa et

        me renversa

        Au milieu de la neige aveuglante.

 

Je ne peux t’offrir qu’un cœur naufragé

        Et des yeux languissants de douleur,

Une bouche fanée qui ne peut sourire

        Et qui ne doit plus sourire.

 

Laisse pourtant tes bras autour de moi

        mon amour

        Jusqu’à temps que je glisse dans

        le sommeil :

Laisse-moi alors, sans me dire au revoir,

        De crainte de provoquer mon déclin

        et mes pleurs.

 Sidal.jpg

       





   Peinture d'Elizabeth Siddal




        Emporté par la douleur, Rossetti jette dans le cercueil d'Elizabeth son cahier de poésie.

        Sept ans plus tard, tiraillé par le remords, tout au désir d'exhumer ses poèmes, il obtient une autorisation officielle.

 

         De nuit, dans le cimetière d'Highgate, la tombe est ouverte.  Ô stupeur, dans sa robe de velours, Elizabeth semble embaumée et sa chevelure de feu est déployée sur le capitonnage de soie. Près de la bible, il y a le recueil toilé de vert du poète.

        

         Dante Gabriel Rossetti né le 12 mai 1828 est le fils d'un émigré italien fou de Dante, d'où son prénom. Il réalise peu de tableau, mais c'est vers lui que convergent tous les regards lorsqu'il est question de préraphaélisme.

 

        C'est lui qui a donné le ton de cet imaginaire à la fois littéraire et plastique. Tout le symbolisme européen sera héritier de l'univers  de ce "grand italien tourmenté dans l'enfer de Londres" comme le dit Ruskin, grand critique d'art.

 

       La-Ghirlandatarossetti41.jpg

        Au-delà de l'amour, Rossetti devient l'image de l'angoisse, le fétichiste des lèvres, de la chevelure. Il joue avec l'ondoyante tombée d'un tissu, avec la lumière vive ou automnale. Et il y a les fleurs toujours les fleurs… et plus aucune différence entre la parole, l'écriture et l'image.

 

       

        Après la mort d'Elizabeth Siddal, il achève son tableau Béatrice. La fortune lui est venue soudainement. Il vit dans le domaine de Tudor House, une demeure mythique où la reine Elizabeth I ère  a séjourné, où Erasme a écrit "l'Eloge de la folie".

 

        Dans ce lieu historique la présence du bohème Rossetti a presque allure de scandale. L'habitation est sombre, la seule pièce lumineuse est l'atelier ; trois immenses fenêtres ouvrent sur le parc.  A l'intérieur, il y a des tentures de velours, des canapés, des porcelaines orientales et un mobilier renaissance.

 

        C'est là qu'il peint, identifié à Dante totalement. Elizabeth est Béatrice. A tout jamais transfigurée, sublimée… et lui, hanté par la pureté perdue de son premier rêve préraphaélite.

 

LA SAULAIE 

Dante Gabriel ROSSETTI.

(1828-1882)

 

J’étais assis avec l’Amour sur un puits, à l’orée d’un bois,

Nous nous penchions sur l’eau, moi et lui ;

Il ne me parlait, ni ne me regardait,

Mais touchait son luth qui exprimait

La certaine chose mystérieuse qu’il avait à dire :

Nos yeux seuls se rencontrèrent silencieusement réfléchis

Dans l’eau profonde ; et ce chant devint

La voix passionnée que je connaissais ; et mes larmes tombèrent.

 

Et sous leur chute, les yeux de l’Amour devinrent ceux de ma Bien-Aimée ;

Et de son pied et de son aile

Il fit disparaître la source qui arrosait la sécheresse de mon cœur.

Alors les sombres rides de l’eau se métamorphosèrent en une chevelure ondulée,

Et tandis que je me baissais, les lèvres de ma Bien-Aimée émergèrent

Et inondèrent mes lèvres d’un torrent de baisers.

 

Dante-20Gabriel-20ROSSETTInue.jpg


SYMPHONIE DE JEUNESSE

Dante Gabriel ROSSETTI.

– « Je t’aime, douce amie, comment pourrais-tu jamais savoir

     Combien je t’aime ? »

 

– « Je t’aime de même, et ainsi je le sais ! »

 

– « Chère, tu ne peux pas savoir combien tu es belle ! »

 

– « Si je le suis assez pour régner sur ton Cœur,

     Mon amour n’en demande pas davantage. »

 

– « Mon amour grandit d’heure en heure, chère. »

 

– « Le mien grandit aussi,

 Et pourtant depuis bien des heures l’amour me paraissait en pleine fleur ! »

 

Ainsi devisent les amants, puis les baisers réclament leur tour.

 

Ah ! bienheureux ceux pour qui de telles paroles

Ont servi de langage tout le jour de leur Jeunesse,

Heure après heure, loin de la cohue du monde,

De ses œuvres, de ses luttes, de sa gloire,

De cette ligue des exigences de la vie,

Tandis que l’amour soupirait en silence

Son chant extatique à travers deux âmes confondues.

 


(Fin de la première partie...)

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Published by Hécate - dans Essais
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commentaires

la gaillarde conteuse 20/11/2012 18:53


et en plus je trouve des articles sur les préraphaelite que j'ADORE !!

Hécate 20/11/2012 18:57



Bonsoir Gaillarde Conteuse,  qui aime les contes ne peut qu'être sensible à ces peintres et poètes. Merci de ta visite et de tes mots chez moi.


Au plaisir de te revoir sur ce fil où dansent les rêves et où le coeur s'envole...


                                                                                                                
Hécate



Hélène Carle 05/07/2012 23:01


Les préraphaélites m'ont toujours attirée, leurs regards semblant venir d'ailleurs, transportant un monde flou, légèrement parallèle. Et la romantique Ophélie a longtemps garni le mur de ma
chambre d'adolescente. Merci pour le rappel, le souvenir très tendre.


Hélène*

Hécate 05/07/2012 23:18



Hélène ,


grand plaisir à vous retrouver sur ces peintres-poètes qui m'ont tant fascinées . J'ai beaucoup glané en patientes recherches ,je n'avais pas encore Internet lorsque j'avais écrit cette
chronique . Objet d'une soirée littéraire alors...


Heureuse de ce partage...Merci pour ce cadeau du soir. Belle nuit à vous .


                                                                                                                  
Hécate



Plume à l'encre criée 13/05/2012 18:59


Bonsoir Hécate


je ne connaissais absolument pas " 2 roses à la brune ", de William Morris.


C'est très ésotérique comme écriture : j'ai bcp aimé !


Merci...


A bientôt


Plume

Hécate 16/05/2012 18:09



Bonsoir PLUME ....ce poème est peu connu en effet .Tout ce qui est là ,est le fruit de patientes recherches autour de ces peintres et poètes .


Deux roses à la brune , est un écho aux thèmes légendaires et entre autre à "La belle Dame sans merci "


que l'on retrouve sous maintes plumes de la période pré-romantique .


                                                                       
Merci d'être venue .A une prochaine fois ,peut-être ...


                                                                                                                                   
Hécate



aiolos 08/04/2012 20:16


Chez Dickens, tout est blanc ou noir ; un peu comme ma Déité Lune...

Hécate 08/04/2012 20:21



Dickens ...que j'ai tant lu ..."Les grandes espérances "....


                                       
oui ,le blanc et le noir...La Déité Lunaire ...Ciel et Astre .


                                                                                                            
H



Christian Jannone 05/01/2012 12:48


Excusez les fautes de frappe, mais j'écris sur un ordinateur partagé dans une semi-pénombre, alors...

Hécate 08/01/2012 10:25



Christian , ce n'est pas bien important , l'excuse vous est accordée ...:)


                                                                                                                       
H



Christian Jannone 05/01/2012 12:47


J'ai l'insigne honneur de vous informer qu'un de mes textes, el lien avec Le Trottin d'Aurore-Marie de Saint-Aubain et la littérature décadente (il s'agit d'une nouvelle de fiction dans le cadre
de la méta-littérature) vient d'être publiée. Allez sur le site des éditions de l'abat-jour et téléchargez gratuitement le fichier de la revue "L'Ampoule n° 2 : art et danger". Vous y découvrirez
page 67 "Camera oscura ou les mystérieux clichés censurés du révérend Dodgson", qui suscite déjà de nombreux commentaires, fort appréciatifs, sur le blog en lien avec le site de l'éditeur "Le
Pandémonium" au mois de décembre 2011 (billet annonçant la parution du numéro de la revue).

Hécate 07/01/2012 18:40



Bonsoir CHRISTIAN ,


à mon tour je vous informe que j'ai posté un commentaire là où vous m'avez guidée . J'espère que vous en aurez bonne réception et que cela ne vous déplaira point .


                             Je vous
souhaite de nombreux lecteurs .


                                                                                             
votre Hécate



Christian Jannone 13/12/2011 21:53


Bonne lecture et analyse poétique et bonne occasion de rappeler que le musée d'Orsay multiplie les expos sur ce mouvement (Une ballade d'amour et de mort ; Beauté morale et volupté dans
l'Angleterre d'oscar Wilde)...dans l'indifférence crasse de nos médias audiovisuels qui s'en fichent comme d'une guigne. Peut-être souffrent-ils du syndrome "Octave Mirbeau" : ce dernier avait
caricaturé les préraphaélites de manière cinglante dans "Le journal d'une femme de chambre."

Hécate 14/12/2011 19:01



 


Bonsoir Christian  Jannone , merci de votre lecture attentive ...


Hélas !...Les Préraphaélites ne sont plus trop dans l'air du temps ,mais l'ont-ils été de leur temps ? Guère plus...La prude Albion préférait déjà les portraits très conformistes
...Je n'ai pas lu "Le journal d'une femme de chambre " ,mais j'avais vu le film de Bunuel ...


Toutefois ,plus oublié encore que le mouvement Préraphaélite celui des Nazaréens en Allemagne ,une inspiration assez similaire et simultanée .


 


                                                                                                   
Votre Hécate



gari 11/11/2009 23:29


comment suis je venu  à la peinture ;

et bien je dissinait   déjà tres tot  d'apres mes parents , ado j'ai continué ,
vers l'age de seiez ans , je commencait à découvrir , des biographie de VV GOGH
 , de Turner ,Dali , et  en meme temps je suivait les traveaux de Basquiat que j'aimais pour sa liberté d'expréssion , j'ai donc commencé à barbouiller , sans me poser de questions
sur  les techniques  et les règles en matière  de couleurs ,
( il y a peut une artiste  me faisait remarquer que parfois je n'utilisait pas les complémentaires , elle en a déduit  que je le faisait  sans le savoir ) ,
en fait c'est l'oeil qui me guide encore aujourd'hui ,
donc  apres  avoir tatoné  jusqu'à mes vingts ans , j'ai abondonné , la vie prenant le dessus , ( naissance de ma fille , et  une femme qui ne supportait plus mes pinceaux
) ...  ; 

et il y a trois ans  , ma fille  qui  était partie  aux Antilles , et du coup j'ai pris un abonnement sur le net pour pouvoir communiquer  avec elle plus souvent

ma vie à ce moment là  me laissait plus de temps , et je me suis remis à peindre , pour tuer ce temps , donc je redémarrais à zéro , j'ai ouvert un blog , pour  exposer mon travail , et
cela fait trois ans que ca dure ; 

Les  expos , j'en ais que trois à mon actif ,  la première dans une petite salle
des fetes , dans une banlieu  dortoire de ma ville puisque ont me refusait dans les salles d'expos spécialisées ,donc  pas grand monde , mais j'ai refusé 5 ventes , j'était pas pret ;

la seconde à eu lieu  dans un atelier d'artiste  ouvert au public ,  en centre ville ,
j'y ai fait 6  ventes , ce qui m'a  surpris , mais au delà des ventes , c'est le partage avec le public qui m'a conforté ,  celà  ma booster  pour continuer ,
malgré  tout ,  j'expose en février  dans un grand hotel , c'est gratis le responsable estr  assez ouvert d'esprit , je dit celà parceque  en général  ma peinture que
l'ont dit sombre et trash  n'est pas tres appréciée  dans les salles 
publique ; 

donc pour  pouvoir  m'exposer , j'ai un projet  de caveau d'art , j'ai une tres grande  cave voutée  qui s'y prete bien , j'espère démarrer les traveaux cet hiver , au pire
ce sera au printemps , je n'ai pas d'autres choix et moyens ,  
je me dit qu'avec une bonne pub , et  l'ouverture de  Pompidou - Metz , qui est à deux pas de chez moi , j'arriverait a faire connaitre ce lieu , qui me servira d'atelier et de salle
d'expo , et  ouvert  aux artistes du coin qui galèrent eux aussi ...

enfin voilà , mon parcours , sans trop de détails  , j'ai ce besoin de peindre , mais en meme temps , je me dit que si je ne peut le partager , à quoi bon ...

merci  Hécate , bonne nuit à bientot ;

amitiée

gari


Hécate 15/11/2009 10:34


Je viens un peu tardivement te répondre Gari, mais tout ce que tu me dis est vraiment confortant,car l'expression qui est sienne est importante. Oui,on peut choquer,voir déplaire,n'être
pas toujours compris. Toujours ,il y eut cela pour certains peintres,écrivains ,poètes.
Ce sont ,à mon sens les plus sensibles ,souvent ceux qui laissent de grandes traces dans le ressenti d'autrui.
Connais-tu la peinture de James Ensor?...J'ai vu à Ostende il y a quelques années ,sa maison,le magasin en bas avec ses objets ,ses coquillages.Il n'était guère reconnu alors,hors norme.Beaucoup de
masque ,de squelettes,satyre grinçante de la vie...Un monde à la fois joyeux comme un carnaval ,et dérisoire. On ne peut oublier Ensor. Même si on aime ,ou pas. Sa peinture marque l'oeil ,le
regard.Les expositions maintenant ne manquent pas autour de son travail.
Je te souhaite de poursuivre ce que tu fais comme tu le ressens,il y a toujours une évolution qui se fera ,car au fur et à mesure ,en créant ,on découvre ,et les matérieaux,et la manière de s'en
servir. Rien n'est figé ,déterminé...et je te souhaite de vendre ce que tu estimes être valable de ton travail; certes c'est une forme de reconnaissance que d'avoir un acheteur. Celui-ci peut
trouver dans ton tableau une ambiance qui le touche,et qui peut t'échapper à toi...
 Merci Gari ,de tes confidences ici. Je te le dis,reviens comme tu le veux. Toujours le bienvenu ,tu seras.
          Bien amicalement.
                                     
Hécate


gari 05/11/2009 00:07


bonsoir ,

plus haut tu dis que "les artistes créateurs ne sont pas conscients des correspondences d'ames" , tu peut m'expliquer stp , suis désolé , mais je suis autant autodidacte dans la vie qu'en peinture
, j'ai quitté les bancs de l'école tres tot , donc j'ai une culture assez basic , mais j'aime comprendre ... ca m'aide ;) ,

si tu parles de correspondances de sensibilitées dans la création , quelque soit le support , oui , c'est possible , mais dans ce cas c'est le support qui influence la sensibilité à sa naissance
peut etre , quand chacun de nous comprends quel est celui qui lui convient , comme la lecture ou l'écriture pour toi , et la peinture pour moi , enfin ce n'est qu'une idée  , je sais pas
...


bonne nuit Hecate

amitiée

gari


Hécate 05/11/2009 08:50


Oui Gari ,je vais essayer de t'expliquer : quand je dis pas conscients des correspondances d'âme ,c'est que chaque atiste isolé dans son pays,et sans avoir la connaissances des travaux
créateurs des autres ,ont découverts ensuite que ,chacun faisait dans un style proche ,bien que personnel ,tel dans ce qu'on appelait l' Art Nouveau ,et c'est là ,où on comprend ,qu'à travers la
distance  ,il peut y avoir une "inspiration" commune ,comme captée dans l'air . Ce que Rimbaud aurait dit être "voyant"; une sensiblité,une recherche  qui rejoint une recherche d'un autre
artiste qu'on ne connaît pas.

Etre artiste c'est ça aussi. S'aventurer avec les facilités qu'on a au départ dans une expression ,que ce soit écriture,dessin ,peinture...
Etre autodidacte,oui...Je sais ce que c'est ;J'ai moi-même un parcours peu ordinaire,peu d'études,tout appris par passion,quête ,recherche ,besoin...de découvrir. Je voulais comprendre...
Avant de savoir écrire ,je dessinais pour noter mes rêves,ma vie d'enfant ,comme un journal intime,tu saisis ?
J'ai fait un peu de peinture plus tard, céramique et vitrail sur miroir,j'inventais des décors,des personnages...il finissait pas ne plus guère rester de place pour voir son reflet dans le
miroir...:) Et en autodidacte ,totalement...
       Ce que tu me dis ici est assez juste.N'hésite pas à me demander si il y a des mots que tu comprends mal,je ferais de mon mieux pour échanger avec toi.
    J'aime beaucoup,et je pense que cela ,tu le ressens , ces échanges car ça apporte beaucoup,pour moi aussi.
         Merci Gari.
Et ,à quand tu veux.Comment es-tu venu à la peinture,les expositions? ...
                                               
Amicalement.
                                                                         
Hécate


gari 02/11/2009 22:09


Bonsoir Hecate !

etr bien je vais  me coucher la tete un peut plus pleine ce soir , en fait je ne connaissait pas ce mouvement , préraphaélites , en rapport avec lésthétisme de l'époque  de Raphael 
; difficile d'etre peintre et poète à la fois , pour moi en tout cas , j'aime la poésie , mais suis incapable  d'en écrire , la peindre un jour , peut etre , quoi que , j'ai déjà commencé avec
Rimbaud , " l'éclair "  par exemple qui m'a inspiré , et un portrait  ...

je repasserais lire la seconde partie ;

bonne nuit et merci !


gari


Hécate 03/11/2009 16:22



Il n'est pas facile de tout connaître ,Gari...Ce mouvement Préraphaélite n' a guère été médiadisé,et les modes font que...oui.
Il était des époques où tout été lié,peinture,poésie ,philosophie...Un peintre est un poète plus universel encore ,car une oeuvre peinte se passent de mots ,elle franchit les frontières...
Aimer la poésie,c'est déjà être en Poésie...
oui ,j'ai aperçu Rimbaude chez toi...
Merci des mots déposés ici...Ils sont pour moi ,un plus...J'ai mis longtemps à réunir ces éléments sur ces peintres et poètes.J'ai aimé cette période ,qu'on retrouve aussi en Allemagne à la même
époque,les" Nazaréens".
 Les artistes sont souvent inspirés sans savoir les correspondances d'âme à côté ,c'est là le côté fascinant des créateurs.Ils perçoivent les choses ,ressentent...
           A beintôt Gari
                             amicalement
                                               
Hécate






spooky-dream 31/08/2009 09:49

"deux roses à la brune, rouges sur fond de lune"
Tout simplement magnifique je trouve :x

Apparament oui ^^, nous avons des points en commun !
Merci pour ton compliment :x, malgrès que ce dessin là a été baclé totalement et irrémédiablement au niveau de la couleur :p

Hécate 31/08/2009 09:58


Je vois que tu explores...:)   Oui ce poème est étonnant ,l'Univers Préraphaélite est aussi un coup de coeur ,je n'ai aucune formation en peinture...Mais ,si ton dessin est
"baclé" au niveau de la couleur le trait et même ce "négligent "côté est aussi un charme...J'attends de comparer avec un autre plus élaboré,alors?
                                                                            
amicalement à toi. Hécate


Hecate 19/04/2009 20:44

C'est terrible...la vérité semble être vouée à rester au fond du puits.Et peu nombreux sont ceux qui prennent le risque de s'y pencher. Je te comprends ...( Hécate )

Enee 18/04/2009 23:11

Je crois aussi que les croisements sont souvent très intéressants, la beauté de l' esprit y est plus importante que celle du corps.

C'est bien mon problème, je ne fais pas du tout sérieux : même quand je dis la vérité on croit toujours que je sors une vanne

Hecate 18/04/2009 22:52

Tu as déjà un peu répondu...mais je fouille un peu...Dans le genre épopée comparative, il y a Camoens...

Hecate 18/04/2009 22:49

Plusieurs raisons à ce choix :un tableau que j'avais peint,la déesse lunaire, non avec ses chiens( Paul Morand),mais avec des corbeaux, couronnées de roses.Puis, réalité sont arrivés les corbeaux...les vrais ,avec plumes, becs et croassemements...Hécate, déesse des carrefours...la toile est un carrefour,non ? De la nuit,elle a trois têtes...elle voit tout ou presque...Identités multiples,mi-ombre, mi-lumière..Cela semble assez me convenir. Qu'en penses-tu?...Et toi,quelle particularité dans l'Enéide si vaste, t'as fait décider de ce nom?

Enee 18/04/2009 22:34

J' avoue n' avoir qu' un souvenir très incertain de tous ces mythes (heureusement pour moi, que maintenant Google remplace le graves Bob au logis)
Puis-je me permettre, à mon tour, de te demander la raison de ce choix si ... singulier ?

Hecate 18/04/2009 22:03

Tu sais que je pensais à Virgile?.jallais chercher un passage même,mais j'ai été un peu dérangée...tu as été plus rapide.C'est Enée qui parle :"...du fils, du père aie pitié,je t'en prie-car tu as tous pouvoirs, Hécate ne t'a pas en vain faite maîtresse du bois de l'Averne..."...le hasard encore...Hécate...Enée...les oracles...les rencontre...( Hécate)

Enee 18/04/2009 21:25

Vous ... voyez ...
Heu ... Tu vois Hécate ...
C' est un de Troie ... et ... un rien m' amuse
Et puis il aurait contribué , grâce à ses descendants jumeaux, à fonder, loin de chez lui, la Rome Antique d' après Virgile ...
ça fait pas mal de bonnes raisons non ?

Hecate 18/04/2009 19:22

Un commentaire tel que celui-là...est une première!!!Enée,ce joli nom vient bien d'une culture?...Quoi donc vous l'a fait choisir ?

Enee 18/04/2009 16:41

"Et puis quoi qu' importe la culture... Quand il a écrit Hamlet Molière avait-il lu Rostand ? Non bien sûr! "

Desproges (of course)

Hécate 16/04/2009 10:35

Cher Vincent,vous me dites Goethe?Bien évidemment! Le mouvement correspondant aux "préraphaélites"était celui des "nazaréens" en Allemagne. Il n'est que de voir les peintures médiévalisantes au burg natal de Louis II de Bavière à Hohenschwangau. J'ai vu la passionnante exposition à Paris sur l'Age d'Or du Romantisme autour de Goethe.
Dois-je vous confier mon attrait pour la poèsie d'Hölderlin? "Grand est le pouvoir de l'heure favorable".Ceci me renvoie au roman de R.Alexis "La véranda" du côté du Harz, de Linz,et par ricochet à Bruckner qui est né aux environs et dont l'oeuvre musicale me touche par son climat ample et profond.
Votre Hécate

V.S. 15/04/2009 23:04

Il faudrait en finir avec les Anglais et de l'Italie… J'étais, il n'y a pas si longtemps, avec Goethe, sur le vertigineux viaduc de Spolète… Il n'y a pas qu'un voyage… surtout romantique ! C'était toute l'Europe qui voyageait. Ceux-là, les Anglais, certains Anglais, pour leur bonheur, devaient s'extraire davantage !

V.S.

Hécate 15/04/2009 22:22

Vos pensées voyagent bien.Les anglais furent fascinés par l'Italie, celle de la Renaissance entre autre,le néo-platonisme y fut pour beaucoup,la relecture du"Banquet" par Marsile Ficin,et Michel-Ange par ses sculptures, sa peinture et son amour pour Tommaso Cavalieri qui s'est exprimé en de splendides poèmes torturés ne pouvaient que parler à ceux qui comme Oscar luttaient contre le puritanisme victorien. Il faudrait ajouter Léopardi...
Que de pertinence de votre part, c'est un plaisir!
votre Hécate

V.S. 15/04/2009 22:04

Je ne sais pas - ou je sais trop bien - pourquoi lisant, vous lisant, je pense à Pétrarque et au 'dolce stil nuovo' - j'en ai senti, toute imagination en l'air, le frémissement (j'aime ce mot présentement) déambulant dans les montées d'Arezzo, comme je les sens, à l'autre bout de l'itinéraire, toute imagination encore en l'air, rue Américaine à Saint-Gilles, au pas de la maison du baron Horta, autre aboutissement. Vraiment, je pense que ces Anglais-là furent gens du voyage, de ce voyage-là… Et je vois, à deux pas de chez moi, les baisers des petites Anglaises, tout rose, toutes roses, sur la pierre, tout dessus la tombe de notre pauvre et tendre Oscar. Toujours le voyage, ce voyage-là. Oui, vraiment, il est un art qui transgresse…

V.S.

Hécate 27/03/2009 22:58

Merci à vous,merci pour les artistes...Je ne sais qu'exprimer ce que je ressens, rien d'autre. La perfection, c'est bien difficile, je ne cherche qu'à partager un peu de mes coups de coeur.Attendez la suite...
Votre Hécate

Gertrude 27/03/2009 22:24

Que rajouter à un tel exposé;
Si cet univers n'existait pas, il faudrait l'inventer pour vous, pour votre souffle inspiré et votre écriture parfaite.

Hécate 27/03/2009 22:04

Chère Sainte-Marie-Gertrude, vous êtes une sensitive qui devinez l'âme même de ce mouvement, fusion du romantisme allemand par le mariage de la Reine Victoria avec le Prince Albert,plus exactement un apport à l'art anglais,à travers le mouvement des Nazaréens, dont toute l'Europe fut imprégnée.Millais vous touche,il est avec Rossetti,le peintre de la femme déchue,des destins brisés.Ruskin a insisté sur"la nouveauté fatale" de certains tableaux Préraphaélites.Il y a cette religion de la beauté où affleure le sensualisme profond de l'âme déchirée entre une aspiration amoureuse idéale et celle de la moralité, un désir ardent de rédemption; plus vivement prôné par Hunt dans sa volonté de démontrer que le compagnon d'une"fille" entretenue" pouvait être un messager du divin.La lumière d'un rêve, d'un romantisme qui tend au symbolisme, l'approche de l'inconscient est là,par la poèsie, la littérature,le dessin ;, tout cela était la quête de ceux qui cherchaient à dépasser le conformisme castrateur. Comment ne pas ressentir une émotion indicible face à cet art qui nous chuchote encore ce qui dérange notre plus intime questionnement parfois bien mystérieusement occulté. L'art est un questionnement essentiel , éternellement en marche, il nous éclaire, nous éblouit,nous dépasse,au-delà de l'esthétisme ,au-delà du scandale qu'il suscitera encore sous d'autres formes...car l'art se doit de déranger et de fasciner ! (Votre Hécate)

La mère Supérieure 27/03/2009 19:44

ça tombe bien; c'est à présent l'heure d'aller cuisiner pour le couvent.

Hécate 27/03/2009 19:34

Mais non chère Mère Supérieure, qu'allez-vous imaginer!!!Je vous prépare une fresque,et, je ne tiens pas à manquer de talent à vous répondre:"comme on aime ses Saints on les honore".Votre dévouée Hécate qui se dirige vers le refectoire.

La mère Supérieure 27/03/2009 19:27

La Mère Supérieure attend toujours réponse à son commentaire.
Je vois que vous répondez au sieur Perégrinus et que, par contre, vous traitez un pauvre Crâne avec mépris...

Hécate 27/03/2009 18:36

Je convoque la Mère Supérieuse pour une explication...Personne ne dérange ici.
Hécate

La mère Supérieure 27/03/2009 12:49

Bon, bin, je crois que je dérange



"That skull had a tong in it and could sing once (...) Not one now to mock your own grinning?"

Hécate 27/03/2009 10:46

Peregrinus, il me semble bien que la mère d'Hamlet était Gertrude,Reine de Danemark.

peregrinus 27/03/2009 00:01

And will a' not come again ?
And will a' not come again ?
No, no, he is dead,
Go to thy death-bed,
He never come again.

Et qui donc est la reine du Danemark, la mère d'Hamlet ?
Mm ?

Hécate 26/03/2009 22:38

Cher Peregrinus, vous ne croyez pas dire si exact, ce mouvement correspond à celui que vous citez,j'ai vu cette année ,par chance l'exposition à Paris autour de Goethe,"L"âge d'or du Romantisme",mais ma passion pour ces mouvements remontent loin, un tableau ici ou là, ue carte postale, rien que de très simple comme vous l'apprenez maintenant à me lire.La suite est prête,mais hélas si peu douée en informatique,même avec de l'aide c'est laborieux!Cela me vaudra le plaisir d'une autre visite de vous.
Avec toute ma sincère amitié.
votre Hécate

Sainte Marie-Gertrude 26/03/2009 22:22

L’Ophélie de Millais : une image qui m’impressionne depuis mon plus jeune age ; je ne sais plus où je l’ai vue pour la première fois. Les représentations des peintres raphaelites me repoussent et m’attirent en même temps ; elles sont d’une facture lisse un peu désincarnée mais en même temps s’adresse à l’inconscient, au rêve. Elles ont une sorte de beauté idéalisée presque maniérée, allant presque jusqu’au décoratif de l’art nouveau.
Ophélie flotte comme un esprit dans les eaux troubles de l’inexprimé, comme une fleur vénéneuse et merveilleuse. Cette peinture est une sorte de paradoxe entre sensualité et inaccessibilité ; une torture romantique qui n’est pas sans rappeler les affres contradictoires de nos adolescences. L’inaccessible comme objet du désir, ou plutôt comme condition du désir.
Ce sujet vous va à ravir, chère Sorcière, vous qui êtes une fieffée Romantique, et surtout trouve toute sa place en ce lieu si virtuel, si inquiétant, si fantasmant.
Je suis tentée, Ciel..
Je suis damnée!

peregrinus 26/03/2009 21:20

Hé madame Hécate,
Que voici une fort intéressante histoire.
Je ne connaissais rien de la "PRB" qui fait écho pour moi à la "confrérie des compagnons de David" de mon cher Schumann : c'est que j'aime bien cette idée de confrérie qui plus qu'une école renvoie à des préoccupations communes, à des visions partagées. L'individu n'est plus isolé, mais sa pensée, son idée, rejoint d'autres pensées, d'autres idées et participent d'une communion avec le "Tout".
L'individu, alors, et contrairement aux apparences n'est nullement individualiste...
Hopala. Je ne sais pas si je me fais comprendre, et quoi qu'il en soit, merci pour ce moment hors de ce temps.
A vous lire dans la suite...
Courtoisement vôtre

http://www.deezer.com/track/987007

Sainte Marie-Gertrude 25/03/2009 22:58

Je vois, ma sœur, que vous avez soigné vos ouailles aujourd'hui.
Je repasserai demain bénéficier de vos bonnes paroles.
À présent, je m'en vais à vêpres.

Contez-nous bien les Ophélies laineuses.

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