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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 09:54




Gabrielle Wittkop


"Sérénissime assassinat"

 

 

 




           
Voici un livre où se reflète tous les enjôleurs et les malsains plaisirs de Venise au XVIIIe siècle comme autant de jeux de miroirs où s’imbriquent toutes les figures masquées.







            Bien évidement, Gabrielle Wittkop prévient :

            « Dans cette métropole des mascarades, du mouchardage et de la délation, les veuvages d’Alvise Lanzi s’intriquent mystérieusement. »
            

            Le poison déjà avancé, putréfie les corps sous les parures. Il ne manque ici, pas un velours, pas une fraise, pas une folia de Corelli, pas un miséréré nobis, Dominé, pas un roucoulement, pas un borborygme d’agonie, pas un clapotis d’eau et pas même le craquement du parquet de la bibliothèque d’Alvise Lanzi : Elégies de Tibulle, Platon en dialecte Vénitien, l’Arétin et de Buffon. « Les livres sont la porte du large, l’échappée ».

            On étouffe dans le palais d’Alvise, on suffoque dehors dans la brume des canaux.

            La Mort à Venise… est une fatalité, une banalité.


           
« La nuit les chandelles pleurent leur cire jaune sur les chapeaux».

            Dans les tripots, les cafés, les beaux esprits, les aventuriers et les escrocs rient bavardent. L’ombre de Casanova, va et vient, elle se glisse discrètement.  On glisse à Venise, plus qu’on ne marche…

            La morbidezza est ici une apogée, les cadavres ne sont pas délire d’imagination. L’élégance raffinée  du poison… « Il arrive qu’on surprenne la lame acéré d’un regard. »

            Ce n’est point le regard qui tue…


           
Les fleurs sont… pernicieuses, la datura qu’on nome herbe – au – Diable, le relent putride de la mandragore, la lugubre digitale et la renoncule scélérate ; manque – t – il  la ciguë, l’aconit, mais non ! On apprend ici, sur la Botanique bien des recettes…

            Alvise Lanzi est beau encore, cinquante trois ans, des mains fines comme celles d’une femme. La perruque ajustée cache ce qu’il ne convient pas à un visage aux yeux gris changeant comme la lumière.

            Alvise est veuf.

-         Signor votre femme est morte.

-         Encore ? !

            On meurt de tout et de rien à Venise. Certains pour avoir mangé des ormeaux qu’on croit pouvoir impunément manger en hiver…

            Alvise… Cet homme est plus insaisissable que certaines figures de ces romans anglais d’aujourd’hui fort à la mode.

            Alvise s’acharne à épouser. Est-ce cela, être plus fort que la mort ?

            Les mésalliances ne sont pas rares. Alvise… Il se souvient de funérailles et de fiançailles. Il calcule au jugé la longévité humaine. 
 


            Gabrielle Wittkop compose avec un glaçant humour des plus sérieux, tout ce qui se décompose ou se décomposera. Une écriture au stylet empoisonné, luxueuse, abondante, étrécie comme un œil d’espionne.





           
Un chuchotis de malveillance, une surabondance de tissu, Alvise Lanzi fait le commerce des étoffes, et les hommes portent des habits couleur rose morte. Tout un programme !

            Une scène se déroule aux couleurs sourdes comme celle du rêve, quelque chose de décisif va survenir. Quelqu’un parlera inconsidérément.

            La future épouse d’Alvise, qui ne le sait pas encore, est Louisa Calmo, une courtisane, une théâtreuse malchanceuse en robe souffre cruellement joncée, la chevelure libre jusqu'à la taille, coiffée d’une grande calèche à volants que retient sur la nuque une coque couleur d’ardoise.

            Le siècle des lumières, mais oui ! N’en doutons pas. Pas celui… de l’électricité ! 
           
             
Comment ne pas penser à William Beckford écrivant dans son Voyage d’un rêveur éveillé :

             - J’aime cette étrange Venise. J’y trouve chaque jour quelque nouvel intérêt en vagabondant sur ces canaux innombrables. Une seule chose retient mon imagination…c’est la puanteur nauséabonde, que même les cierges brûlant devant les hôtels ne parvient à absorber. Oppressé par cette atmosphère délétère je vais…respirer les brises fraîches qui soufflent de l’Adriatique.


           
William Beckford qui pleure en jouant un air de Jomelli sur un clavecin… Beckford à Burano dans un église dont le bénitier le fait s’exclamer : l’envie vous saisit de remplir ce récipient de sang de chauve – souris et de l’offrir au Sabbat. J’aurais ainsi honoré ses sorcières…

      

            Venise le masque de l’Italie a dit Byron qui ajoute L’amour dans cette partie du monde n’est pas une sinécure.


           
L’auteur a voulu une forme essentiellement visuelle ; elle a fait appel aux tableaux de Pietro Longhi, de Francesco Guardi et de Tiepolo. Cette ville, Venise où même les morts sont plus lourds qu’ailleurs.

     


            Le cimetière de San Michèle est sur une île. L’île des morts ô combien inspiratrice aux peintres par delà le 18ème siècle. Quoi donc hante ces lieux-là que Böcklin peindra pas loin de neuf fois sous différents angles ?




            La lumière est une gloire baroque a écrit Gabrielle Wittkop  dans un autre livre Chaque jour est un arbre qui tombe parlant encore de Venise. Tout canal devient couleur de l’Hadès. Venise est érigée sur des arbres, est-il nécessaire de le remémorer ? Venise debout, triomphale Sérénissime, comme sur autant de phallus où s’empaler ! Eros et Thanatos…

            Se marier, serait-il épouser la Mort, pour Alvise ?

            Quoi donc suggèrent les veuvages répétés d’Alvise Lanzi ? Que l’amour meurt ? Qu’il renaît sans cesse ?

            Bien étrange enquête que celle menée par Gabrielle Wittkop, la narquoise, l’inquiétante…

            

            Lascivité et indolence… Ombre et clair de lune… Astre doublement mort, noyé dans le reflet des eaux bitumeuses…

           

            Il faut entrer dans Venessia sur la pointe des pieds comme à une séance initiatique a dit Amin Maalouf. Venùlula, Venùsia, ville – femme, ville – déesse, ville – sorcière, ville – prostituée…

           




Soie, laine, pourpre et bijoux : caravanes pour les prêtresses du soleil.

Myrrhe, ambre, encens, huile de cèdre et henné avec les chanteurs,

les acrobates et les comédiens viennent de Baalbek

 

Aàh ! Venessia…Aàh Venùsia.

 

Un jour, aux portes de l’Orient

à Venise

à nouveau

j’en ai fait la rencontre.

 

a écrit Abed Azrié qui a composé une suite pour un ensemble instrumental et voix sur un poème d’Andrea Zanzotto dédié à la divinité féminine Vénitienne. Je livre quelques bribes de ce chant qui me semble être l’écho lyrique, sensuel, fusionnel des évocations de Gabrielle Wittkop :

           

                        La grande mer ne t’enserre plus

                        Les grands marais par toi sont inondés

                        Emerge, dragonne d’argent, magicienne.

            Aàh Venise aàh Venaga aàh Venùsia

           

                        Jeune aguicheuse,

                        Allumeuse et traîtresse, prédestinée :

                        Epouse et mère, belle-fille et marraine

                        Sœur et grand-mère, fille et belle-mère

                        Oins-toi,  laisse toi aller, exhibe-toi

                        Nous pour toi, toi pour nous.

            Aàh Venise aàh Venòca aàh Venùsia

 

                        Mais qu’est-ce qui t’ensorcelle,

                        Mais qu’est-ce qui te retient ;

                        Tu n’es qu’une vulve qui fornique,

                                            

                        Nous t’ordonnons, dans la sueur et le labeur,

                        De t’ouvrir à qui sait te prendre

            Aàh Venise aàh Strùssia aàh Venùsia

 

 

            Dans Sérénissime assassinat on se concerte à voix basse sous un plafond de Véronèse :

 

-         Il est certain qu’elle l’ait gagnée par magie

-         Enchantements, maléfices…

-         Il existe certain faits tendant à confirmer ce que nous suspections…

-         Les propos les plus impies…

 

… Alvise Lanzi se conduit comme s’il avait perdu la raison. A son âge… Ne croyez surtout pas que je juge la Calmo sur les amours de sa vie passée qui n’est pis ni meilleure que celle des autres.

 

            Luisa Calmo est odorante, sueur, musc et poussière. Un bras très blanc. Tavelé comme un œuf de dinde. L’aisselle barbue.

           

            L’inaudible percussion d’un gong résonne dans tout l’être vibre et vibre et vibre dans les veines du sexe.

            Des souliers sont jetés dans un coin, comme ces rats morts qu’on voit gésir à l’angle des rues. Mules au nez aurore ou réséda, velours pelé, boucle ternie et, obliquement éculé, le maroquin déchiré d’un talon, de luisantes usures, des cuirs sauris par la sueur, des affaissements, de molles défections.

 … Soie, sueur, batiste fripée, toison rousse. Tel est le fruit de la passion d’Alvise Lanzi. Il s’appelle Luisa Calmo. Il sait que sa fringale d’elle s’apaisera. Caprice passionnel. Luisa Calmo ne sait rien, ni personne retenir. Mais son noir prestige, sa vicieuse aura et peut-être même l’impériale et douloureuse couronne le nimbe d’une fatalité qui malgré ses veuvages sériels lui manquaient encore.


            L’angoisse participe à l’amour. Alvise est angoisse. A s’évanouir. Et l’auteur de resserrer l’étau : à Venise on s’évanouit aussi quelquefois sans laisser de trace, comme fond un morceau de sucre dans l’eau.






            Un livre bref, anecdotique, dont les multiples tableaux n’en finiront pas de s’animer sous les paupières closes, automates, pantins de soie, frissons de dentelle, araignée glissée dans un gant. Sursaut. Fièvre. Stupre. Débauche. Complots. Carnaval débridé et fantomatique. Convulsions. Poisons. Et la mort atrocement présente déverse ses purulences.






            Un soupçon ? … Del Amo nourri à la prose de Gabrielle Wittkop ? C’est certain… L’éducation libertine en est estampillée.


            Chaque vivant se nourrissant des morts, Gabrielle Wittkop (1920 / 2002)  éblouie par Sade s’est abreuvée à l’univers de Poë, de Lautréamont et de Villiers de L’Isle Adam, mais je ne puis que conseiller de consulter l’hommage extrêmement pointu  et passionnant que lui a consacré Irma Vep dans le blog « Le VAMPIRE RE’ACTIF », et signaler le travail de Nikolas Delescluse « PALUDES » grâce à qui, la plupart des livres de Gabrielle Wittkop sont édités. Quelques rares bijoux noirs sont encore introuvables.

 

Hécate.

 

Blogs à consulter :

Irma Vep http://vampirereactif.canalblog.com/archives/2008/12/22/11810043.html

Nikola Delescluse http://blog.gabrielle-wittkop.fr/

 

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Published by Hécate - dans Avis de lectures
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commentaires

apsara 14/12/2011 18:40


Oh tu sais hécate les gens peuvent bien faire ce qu'ils veulent tant qu'ils ne touchent pas à mes démons!!!je ne les juge pas mais qu'ils ne m'emmerdent pas non plus;je comprends très bien
quel'on puisse aimer les morts,les vivants sont si chiants,si abjects!!!

apsara 14/12/2011 12:12


tu sais l'amour,la mort,sont des sujets déjà tabous mais pris ensemble,cela déglingue la moralité des " braves gens";comme dit le vieil adage,il faut de tout pour faire un monde!!!

Hécate 14/12/2011 18:22



Oui...je sais bien ...Ce qui dérange fait aussi partie de la vie ! Et rien n'est plus compliqué que de d'apprendre à ne pas trop juger  :)


                                                              
H



apsara 13/12/2011 08:34


Grrrrrje ne trouve pas ton nécrophile!!!!

Hécate 13/12/2011 08:39



Apsara ,


tu vas sur liste complète ,et là ,il y a "Le nécrophile " ...( Je n'ai pas mis les passages les plus ...bref... ... )


Tu devrais trouver...


                                       
H



apsara 13/12/2011 08:33


j'ai tellement perdu de temps avec ces larves,des humains plus morts que vivants,Dieu merci les êtres éthérés sont là partout!jamais je ne rattraperai tout ce temps fichu!ça me dévaste!

Hécate 13/12/2011 20:44



Tu cours après ,toujours ! ..." C'est pour ça que tu vas vite "....


                                                                                                
H



christian jannone 12/12/2011 12:48


"Sérénissime assassinat" m'a étérecommandé par ma libraire, Emmanuelle, qui dit que le style de Gabrielle Wittkop se rapproche du mien. Elle essaie de lire "Le Trottin" sur mon blog. Je rentre
actuellement le chapitre 16. Pour vous faire une idée du soufre baroque de cette écriture, prenez trois films récents dont la thématique se rapproche du Trottin (serais-je dans l'air du temps ?)
: "My little princess", d'Eva Ionesco, "Sleeping beauty", de Julia Leigh et "L'Apollonide, souvenirs de la maison close", de Bertrand Bonello. j'aime aussi les freaks, le style anomal de la
phtographe Diane Arbus, Julia Margaret Cameron, le steampunk en science-fiction, les uchronies et histoires alternatives de l'évolution du vivant d'après la théorie des équilibres ponctués de
Stephen Jay Gould et Niles Eldrerdge : mais ceci fait plutôt l'objet d'un autre blog : la gloire de Rama, où je rentre les romans de science-fiction co-écrits avec ma soeur Jocelyne : ça mérite
tout autant le détour qu'Aurore-Marie de Saint-Aubain et Gabrielle Wittkop.

Hécate 17/12/2011 10:03



Christian  ,


le style de Gabrielle Wittkop est unique ,même si le votre est très élaboré . J'ai vu le film " L'Apollonide " qui est superbement photographié .


J'ai aperçu un peu votre autre blog :la gloire de Rama .De nouveaux soucis techniques ont ralentis mon investigation ces jours derniers .


                                                                                       
votre H


 



apsara 12/12/2011 12:03


Dieu!je ne connaissais pas cette écrivain!!ce livre me mord le flanc,me dérange allégrement:il faut que je l'achète et d'autres aussi;je suis allée voir sur ton lien cette rare femme!quel
talent,quelle force de parole,quelle personnalité à part entière et dire que je n'ai jamais rien lu d'elle!!immense " lagune"comme disait un de mes profs de français imbu de son savoir,donc
immense,insondable lacune de ma part,j'ai honte!!!


comme tu sais donner aux autres l'envie de lire tous ces livres,merci chère hécate!

Hécate 13/12/2011 08:28



APSARA ,


on ne peut pas tout connaître ! Je l'ai découvert assez tardivement cette incroyable Gabrielle Wittkop  ,oui un tempérament d'exception . Et ...j'ai écrit aussi ,un peu plus
tard sur le roman le plus stupéfiant que je n'avais lu dans le genre ,de cette même G. W  "Le nécrophile " . ( J'ai eu un peu peur d'effaroucher mes lecteurs(trices )...Toutefois
j'avais le "soutien" de ceux qui m'avaient incité à venir sur la toile partager ma passion de la littérature ...ça rassure  :)


                                                                                                                  
Hécate



Christian Jannone 24/11/2011 22:12


Il est vrai que Jean-Baptiste del Amo cite Sérénissime assassinat en ouverture d'Une éducation libertine. Je voudrais savoir si l'on peut qualifier le style de ces deux livres de baroque ou de
décadent. J'écris aussi, et la libraire que je connais, Emmanuelle, m'a recommandé ces bouquins du fait que leur estthétique se rapproche de la mienne.

Hécate 27/11/2011 12:03



Bonjour Christian ,j'ai eu quelques soucis d'informatique ,ce qui explique que j'ai tardé à vous répondre . La question qui est contenue dans votre commentaire relève d'une délicate
subtilité : le roman de Del Amo est une approche contemporaine visionnaire du XVIIIème et le style est baroque de part le foisonnement recherché du vocabulaire et les longues descriptions sont
digne de l'écriture Romantique .Ce qu'on nomme décadent avoisine la fin du 19ème par le côté délétère ,crépusculaire ...Baroque et décadent .J'opte pour cette fusion .


J'ai commencé à lire ce que vous écrivez ,mais j'y reviendrai dès que mon matériel me permettra de descendre les pages .Votre esthétique d'écriture est raffinée et vos thèmes
m'intéressent .


A bientôt ,et merci de votre visite chez moi .   


                                                                
Bien votre


                                                                                   
Hécate              



edwood 06/12/2010 14:14



Chère Hécate,


C'est après avoir succombé aux charmes du Sérénissime roman de GW que je replonge dans votre subtile chronique.


La mort n'a jamais été aussi fascinante que sous sa plume.



Hécate 07/12/2010 14:42



Bien agréable surprise que de vous revoir sur le Fil d'Archal ,cher Edwood ...


Merci de vos mots .Gabrielle Wiitkop est une extraordinaire narratrice  !


                         Bien à vous


                                                     
Hécate



Paracelsia 16/10/2009 11:13


MERCI A TOI DE M'AVOIR MIT L'EAU A LA BOUCHE POUR LA JOURNEE ENTIERE! Je vais mettre une énergie folle à le trouver, il m'intriguait déjà, mais là c'est trop... Me le faut!

En tout les cas, je n'ai pas fini de me promener par ici, même si l'écran provoque des lassitudes au niveau de ma rétine, je reviendrais... ^^


Hécate 16/10/2009 11:21


Je suis ravie Paracelsia ,je te souhaite de le lire.
L'édition que j'ai ,comporte en plus " Nécropolis" plus qu'interessant ,quoiqu'en dises certains puristes.C'est un complément sur la nécrophilie :)...Là ,je vais t'achever!!!
        L'écran te fatigue,je comprends car mes yeus sont très sensibles;je baisse la luminosité au maximun.
                             Bonne journée à toi.
                                                              
Hécate


Paracelsia 16/10/2009 10:52


J'ai adoré, mais je peine à trouver le nécrophile, à chaque commande je reçois une lettre me disant qu'il n'existe plus dans les étales de la boutique!


Hécate 16/10/2009 11:06


J'ai acheté "Le nécrophile" cette année ,via internet. Il arrive qu'on trouve des exemplaires encore.C'est pour le mien,une édition chez Régine Deforges.
C'est un livre extraordinaire;pourtant habituée à lire beaucoup d'oeuvres noires et fantastiques,celle-ci ne ressemble à aucune autre!!!!
Impossible de s'en arracher.Avec des détails,une simplicité d'écriture en apparence qui plonge au centre même de la nécrophilie,c'est stupéfiant.
Si tu ne trouve pas,je verrais à me renseigner.
Eventuellement, demande sur un des liens de mon blog:Paludes. Nikola est très au fait de ce qui concerne G.Wittkop.
                 Si tu parviens à trouver,dis-le moi.Amicalement .
                                                                                       
Hécate


alainB 01/09/2009 13:50

Votre présentation me donne envie de lire ce roman et de l'offrir...
et votre commentaire me donne encore plus l'envie de revenir à Venise...mais pour l'heure, c'est la Chine qui est à l'ordre du jour !
cordialement
alain

Hécate 01/09/2009 20:17


Alain ,je vous remercie de l'attention que vous avez eu pour mon article sur ce roman  de 121 pages qui est un petit joyau fascinant et vénéneux,extrêmement documenté . Difficilement
oubliable , comme Venise!
           Bon voyage en Chine donc. Au plaisir d'une autre rencontre .
                                                                                                                 
Cordialement .Hécate


Hecate 01/07/2009 20:11

Noëlle,merci de venir me communiquer cette lecture.
J'ai lu " Le Nécrophile",et ce roman est le plus extraordinaire que j'ai pu connaître sur ce thème,si on excepte Edgard A.Poë .
J'ai hésité du reste à écrire un billet qui aurait fait suite à "L'amant des morts" de M.Riboulet, ne voulant pas donner à mes lecteurs et lectrices une image de complaisance négative par un excès de morbidité !
N'hésitez pas à venir offrir votre avis sur "Sérénissime Assassinat" sur le fil d'archal.
Bien amicalement.Hécate

Noëlle Combet 01/07/2009 19:54

Hécate, une amie m'a prêté "Le nécrophile" de Gabrielle Wittkop. J'ai été conquise par cette écriture "sèche" qui rend supportable le sujet difficile qu'elle aborde sans concession et avec subtilité;
Je projette donc de lire "Sérénissime assassinat"

Hecate 18/06/2009 00:05

"Venise vaincue a vu finir ses treizes siècles de liberté,et disparait , comme une plante marine, sous les vagues d'où elle était sortie. Ô charmante Venise! tes palais déserts,tes rues solitaires,et ces visages du Nord qui te rappellent trop souvent quels sont les hommes qui t'ont imposés des fers, tout contribue à répandre un sombre nuage sur tes murs chéris."( BYRON )
Et c'est ici que je vous retrouve Lichtgestalt,et votre manière de me dire ces mots très simplement ,oui me font une impression aussi étrange et merveilleusement irréelle que cette ville .
Merci .Vous ne pouviez mieux vous exprimer. Votre Hécate

Lichtgestalt 17/06/2009 18:41

Ah, Venise... Perle baroque aux ors cristallisés dans le flot du temps... (et les odeurs d'eau croupie aussi, mais l'on s'y habitue ^^). Ma bibliothèque semble soudain appeler de ses voeux ce livre dont j'ignorais jusqu'alors l'existence.
Ma foi, je n'ai jamais été bien douée pour formuler ce genre de choses mais... comment dirais-je... vous me plaisez! ^^

Hecate 31/05/2009 21:37

Chère Véro,je m'inquiètais vraiment?...Enfin vous voici!...Je ne devine pas tout,et vos raisons m'étaient inconnues quand à ce silence ,alors que nous croisions ici et là...Vous voici et, avec des questions bien précises...Je n'enseigne pas,j'apprends un peu tous les jours.
Disons qu'à certaines heures j'ai eu le plaisir de créer et d'animer des soirées littéraires et poètiques, que j'aime tout ce dont je parle sur le fil d'archal ,et que je cherche avec beaucoup de simplicité le partage et la découverte.Que lors de ces spectacles,ma joie la plus profonde était de receuillir les paroles de ceux qui venaient à moi...avec de l'émotion,de la curiosité,ou des questions et même une frustration...ce qui fût avec Milosz,car on voulait savoir davantage encore.
J'espère avoir répondu à votre gré.Merci à vous .
Bien sincèrement...Hécate

Véro 31/05/2009 18:51

Une fois de plus je passe sur ce fil...
je me décide à y laisser un mot, je vois bien que mon silence vous peine...
mais quel mot ?
si je devais laisser un commentaire sur chacun de vos articles il serait hélas toujours le même...
que j'aime votre approche des livres et votre façon de nous les présenter en nous emmenant dans la vie de leurs auteurs...
j'admire votre écriture et votre culture....
travailler vous dans le domaine des livres ? enseignez vous la littérature ?
telle est l'interrogation sur laquelle je vous quitte pour l'instant...

véro

Hecate 29/05/2009 23:28

oui, High Tone c'est du dub...Ici,je l'ai avec Wang Lei "le palefrenier des écuries célestes"...de quoi s'expatrier loin de Venise vers d'autres poisons plus opiacés!
Merci de ton passage,et bon week-end à toi aussi.H

S. 29/05/2009 23:07

Alors Hecate, je cherche, je cherche mais je ne trouve pas de Wang Lei.
J'ai trouvé en revanche High Tone & The Improvisators Dub. C'est ça ?
Bon week end en tout cas... :)

Hecate 29/05/2009 16:12

Bonne journée à toi!...H

Fethi 29/05/2009 15:58

Et Venise garde sa réputation de ville sulfureuse!Bonne journée

Hecate 29/05/2009 15:56

La rencontre de l'imaginaire se conjugue avec tout mode de langage ,car tout est expression,merci Clémence d'avoir empruntéle fil d'archal,et j'irais avec plaisir regarder vos photographies .Hécate

Clemence 29/05/2009 10:43

Je suis photographe mais j'aime la littérature. Les textes ont parfois le pouvoir des images et les images des textes.

Hecate 29/05/2009 08:25

Le 18ès.est ombre et lumière,et je ne pensais pas que tu viendrais pour une première visite sur ce roman de G.Wittkop dont l'univers est très vénéneux...bien qu'empreint de dérision , la valeur relative de la vie, l'amour et la mort est une constante .Et cela a-t-il tellement changé?
Si mon billet t'a apporté un peu de réconfort,meri à toi de m'en faire part.
N'hésite pas à me donner de tes nouvelles par mail.
Amicalement à toi Nadine,et à bientôt.
H.

nadine 29/05/2009 08:08

Il est temps pour moi qui ait lu et relu ton résumé de te dire mon admiration pour ce travail de synthèse des moeurs de Venise du 18 ième.
Tous ses empoisonnements font froid dans le dos, en ce temps là , la vie ne semble avoir que peu d'importance!
jE te dis un grand merci de tes pensées à mon égard sur ma messagerie,ils apportent bien du réconfort.
A bientôt.nadine

Hecate 28/05/2009 10:15

Cher Edwood, en effet certaines fleurs sont redoutables, elles devraient être laides et repoussantes, hors ce n'est pas toujours ainsi , la violette, le laurier-cerise dégagent de suaves odeurs mais n'en sont pas moins de violents poisons...Je vous souhaite de succomber à l'envoûtantement de ce datura noir que nous offre Gabrielle Wittkop avec ce roman..Je suis enchantée qu'il vous attire sur le fil d'archal...
Bien à vous à ce carrefour de tous les dangers délicieux...
Hékate

edwood 27/05/2009 19:55

Votre texte, Hécate, ressemble à s'y méprendre à une sublime fleur que j'apercevrais à travers les grilles d'un jardin. Elle m'apparait comme une redoutable invitation à pénétrer dans le sanctuaire secret de Gabrielle Wittkop. Elle s'ajoute à celles que cultivent avec beaucoup de soin Nikola et Irma. J'espère que le plaisir de la lecture sera à la hauteur du parfum exquis que ces évocations dégagent.

Hecate 24/05/2009 20:18

Chère Noëlle,je cite pour vous ce que Barrès a dit de Venise :"Désespoir , d'une beauté qui s'en vers la mort.Est-ce le chant d'une vieille corruptrice ou d'une vierge sacrifée...Ceux qui ont besoin de se faire mal contre la vie, de se déchirer sur leurs pensées, se plaisent dans une ville où nulle beauté n'est sans tare ".
En lisant "Sérénissime assassinat", j'ai repensé aussitôt à Véronica Franco , poètesse et courtisane vénitienne du XVIè , mère de deux fils, Achille et Enée( un clin d'oeil ici à l'un de mes lecteurs! ), maîtresse du roi Henri III de France, et, qui comme la Calmo, fût soupçonnée de sorcellerie (comme bon nombre de prostituées de ce temps-là ). Ses liens avec les nobles la sauvèrent. Puis l'obscurité, la pauvreté réduisirent les dernières années de sa vie, et, à quarante cinq ans Thanatos la déroba pour toujours. aux couleurs de ce monde...
J.P Gissenot fait allusion une autre figure identitaire, plus ambivalente qui faisait fureur à Venise,un gredin de travesti déguisé en Vénus, le plus coûteux plaisir vénitien que prisait fort le Présidentde Brosse, magistrat et libertin!
A noter que Gabrielle Wittkop a doté son héros du prénom Alvise que portait le Doge Mocenigo peint par Guardi,et certainement avec un humour bien attentionné!
Merci à vous d'être venue avec ce beau commentaire sur le fil d'archal.
Amicalement.HéKate( avec un K comme me l'a judicieusement signalé Nikola).

Hecate 24/05/2009 11:10

Cher Nikola, connaissant la maîtrise aussi acérée qu'étincelante dont avec talent et virtuosité vous parez votre grande érudition, vos premiers pas sur le fil d'archal sont un honneur qui me plonge dans le plus délicieux vertige qui puisse êrtre !
Je suis bien aise de vos conseils que je devine inspirés par Gabrielle Wittkop dont la fréquentation vous est aussi familière que votre ombre .
Merci pour cet humour pétillant et macabre à souhait qui conclut votre billet !
Bien amicalement.Hékate

Nikola Delescluse 22/05/2009 17:34

Chère Hécate (Gabrielle écrivait Hekate), je vous sais gré de cette évocation amoureuse, et tortueuse, de la Venise que Gabrielle sut peindre en son miroir brisé, afin d'en mieux cerner la complexité meurtrière. Vous l'avez dit, le roman est court et s'emporte aisément, comme on glisse un stylet aiguisé dans une manche, ou une fiole de poison entre la chemise et la peau. "Sérénissime assassinat" est un kaléidoscope de vues changeantes, de tableaux grandioses et célèbres, agencés comme un ballet sanglant menant tout droit au vertige du puits. Merci d'avoir mené au bord de cet abîme de nouveaux lecteurs, et quand ils se seront bien penchés, n'hésitez pas à couper le fil (d'Archal) qui les retient à la vie, afin qu'en une chute imparable, ils s'engouffrent dans l'antre de la harpie qui les guette.
Amicalement, Nikola Delescluse

Noëlle+Combet 21/05/2009 16:27

Hécate, votre écriture es somptueuse : on ne saurait parler de grain mais de pulpe, comme d'un fruit envoûtant, vers lequel on se tend dans l'oubli que certains sont vénéneux.
Cela me met en lien avec l'évocation du "Ravissement de Lol V Stein" dans un commentaire: le délicieux consentement de Lol à son propre effacement, le désir même de cela. On peut sentir la même sorte d'attrait à vous lire.
J'avais déjà pensé, au fil de vos lignes, à un dialogue entre Jeanne Moreau et Marguerite Duras:
J.M:il y a dans l'air comme une odeur de fleurs
M.D:on brûle les morts de la faim (de la fin? ai-je pensé en écho).
Si Thanatos dévore Eros n'est-ce pas parce que ce dernier n'est pas rassasié, insatiable peut- être?
Mon souvenir de Venise est l'écho des pas dans les ruelles alors que personne n'était visible, musique discrète, dans le sens de séparée.
Dans le tableau de Défossez accroché à l'un de mes murs, on voit en hauteur des dômes mamelonnés au-dessus d'une étendue vert- bleu profilée en plusieurs plans et, à droite un pan de mur vertical violacé percé d'ogives marron.
C'est une figuration-dé-figuration de Venise pour une silencieuse re- composition, une image d'absence pour une absence d'image, sinon indécise.
Je mettrais en relation ce tableau avec ce que vous écrivez des livres-échappées- belles mis en perspective avec le confinement des palais.
Et merci pour ce très beau texte qui relance des questions sur l'écriture, la vie, la perversion.

Hecate 21/05/2009 12:27

Ah! Niko !...Savoir comment ?...Si on savait, si on était certain de cela...Oui,comment.Je me pose cette question aussi,et plus souvent que tu peux , qui sait le penser.
Ecrire...c'est parfois une grâce qui tient à un fil...Parfois un réel questionnement : vais-je savoir traduire en mots ce que je ressens ?
Et, dans ces textes sur des auteurs contemporains que je publie ici,crois bien que l'anxiété est plus grande, car à suposer que l'auteur en question,par un hasard improbable se trouve amené à jeter les yeux sur mes avis, si j'ai mal fait passé quelque chose, voir trahi sa pensée... ma responsabilité vis à vis de son oeuvre m'engage.
Merci à toi d'être venu m'écrire ces quelques lignes.
Amicalement.
Hécate

Niko 20/05/2009 18:07

J’aime cette citation : "On peut écrire sur tout mais il faut savoir comment." Gabrielle Wittkop in le journal Le Temps, Genève, 2001

C’est bien là tout mon problème… savoir comment ?

Hecate 20/05/2009 09:05

C'est réciproque,et avis aux amoureux des fleurs qui liraient ce commentaire ci-dessus...son blog est un jardin de rêve, il faut aller le voir.

gamaliel 19/05/2009 21:23

Merci de votre passage sur mon blog et d'y avoir laissé votre message; cela m'a fait énormément plaisir. bonne soirée Gamaliel

Eric LOW 19/05/2009 18:31

je ne sors en loup-garou qu'1 fois par mois... (& si la température est clémente)

Hecate 19/05/2009 17:09

Dans un petit palais du grand canal,il y avait ,il y a quelques années de cela,un blason :un cercle rouge sur champ d'argent, l'un des plus puissants symbole de la sorcellerie vénitienne.
Ma réputation...est belle! "Magicienne", cette fois...démentir va être ardu!!!
J'espère , Eric, que la sortie nocturne te plaît...La prochaîne visite des sortilèges...quand tu veux.

Hecate 19/05/2009 17:03

Le culte du Dragon Vert.Et le Crocodile, une même Divnité payenne( Drak...Drakul...Dracula...Bram Stoker n'a fait que reprendre...)

Hecate 19/05/2009 17:01

...premières traces à Venise du vampirisme?...au XVIIè environ.Avant d'envahir le continent et l'Europe entière.
Les manifestations partirent de l'une des plus petites ^les de la lagune.( ça devient un feuilleton à suivre...)

Hecate 19/05/2009 16:56

Le message au complet ...rien..des obstacles...La révélation va être attendue...plus que jamais!

Hecate 19/05/2009 16:55

Le Dragon Vert exige un sacrifice...c'est certain!

Hecate 19/05/2009 16:31

Quand les divinités vénitiennes m'ouvroront le passage je répondrai...

Eric LOW 19/05/2009 14:48

berceau du vampirisme ? j'ignorais... il n'y avait donc pas de vampires avant d'apparaître à Venise ?
je connais Venise comme berceau du ghetto par contre...

Dane 19/05/2009 11:28

Une analyse très intéressante... je découvre avec ravissement cette femme!
Prochaine lecture possible...?! :-)
Belle journée Hécate

Hecate 19/05/2009 08:15

Puisque ma réputation semble établie!...Eric, c'est peut-être là l'aile d'une corneille noire née des vapeurs de la Belladone brûlée...Tu accompagne la nécromancienne et l'aventure ne peut que te plaire...Pas de cris...chut...Je vais te présenter au Dragon de la lagune.On vénèrait ici jadis le crocodile sacré. Si tu lèves les yeux tu l'apercevras sur l'une des colonnes de la piazzetta...Le lion de St Marc est plus chrétien. Cela a été vérifié à la bibliothèue Marciana...
La prochaine ballade nocturne sera pour le canal Orfano...dont l'eau jadis était rouge ...presque toujours...le sang...Le sang du canal des Orphelins !
Savais-tu que Venise a été le berceau du Vampirisme?...
A une prochaine promenade initiatique,Hécate est à ta diposition...(Gabrielle Wittkop doit sourire de là où elle est!...)

Eric LOW 18/05/2009 23:49

tu joins à tes dons de nécromancienne des dons de voyante... mais cela va souvent de pair... effectivement je suis là à l'approche des 12 coups... mais 1 aile noire couvre ma lumière... je ne vois plus très bien... je

Hecate 18/05/2009 21:45

Comment en douter !...Tu es observateur et bien perspicace...Et d'une curiosité si vaste...

Enee 18/05/2009 20:58

J' apprends vite ...

Hecate 18/05/2009 18:52

Eric, voyons ?...Qu'est-ce là ?
La vie est légère à Venise...le carnaval...les intrigues...les fêtes...
Ton retour aux heures sombres?...Minuit, ça ira...si le ciel est couvert...

Eric LOW 18/05/2009 14:56

je crains d'avoir l'esprit trop léger eu égard aux commentaires ci-dessus
je m'esquive sur la pointe de mes pieds ailés
je repasserai aux heures sombres

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