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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 08:33

Iwan Gilkin
              Le mauvais jardinier 
                                     amoureux 
                                            des fleurs du mal…
















          



          « Leurs somptueux bouquets détruisent la santé.

            Et c’est pour en avoir trop aimé la beauté
            Qu’on voit dans les palais languir les blanches reines.

            Et moi, je vous ressemble, ô jardiniers pervers !

            Dans les cerveaux hâtifs où j’ai jeté mes graines,
            Je regarde fleurir les poisons de mes vers. »

                                                  ( Gilkin « Le mauvais jardinier » extrait)

 

         
      Il est mince, effilé, d’une nervosité presque maladive, ses yeux bleus de myope sont perçants. Raffiné, parfumé, il porte des cravates blanches, des gilets de velours multicolores et une immense cape à l’Espagnol. Il coiffe d’un chapeau à larges bords sa sombre chevelure ébouriffée et met ses bagues sur ses gants comme Baudelaire et Barbey d’Aurevilly. Il fascine par son intelligence et sa culture. Sa plume est un scalpel, il dissèque profondément, cherchant le mal, comme un chirurgien appliquant un méthodique savoir.

 


       
          « Coupant, fendant, creusant les chairs

          Avec des hâtes convulsives

          Et les repliant toutes vives

          Comme deux volets large ouverts,

 

          Et j’arrache en criant de joie,

          Rouges, fumants et bondissants,

          Les cœurs vierges, les cœurs puissants,

          Les cœurs d’amour, les cœurs de proie.»
                                     (Gilkin «Le sculpteur » - extrait)

 

     « Son œuvre est terrible entre toutes écrit Maurice Maeterlinck. L’horreur est exactement ici l’exaspération de la splendeur, le blasphème est le dépit de l’adoration inavouée, la cruauté est le spasme suprême de la pitié et la haine est la frénésie de l’amour… Il faut louer spécialement le «sadisme » de M. Gilkin… Le sadisme, au sens où je l’entends, est le trésor vivant et sans tache de la chasteté. »

 

      « Seul, je me connais. Seul, je sais ce que je suis.
         Seul, j’allume ma lampe en mes sinistres nuits.
         Et seul, je me contemple et, seul, je me possède.

        Je me couche, comme un chartreux, dans mon linceul,

                  Et, loin de tout désir qui me flatte ou m’obsède,
                  Je goûte, comme Dieu, le néant d'être seul. »

                                                 ( Gilkin «Le mensonge » extrait).

 

 

         Né le 7 janvier 1858 à Bruxelles, Iwan est un enfant protégé par une mère tendre, un père attentif. Ses tantes en raffolent et le bourrent de sucreries. Il s’amuse avec des boites de couleurs, joue des pièces dans son petit théâtre de carton ou gambade dans le jardin avec sa sœur.

         Il a une passion : les serrures. Il les bouche, les détraque ou les démonte, celles des buffets, des commodes ou des portes ; et toutes subissent un sort malheureux. Les punitions demeurent impuissantes ! A 4 ans il sait lire, et c’est alors pour lui un délice, la comtesse de Ségur l’enchante tout comme «les mille et une nuits », entrecoupée de quelques mièvreries pour la jeunesse…

         A six ans, il prend ses premières leçons de piano. Il est si doué, que plus tard il aura à choisir entre une carrière dans le droit ou celle de virtuose.

De cette enfance, il garde le souvenir ensoleillé, malgré de nombreuses maladies dont le croup (on en mourait à l’époque) et qui le laissera sujet à des pharyngites rebelles.

        Grandi en milieu fermé, il n’a aucun contact avec l’extérieur, les Gilkin se tenant à la vie de famille, hormis une relation avec un voisin vieux professeur de latin et de grec, et une autre avec un jeune ménage vivant à l’écart avec leur fille. Iwan découvre le «vert paradis des amours enfantines » à l’ombre d’une tendre amitié amoureuse.

 

           A dix ans, c’est le choc. Il est inscrit à l’Institut St Louis, et c’est la fin des années insouciantes. Mal préparé aux contacts, timide, il est d’abord la tête de turc de la classe. Jamais il n’avait approché d’autres enfants.

          A onze ans, touché par la fièvre typhoïde, on le croit perdu. Deux mois après alors qu’il se lève tout juste, il retombe atteint par la variole. Quatre semaines plus tard sa mère le coiffe et tous les cheveux restent sur la brosse ! Convalescent, le voilà avec une bronchite ! On est fin mars, pas question de retourner à l’école. Début août, la veille du départ rituel en vacances à Ostende, voilà qu’une rougeole le couche pour trois semaines !

          Entre dix et quinze ans Iwan traverse une  crise de mysticisme, classique certes, mais qui prend chez lui une ampleur exceptionnelle. Il répugne à la violence, même pour se défendre et un prêtre vient lui dire – «Si vous recevez un coup, il faut en rendre deux. C’est le seul moyen de vous faire respecter ».

         Il est profondément troublé. Quel est ce mystère ? Où est la vérité ? Où est le mensonge ? – « Dès ce jour, il y eut dans mon cœur si pur et si candide une petite fêlure. »

 

         Cependant, il est encore heureux. A dix-neuf ans sa santé se renforce, il marche beaucoup, pratique un peu l’escrime, mais les livres, la musique, la vie de l’esprit sont toute sa raison d’être.

         Lorsque sa sœur quitte l’Institut Heger – Parent, c’est là que Charlotte Brontë avait été sous – maîtresse autrefois, c’est l’adieu à sa première jeunesse. Il fait son inscription de première année de doctorat en Droit en octobre 1878 et très vite, il se mêle à la vie animée et joyeuse de Louvain. Un soir il rencontre un étudiant en lorgnon avec une grande tignasse blonde qui rugit des vers : Emile Verhaeren.

 

        « Nous n’avions pas la moindre retenue. On nous eût pris pour de jeunes peaux – rouges hurlant des chants sauvages. Tout un hiver nous portâmes des vestons de velours gorge de pigeon, queue de paon, nèfle écrasée. On écarquillait les yeux en nous voyant passer » écrira – t – il plus tard parlant des membres de la «Jeune Belgique » cette revue littéraire qui était le centre du renouveau de la littérature de langue française des années 1880.

         Fondée par Max Valler, adepte d’un esthétisme proche de celui d’Oscar Wilde, cette revue fait découvrir au public «Les chants de Maldoror » de Lautréamont. Max apporte un jour à ses amis attablés au café un volume jaunâtre écrit par un inconnu… un comte… de Lautréamont. Gilkin s’empare du volume, l’emporte chez lui et toute la nuit, il lit avec une passion désordonnée. Sans tarder, sur son conseil, ses amis courent se procurer un exemplaire de «cet étrange bouquin ».


          «Nous nous battrons disait Max Valler, contre les eunuques qui envient notre virilité, contre les vieux genoux qui convoitent nos crinières. »


         Hélas, Max Valler meurt à l’âge de vingt-neuf ans, les poumons ravagés. C’est une année sombre pour «La jeune Belgique ». Max était à l’origine de tout et il était un animateur sans égal, «fin, brillant, souple et hardi comme la lame d’un fleuret, charmant jeune homme, beau comme Raphaël adolescent, impertinent comme un page, adroit comme un diplomate, un jeune prince échappé d’une toile de Van Dyck » dira Gilkin qui reprit la revue plus tard avec Albert Giraud en 1893.

 

       «  Les queues de siècles se ressemblent, toutes vacillent et sont troubles » écrit Huysmans. C’est dans cette atmosphère de décadence de la fin du 19° siècle qui obsède aussi Maeterlinck, Verhaeren, Rodenbach et Giraud, que Gilkin éprouve un désarroi qui avive son inquiétude.

       Après une enfance surprotégée, la ruine de son père l’a ébranlé et il découvre la misère urbaine. Précoce dans ses lectures, fragilisé par les émotions qu’elles suscitent (par Shakespeare «il est saisi comme un homme qui entendrait tout à coup les étoiles parler. » « Le Paradis Perdu » de Milton lui révèle surtout la grandeur de Lucifer, et «L’enfer » de Dante le fascine par ses images terrifiantes – alors que Baudelaire ne le bouleversera que bien plus tard – et l’inquiétante beauté des poèmes de Swindburne l’enthousiasment, il les fait venir de Londres alors qu’il lit à peine l’anglais !) Gilkin ne résistera pas au pessimisme qui submerge l’époque.

      Sa bibliothèque contient des ouvrages souvent rares ayant trait à l’alchimie, la théosophie, l’occultisme (comme Gérard de Nerval) ; également des études sur le bouddhisme ou la magie des Chaldéens, des œuvres de Paracelse, Albert le grand, Fabre d’Olivet, Stanislas de Gaïta, Eliphas Lévi, (que Lautréamont lisait à Montevideo) des traités de Papus et bien évidemment « l’Amphithéâtre des sciences mortes » de Péladan.

 

       Gilkin écrit : « Ah ! je ne voudrais pas être le créateur. Les maux de l’univers me briseraient le cœur. »


       Dix-sept années d’une longue crise qui aboutit à «la Nuit », une crise qu’il a à peine sentit venir tout au feu de ses activités, de ses amitiés, et d’une exubérance étonnante. « La Nuit » est selon ses propos, une «poésie du désespoir de l’homme tenté, qui a cédé à la séduction du mal, qui a éprouvé la vanité de tout et qui, tout en aspirant à la mort, seul terme possible de son effroyable spleen, la redoute parce qu’elle s’ouvre sur le mystère terrible de l’au-delà. »

      Celui que l’on appelle ironiquement le «sosie » de Baudelaire, «l’imitateur forcené » est vigoureusement défendu par Albert Giraud : « La Nuit » est plus sombre et plus tragique, c’est le livre le plus pessimiste qu’un poète ait écrit, l’authentique livre du mal qui torture une conscience «les vraies fleurs du mal, les voilà. »

               

       « Tout, sentir et penser est artificiel

Pour l’esprit affaibli qu’un mal essentiel

Frappe incurablement de dégénérescence.

 

Mais, sans même y songer, nous rampons à genoux

Aux rayons du grand art chauffant notre impuissance :

Il a vécu pour nous ! Il a rêvé pour nous !  »

                 (Gilkin «Esthètes » extrait)

 

        Chez Gilkin pas trace de sensualité amoureuse, la femme, la nature sont des pièges. Henri de Régnier salue «une puissance de ténèbres et d’ébène dans l’imagination et le style ». Mallarmé goûte  «le ton incantateur solitaire aux mots comptés ». Verhaeren place Gilkin au premier rang des poètes belges. Il voit en lui le poète «de la race des artistes malades pour qui le monde ce n’est plus la création d’un Dieu, c’est l’univers d’un Satan ».


         Gilkin pourtant est joyeux par disposition naturelle ! Il a des gamineries d’âme, des étourderies pour les plaisirs qui passent. « L’aube » et «La lumière » qui devaient dissiper les vapeurs méphitiques de la «Nuit » ne verront pas le jour. Gilkin ne s’en est pas expliqué.

 

  « Les yeux ensanglantés de pourpre et de carmin,

    Cette nuit j’ai noyé le spleen qui me consume

    Dans les flots cramoisis d’un océan de vin.

 

    J’ai bu. Pour me saouler j’ai bu jusqu’au matin

    Le bourgogne entêtant dont la vapeur embrume

                           Les yeux ensanglantés de pourpre et de carmin. »

                               (Gilkin «Mer rouge » extrait)

 

         La dualité est en lui, et il ne s’en cache pas. Il aime la compagnie, la plaisanterie. Il mange copieusement, franc buveur avec ses amis, il n'a rien d’un ascète se couvrant la tête de cendres.

        Particulièrement discret sur sa vie privée, la quarantaine atteinte, toujours célibataire, jamais une allusion à quelque femme. L’amitié tient une place passionnée.

         C’est donc la surprise totale lorsqu’en juillet 1898 il se marie. Après sa douloureuse crise spirituelle et une appendicite qui le met entre la vie et la mort, Gilkin a rencontré Jeanne Cortuyvels la sœur d’un ami. L’année suivante il publie «Le cerisier fleuri ». Où était le Gilkin qui se délectait «du monstrueux plaisir de souiller l’idéal » ?

         On ricane sur ses états d’âme de rechange. Gilkin se tourne vers le théâtre, écrit des pièces, lit Dostoïevski.

         Malade, prématurément vieilli, il garde le goût des longues conversations, des réunions d’amis, parfois jusqu'à cinq heures du matin. Son charme, sa vivacité d’esprit, son sens critique sont toujours là, toujours en éveil.

         En 1924, il meurt d’une angine de poitrine. La mort lui épargne une longue agonie et il entre rapidement dans la nuit avec tous les honneurs.

 

                   « Rien ne s’anéantit. Tout ce qui fut, persiste.

                     Les crimes d’ici-bas renaissent dans les cieux. »

                           ( Gilkin «Symbole. » extrait.)

 

         A quinze ans, je recopiais sur un cahier à la couverture rouge, les poèmes que le hasard me prêtait, d’une écriture minuscule. L’encre a pâli. Il y a parmi eux, deux poèmes d’Iwan Gilkin : « Le mauvais jardinier » et «Le sculpteur ». Je peux dire que durant quarante ans, je n’ai cessé d’être à la recherche de ce Gilkin mystérieux dont je ne connaissais rien… Quête inlassable… Pas tout à fait vaine… Quelques poèmes apparaissent à travers des anthologies et qui sait, un jour, peut-être un peu plus...

 

 

                                                                                                                Hécate.

 

Principales œuvres d’Iwan Gilkin ( 1858 – 1924 ) :

 



La damnation de l’artiste 1890.     

Ténèbres 1892.

Stances dorées 1893.

La Nuit 1897.

Le cerisier fleuri 1899.

Prométhée 1899.

Jonas 1900.

Savonarole (théâtre) 1906.

Le sphinx 1923.

Egmont (théâtre) 1926.

 

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Published by Hécate - dans Essais
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commentaires

Fred 15/07/2013 17:32


Qq chose de Baudelairien ? Gilkin va plus loin que Baudelaire... Peut être pas dans l'art poétique, mais tout au moins dans une forme de décadence poétique fin de siècle... Pour exemple ce poème,
le seul qu'il n'ait pas retenu de La Damanation de l'artiste et de Ténèbres pour La Nuit.


 


Confarreatio

Muse, te souvient-il du hideux galetas
Où, par la lucarne entr'ouverte, nous jetâmes
Des regards révoltés sur ces cultes infâmes ?
- Un tout jeune homme est nu, prosterné sur les bras;

Sa fraîche et blonde chair qui grelotte aux frimas
De la crainte, supporte un réchaud qui flamboie ;
Cependant qu'une vieille, hystérique de joie
Obscène, en grommelant son grimoire très bas,

Vole d'un poing osseux sa chétive innocence,
Mêle du froment vierge à la vivante essence
Et sur ses reins mouvants cuit le gâteau d'amour.

Fuis la communion immonde et sacilège,
Muse ! L'ange gardien nous préserve qu'un jour
Nous mordions au puissant et mortel florilège !

Hécate 20/07/2013 11:40



FRED merci infiniment pour être venu sur ce poète qui est rarement visité sur mon blog. La lecture de sa poésie a été marquante pour moi. Beaucoup de plaisir donc à ce commentaire.


                                                
Hécate



M 03/05/2012 09:51


Ceuillir toutes les fleurs ...

J 21/04/2012 09:50


Un quelque chose de Baudelairien .

aiolos 14/04/2012 00:32


Le mauvais jardinier, est-ce que c'est celui qui a des yeux et qui ne voit pas cette magnificence qui s'étale partout autour de nous ou qui n'a pas le nez dans l'herbe ou la tête sous la voûte
celeste ?

Hécate 14/04/2012 10:57



Aiolos  ,voilà que tu viens sur ce mauvais jardinier ...Grand plaisir ,car ,comme tu as lu ,il a hanté mes jeunes années...


Lui aussi il dit noyer son spleen dans "les flots cramoisis d'un océan de vin " !


Tu vois à quoi ,à qui je pense ? à notre Omar Kayam ...


                  Le mauvais jardinier c'est celui qui regarde pousser les fleurs de la tristesse ...


                                           
Et la Lune en est toute pâle


                                                                                   
Hécate



aiolos 08/04/2012 19:49


Languir les blanches reines ! Tu te languis ? 

Hécate 08/04/2012 19:53



Ah! la question qui tue !!!!!!!!!!!!!!!!


Aîe.....Aiolos !...........


         Ne suis pas Reine ,seulement....Magicienne


                                                                         
Hécate



saltosam 15/12/2009 00:50


il est désastreux de voir que les librairie oublient trop souvant de très bon artistes qui mérite d'être connu par tous il est vrai.  je vais me renseigner pour savoir si il n'y a pas un moyen
de commander l'une de ses oeuvres, parfois, avec certains ouvrages cela est encore possible. si j'y arrive, je te tiendrais au courant.


Hécate 15/12/2009 11:14



Alors ,oui avec plaisir ...car j'avoue avoir laissé mes recherches ces derniers temps !
     Bon courage Saltosam  :)
                                      
A bientôt
                                                         
Hécate


PS : "L'inattendu est la récompense de l'attente ". (Marcel Brion )



saltosam 13/12/2009 23:15


Magnifique!!!! ma passion pour Beaudelaire et tout ces artistes "écorchés vif" si je puis dire me trensportent dans un flux  de sentiments et de ressentis qui m'envahissent d'une manière telle
que je ne saurais l'expliquée.
tu nous dit l'avoir étudiée pendant près de 40 ans... je comprend ainsi mieux ta maitrise des mots qui nous tiens tant en allaine.
je ne connaissais pas du tout ce Monsieur et suite à ton message sur mon blog, je me suis précipitée sur cet article que j'ai dévorée avec un malain plaisir presque engloutie par le flot de tes
explications où chaques passages sités m'ont envoutée.
un grand merci pour cette majestueuse découverte. il faudra vraiment que je me trouve l'un de ses recueils afin de voyager au travers de ses rymes qui me semble plus sombre et tourmantées que
celles de Beaudelaire.
En te souhaitant une excellente semaine
amicales bizouilles


Hécate 14/12/2009 21:36


Saltosam ,moi qui désespérais de trouver encore un echo à ma fièvreuse passion pour Iwan Gilkin ,voilà que ton enthousiasme y répond !
Oui ,je suis depuis si longtemps farouchement attachée à ce qui exude des vers de ce poète ,à leur beauté secrète ,et qui ont sans doute une raison qui tient à une vive
sensiblité   de ma part qui  correspondait  assez avec  ce que je ressentais alors  sans l'exprimer tel qu'il le fit si bien . La naissance du Symbolisme Belge a
eu un retentissement énorme alors sur tous les Arts.
Peut-être est-il plus excédé que Baudelaire ,qui ,pourtant ouvrait la voie ...vers cette éclosion  de serres ,d'étouffement de mal- être .
Lors d'un bref aller et retour de Bruges à Gand  ,le hasard a fait que j'ai rencontré un étudiant Belge à qui ,évidemment j'ai parlé de Gilkin ,qui fût très surpris . Habitué à l'oubli de
ce poète en France .
Je n'ai pas eu alors les adresses où me procurer ses recueils de poèmes ,il aurait fallu la Capitale  ,mais je n'ai eu cette possibilité.
On trouve certaines poésies de Gilkin dans des anthologies sur la Décadence ,le Symbolisme...Et ,j'ai l'espoir que soient republiés l'ensemble de ses poésies. Encore faut-il être à le savoir ,tant
de livres ont une durée de vie si courtes dans les librairies...

Merci pour ta ferveur ici .
            Bien amicalement .
                                         
Hécate


Hecate 12/06/2009 18:30

Les papillons aiment se poser sur les fleurs,j'aimerais qu'ils soient moins noirs...c'est la vie.Une fleur choisit-elle son jardin?...

gertrude 11/06/2009 20:00

Vous n'êtes pas fâchée, j'espère, magicienne des plumes, contre votre crâne favori?
Comment allez vous?
vos sombres lépidoptères font encore plus peur que la littérature que vous nous vantez...

V.S. 18/04/2009 07:52

'Dans les jardins d’hiver des fleuristes bizarres
Sèment furtivement des végétaux haineux,
Dont les tiges bientôt grouillent comme les nœuds
Des serpents assoupis aux bords boueux des mares.'

Il est vrai qu'une certaine jeunesse belge d'alors aimait à cultiver la décadence symboliste… Prémonitoire, ne faisait-elle qu'anticiper la destinée de ce bizarre pays ?

Bien cordialement.

V.S.

Hécate 08/03/2009 14:05

Bonjour LuCie,c'est très plaisant de partager un instant de poésie quand un écho y répond.C'est sans doute incomplet ce que j'ai tenté d'écrire sur Gilkin mais c'est avec le plus d'élan et le plus de sincèrité que je l'ai fait et si cela vous touche j'en suis heureuse comme je le fus de découvrir sur votre blog très raffiné un de ses poèmes. C'est très beau ce que vous faites sur "Fleurs du Mal", donc très tentant d'y revenir.
J'espère de mes autres textes qu'ils vous plaisent, du moins que vous y trouviez matière à rêver, quelque soit la nature du rêve...
A bientôt alors!...
Hécate

LuCie 08/03/2009 11:39

Bonjour Hécate,
Après votre passage sur Fleurs du Mal, je suis donc venue voir votre article sur Gilkin; Bravo, c'est très complet et tellement bien raconté.
Ce poète est mal connu, bien que ses oeuvres soient très influencées par les Baudelaire.
Je vois aussi un article sur Lautréamont, autre influence de Gilkin. Je m'empresse d'aller le lire. Et le reste aussi. Je reviendrais.
Bonne journée.
LuCie

Hécate 08/03/2009 09:10

Cher Peregrinus les portes que l'on pousse sont celles qui nous attirent plus ou moins inconsciemment. Que le reflet soit troublé est du domaine de la réalité.
Du doute et de la confusion naît la certitude de ne posséder qu'une infime partie des choses qui nous concernent quand elles nous arrivent...Le carrefour n'est-il pas le lieu où s'orienter vers la meilleure direction?
Le poème deW. Müller mis en musique par Schubert illustre mon propos:
"Pourquoi évité-je la route
Que prennent les autres voyageurs?
Est-ce un sentier caché que je cherche sur ces escarpements enneigés?
....
Je dois prendre une route dont nul homme encore n'est revenu."
Le roman de R. Alexis "La véranda" datant de 2007 il sera certainement plus simple de le commander si vous tenez à le lire, les librairies ne renouvellent guère hélas les parutions qui ne pulvérisent pas d'emblée les ventes; j'avoue avoir eu la chance en achetant "La robe" de retrouver une semaine plus tard cette" Véranda" qui semblait m'avoir attendue!...
En ma ville de Touraine les vraies libraires se font rares, notre époque est difficile pour l'indépendance d'expression .Corti est une édition comme il n'en existe plus ...une survivance à savourer le plus longtemps possible.
Merci de votre visite.Bien à vous. Hécate

peregrinus 08/03/2009 01:09

Merci de m'avoir fait découvrir ce poète dont j'ignorais tout.
Les portes que vous entrouvrez semblent donner sur d'autres mondes à la fois étranges et familiers, reflets troublés et troublants de la réalité dont les distorsions, si infimes soient-elles, sèment les graines du doute et de la confusion...

Bien à vous.

gertrude 01/03/2009 13:36

Merci de votre réponse qui va (dans l') au-delà de ce que j'espérais..
Je savais, ma Soeur, que nos vieux os étaient destinés à se rencontrer aux détours des mêmes lieux magiques .

Mais dites-moi que votre plume chatoyante de Corbeau ne s'arrête pas à l'éloge des jardiniers, aussi géniaux soient-ils, et qu'il vous arrive d'écrire aussi pour vous, ténébreux oiseau...

Hécate 01/03/2009 18:52


Nos vieux os le sont moins que nos âmes, eux se patinent avec une élégance que nous ne pouvons que leur souhaiter, nos âmes se parent d'immatérielles atours que seul un esprit exercé peut
apercevoir, ainsi vêtue je daigne vous apparaître et volontiers je viens de ma plume virtuelle vous répondre puisque vous pensez à moi et vous interrogez sur mes actes inavoués...
 oui, certes ma plume emprunte d'autres détours en des vols qui sont , disons-le des vices de ma nature initiale puisque possédée par le démon de l'écriture j'écris depuis presque
toujours...
Cela vous va-t-il ma Soeur?
                                         
Votre Hécate


Callophrys 01/03/2009 12:17

complete decouverte!!!! à creuser...

Hécate 01/03/2009 13:02


Ah! Callophris quel plaisir de vous découvrir captivée par ce qui enchante mon âme!
Iwan Gilkin est à connaître, il est comme bien  d'autres obcurs auteurs, porteur de tant de mots, sans lui Lautréamont nous serait-il parvenu ?
 Sa souffrance ne fût pas veine puisque on se penche encore sur ses vers reflets de sa vie.
 Merci d'être avec moi aujourd'hui.
                            Sincèrement.
                                               
Hécate


gertrude 01/03/2009 11:45

Vous allumez une mèche sous le cœur explosif d'un crâne; je sens que ce dernier ne va pas résister à tant d'émotion!
Mais qui êtes vous donc, Hécate?

Je peux voir à présent où mènent les sucreries et les boites de couleurs...
Quel destin terrible par le trou de serrure torturé, rêvé par Isidore, jardiné par Baudelaire..

Merci de ce partage.

Hécate 01/03/2009 12:51



C'est par l'émotion et rien d'autre que je me sens exister; aussi suis-je placée au carrefour, guetteuse attentive et ainsi j'attends qui saura m'apercevoir de là où je sommeille... Mon âme est
une fleur qui s'épanouit dans les jardins insolites de tous genres: ruines, cimetières où sont peut-être enfouis mes vieux os rongés par l'implacable oubli de vies disparues hélas dans quelque
abîme du temps...Toujours renaîssante au moindre signe comme vous le constatez dans l'effervescence d'un partage tel un phénix où  joue tous les prismes des noirceurs étincelantes je
m'élance dans les lumineuses ténèbres...
  Espérant vous avoir au mieux répondu je ne puis qu'ajouter mes remerciement aux votres.
                                                                                      
Hécate



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