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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 08:39

En hommage à Jean Genet le grand coup de cœur de mes 16 ans en entendant pour la première fois le superbe poème...

« Le condamné à mort »

 

      Jean Genet

 
     Ecrivain, dramaturge, poète, auteur célèbre pour la beauté violente et éblouissante de ses œuvres tel que «  Miracle de la Rose », « Notre Dame des fleurs », « Querelle de Brest », « Les Bonnes », « Les Paravents », « Les nègres » et d’autres encore, Jean Genet est connu pour ses liens avec d’autres grands noms du monde littéraire et artistique : Cocteau ; Marguerite Duras ; Sartre ; Giacometti.

 

 «  - Vous êtes un très mauvais voleur, mais un très bon écrivain » lui fût il dit, car nombreuses furent ses condamnations pour vols, et nombreux ses séjours en prison.



     Sa vie commence le 19 décembre 1910, dans un hôpital public. Enfant de l’assistance, il restera, jusqu’à l’âge de vingt et un ans pupille de l’état.

     C’est à cet âge qu’il obtient un acte de naissance et découvre le nom de sa mère. Quand il tente d’en s’avoir plus, on refuse de le renseigner. Il peut seulement découvrir que sa mère l’avait gardé pendant 7 mois avant de l’abandonner.

 

         Confié comme c’est la coutume à des parents nourriciers dans le Morvan, il passe auprès des autres enfants pour un citadin, voire un dandy. Il sait que parvenu à l’age de 13 ans, limite inéluctable, il devra quitter son foyer d’accueil.

         Très vite la lecture devient sa passion. Il emprunte des livres à la bibliothèque : Victor Hugo, George Sand. Il adore aussi les feuilletons de Paul Feval, et les romans populaires.

Soixante ans après, ses camarades de classe d’alors se souviennent qu’il chapardait déjà des plumiers, des crayons, de petites choses, mais ne gardait rien pour lui. Il était réservé, solitaire. Son plus grand plaisir, lire. Même pendant la récréation dans la cour, il lit accoudé à un muret.

 
     Ce qui marquera particulièrement Jean Genet, ce sera son séjour à la colonie pénitentiaire de Mettray. Après maintes péripéties, René de Buxeuil qui est aveugle, compositeur et chansonnier Parisien se trouve à le prendre à son service. Genet a 14 ans à ce moment. Un jour, il revient après avoir dilapidé l’argent des commissions. René de Buxeuil porte plainte. Ce sera la prison. Après 45 jours de détention, il arrive, menottes aux mains à Mettray.








                             Jean Genet à seize ans, 
                                    colon à Mettray en 1927
 

Pas de mur, des haies de laurier, des bordures de fleurs, mais une discipline de fer, terrible.

Lever à 5 heure du matin l’été, 6 heure en hiver. Tout est réglé, 8 fois par jour la prière, même l’heure pour aller aux toilettes est déterminée et limitée.

Un travail intense (13 heures par jour) aux champs l’été et l’hiver à la carrière de pierre ; d’autres sont aux ateliers : maçons, forgerons, cordonniers.

Une heure seulement pour l’étude. Ils sont nombreux à souffrir de faim, un garçon meurt pour s’être bourré d’avoine et de foin destinés aux vaches, certains se mutilent pour aller à l’infirmerie. Interdiction de parler pendant les repas.

 

Si un garçon est surpris à se masturber, il est condamné à huit jours de quartier de discipline. Vingt kilomètre par jour à tourner en rond dans la cour. Sur deux ans passés à Mettray, Bernard Coffler entré à la même période à Mettray que Jean Genet,  passera une année à tourner en rond ainsi ! pour faute d’obéissance.

 

Jean Genet dira que paradoxalement dans cet enfer, il était heureux. D’abord, jusqu’ici Genet s’est senti un marginal, un voleur, un rêveur, un liseur, un enfant trouvé. A Mettray, pour la première fois, il est accepté par les autres. Il n’est plus le garçon efféminé méprisé, mais une beauté convoitée par les colons. Sans un caïd, un protecteur, à la colonie pénitentiaire, impossible d’échapper aux sévices, aux viols collectifs même.

 

 Dans le journal du voleur il écrit :

 

     [ Quand j’étais à la colonie pénitentiaire de Mettray, on m’ordonna d’assister à l’enterrement d’un jeune colon, décédé à l’infirmerie. Les fossoyeurs étaient des enfants. Après qu’ils eurent descendu le cercueil, je jure que si un croque mort, comme à la ville, eut demandé : « La famille » je me serais avancé, minuscule, dans mon deuil. ]

 

         Genet tire une fierté sombre et ardente de son appartenance avec les hors-la-loi. Il est chez lui. Durant un an, à Mettray, sa conduite est exemplaire. Placé comme ouvrier agricole chez un cultivateur, il s’enfuit pour gagner Paris. Il fait très froid.

Le 8 décembre 1927, dans le journal local « La France du Centre » un entrefilet parait :

 « Jean G… 16 ans évadé de la colonie de Mettray a été arrêté, rue Nationale et inculpé de vol d’une couverture. Il a été déféré au parquet. »

Pour le punir de son évasion, à Mettray il est mis au cachot. Des murs noirs sur lesquels peints en blancs, ces mots sont là, sous ses yeux : « Dieu te voit .» Un grand nombre d’enfants enfermés dans cette cellule, glaciale, nus et aspergés d’eau froide, en mourraient.

 
     Genet s’évade à travers les rêves, nourris par la littérature. C’est à cette époque qu’il découvre Ronsard, dont presque tous connaissaient au moins un sonnet par cœur. Toute sa vie, toute son œuvre ne sera alimentée que par Chateaubriand, Racine, Dostoïevski ou des magazines comme « Détective » ou des romans d’aventures signés Gustave Le Rouge, Xavier de Montépin, Ponson du Terrail. Des classiques ou des fadaises, évitant la littérature ordinaire, volontairement.

Il revendique hautement ce qu’il est. C’est un révolté fier. Faible devant la beauté d’un regard, d’un geste, ému à en pleurer. L’écriture est en lui, fantasme inoculé à Mettray qui, plus tard idéalisé, transparaîtra dans ses livres ; et tout de lui sera transposé, entremêlé, les êtres rencontrés, son propre vécu, brouillant les pistes à loisir, mais jamais pour minimiser ses actes, par une sorte de farouche pudeur jusque dans l’impudeur même.

 

     Mettray fut si dur, qu’il n’hésita pas à contracter un engagement volontaire de deux ans à l’armée pour s’y soustraire. Il avait 19 ans.

 

      La colonie pénitentiaire de Mettray sera fermée 10 ans plus tard, dénoncée par la presse pour les souffrances physiques et la corruption morale qui sévissaient dans ces prisons d’enfants, ces maisons de supplices.

 Des noms de surveillants sadiques furent mentionnés. Le but majeur de ces colonies ; fournir à l’armée, les pensionnaires de Mettray ; et procurer à l’agriculture une main d’œuvre gratuite.


    

















 Jean Genet à 36 ans.

      Jean Genet écrivit son célèbre poème « Le condamné à mort », en prison à Fresnes et qui fût mis en musique et chanté par Hélène Martin par la suite.

 

     Il raconta, selon Sartre que parmi les détenus, l’un d’eux faisait des poèmes à sa sœur, poèmes pleurnichards idiots qu’ils admiraient beaucoup « - A la fin, agacé, je déclarai que je pourrais en faire autant, ils me mirent au défit et j’écrivis « Le condamné à mort ». Railleur, un des détenus lui dit après avoir entendu la lecture du poème  inspiré par Maurice Pilorge.

     « Des vers comme ça, j’en fais tous les matins ».

 

     Maurice Pilorge jeune assassin de 20 ans, mort la tête tranchée avec l’élégance d’un dandy.

Alors que le bourreau le bousculait, il répliqua :

     « Si vous êtes pressé, prenez ma place, voulez-vous ».

 

     Et juste avant d’être décapité, il avait donné sa montre à son avocat.

 « Vous pouvez la porter sans crainte d’être contaminé et merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vous méritiez un meilleur client ».

 
     Pendant le procès, Pilorge avait adressé des sourires et des grimaces à la foule, et déclaré en apprenant la sentence :

     « Enfin, maintenant on ne peut plus me refuser de cigarettes. La vie est belle. »

 

     « - J’ai dédié ce poème à la mémoire de mon ami Maurice Pilorge dont le corps et le visage radieux hantent mes nuits sans sommeil », déclare Genet dans la postface du « Condamné à mort ».

 

 

Le condamné à mort

(extrait)

 

SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou

Que ma main plus légère et grave qu’une veuve

Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,

Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

 

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,

Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.

Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,

Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

 

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,

Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire

Accueillir la rosée où le matin va boire,

Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

 

O viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !

Visite dans sa nuit ton condamné à mort.

Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,

Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

 

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.

Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.

On peut se demander pourquoi les Cours condamnent

Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

 

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !

Traverse les couloirs, descends, marche léger,

Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger,

Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

 

O traverse les murs ; s’il le faut marche au bord

Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,

Use de la menace, use de la prière,

Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

 

 

 

PARDONNEZ-MOI mon Dieu parce que j’ai péché !

Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,

Le mal de m’envoler du beau pays de France,

N’est-ce assez, mon Seigneur, pour aller me coucher.

                   Trébuchant d’espérance

 

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige !

Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier.

C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié :

Gloire au plus haut du ciel au dieu qui me protège,

                   Hermès au tendre pied !

 

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,

Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,

Les angelots de laine en chaudes houppelandes,

Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils

                   Sur d’immobiles landes.

 

Ce n’est pas ce matin que l’on me guillotine.

Je peux dormir tranquille. A l’étage au-dessus

Mon mignon paresseux, ma perle, mon Jésus

S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine

                   A mon crâne tondu.

 


Hécate. 

 

 

 



      


    

 

 

   

 

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Published by Hécate - dans Essais
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commentaires

papyanar 05/09/2012 16:53


Merci de ton hommage à un maître,un très grand,trop souvent ignoré.


 


Je te querelle un bisou!


papyA.

Hécate 06/09/2012 19:42



Bonsoir PAPYANAR


Genêt un grand coup de coeur pour moi.


Me quereller un bisou, joliement dit !


                        Merci de ta visite. Au plaisir d'une
prochaine?...


                                                                                           
Hécate



aiolos 08/04/2012 19:57


Couvre-moi de lumière...

Hécate 08/04/2012 20:13



oui.............


Toute la lumière des clairs de lune ...


                                                  
Hécate-Du-Carrefour



Jackie 04/04/2012 07:43


Merci pour cet hommage à ce très grand poète à la vie particulièrement tragique.


Jai beaucoup aimé le livre de Lydie Dattas à son sujet : " La chaste vie de Jean Genet".


Belle journée

Hécate 04/04/2012 10:15



Bonjour JACKIE ,  oui un grand poète ,un destin exceptionnel  .Je n'ai pas lu le livre de Lydie Dattas .Certainement très intéressant .Beaucoup de poètes liés au Romanès .


Merci de votre venue chez moi . Au plaisir d'une autre rencontre peut-être.


                                                                                                   
Hécate



johan 17/02/2012 20:27


Moi je lui ai simplement demandé de danser avec moi!


 

Hécate 17/02/2012 23:07



 JOHAN danser ainsi ...quand l'heure n'est pas venue ...


J'ai choisi de porter cette poésie ...Ce jour j'en tremblai...Le silence ...et des larmes ...


                                                                                                
Bien amicalement vôtre


                                                                                                                                    
H


 



apsara 12/09/2011 13:39



c'est le moins que l'on puisse dire!!c'est même carrément invivable!



apsara 04/09/2011 17:33



le plus important c'est d'être en accord avec soi-même!



Hécate 12/09/2011 12:20



oui ,mais ce n'est toujours  le confort dans les rapports avec les gens ...:)



apsara 03/09/2011 13:48



idem pour moi hécate,je ne laisse personne indifférent!j'en étais complexée,malheureuse;j'en deviens fière!


j'attends ton texte flamboyant...



Hécate 03/09/2011 15:42



...J'en ai souffert . Mais comme toi à présent je m'en réjouis ! ...


Il va venir ce texte ...Je le prépare ,j'y réfléchis ...


                                                                            
A bientôt...


                                                                                             
H



apsara 01/09/2011 10:59



sans doute!!!mais devant les blancs,je meurs de peru,trop cruels ces gens,ils sont capables de tout;les bien pensants!


je t'admire,jamais je ne serais capable d'aller sur scène!ma présence ne déclenche que passion;amour ou haine...



Hécate 01/09/2011 11:05



C'est comme dans la vie ,soit on m'aime ,soit on me déteste ...Rien qu'à passer dans la rue ,un regard est amical ou haineux . C'est ainsi !!!


                                                           
H



apsara 30/08/2011 19:15



Tu fais du théâtre??Quel courage...je serai morte de trac!



Hécate 30/08/2011 19:25



J'ai arrêté la scène ...


C'est du silence et de la solitude qu'est née ma voix ....:)


Le trac ,c'est nécessaire ,si tu n'en as pas  c'est que tu te crois quelqu'un .Et être sur scène ,ou devant des spectateurs c'est être transcendé ! ( j'ai passé des heures couchée
,angoissée  à ne pas tenir debout ,mais après quand ça "passe" avec ,ne serait-ce que quelques personnes ,c'est fantastique !!!!)


                                                                                                                                              
H



apsara 26/08/2011 18:05



tes goûts n'ont pas du plaire à tes proches!...ils me plaisent beaucoup à moi!



Hécate 26/08/2011 19:21



Certes non ! Mais Genet je l'ai porté avec ma voix ,tremblante d'émotion ...J'ai fait pleurer une femme parmi les spectateurs ...elle m'a dit :merci .Merci à toi d'être là 
:) 


                                                                                          
Hécate 



french onion 02/12/2010 21:36



Quelle enfance misérable et difficile il a eu !


Son poème est magnifique . Vraiment.



Hécate 04/12/2010 11:52



Tu me fais plaisir French onion en venant lire mon billet sur Genet ,j'ai eu un tel coup d'émotion avec ce poème !...Et ,au cours des années ,j'ai eu envie d'en connaître
d'autres .


Je suis née  et habite non loin de la colonie pénitentiaire de Mettray( quelques km) ,il y a encore quelques pavillons .


Le 3 décembre 1940 ,pour le vol de livres d'histoire et de philosophie ,il est condamné à quatre mois de prison !...Sa vie est jalonnée de vagabondage et de séjours en prison
...


Une enfance terrible ,oui...Il fallait qu'il ait la poésie dans l'âme ,et  l'amour des livres . 


                                                                                                                                            
Hécate


 



Guern' de Bé 02/12/2009 13:40


J'ai retrouvé le nom du chanteur : c'est Etienne Daho. Mais sa version est introuvable, c'est dommage, parce qu'elle était étonnante...En tout cas, j'en garde un excellent souvenir. Je voulais
acheter le disque, mais sa maison d'édition m'a dit qu'il ne l'avait jamais enregistrée...


Hécate 02/12/2009 16:14



ah! je ne savais pas...C'était dans un concert ?...Merci quand même ,Guern' 
                                                    C'est
un temps lugubre aujourd'hui ...ici.
                                                                                       
Amicalement
                                                                                                                
Hécate



Guern' de Bé 30/11/2009 14:08


Bien sûr que je savais qu'il avait fait de la prison...c'est même une de ses caractéristiques. Il n'y en a pas tant que ça, des écrivains qui ont fait de la prison. Sade à la Bastille...et puis je
crois que c'est tout.
Il y a un autre chanteur, plus récent, mais j'ai oublié son nom qui l'a aussi chantée, mais il ne l'a jamais publié. Sa version était aussi très intéressante. Je vais essayer de retrouver son
nom...si Alzheimer veut bien me lâcher !


Hécate 30/11/2009 15:32



Alzheimer...si c'était si vrai que ça ,même ce mot là prendrait la poudre d'escampette !!!
En parlant de prison ,si  il y en d'autres ,du reste je pense écrire là-dessus dans d'autres billets sur le fil ...Ce sera une cure ,pour votre Alzheimer ,très efficace  !!!! (déjà ,il
faut arriver à écrire ce nom !!!   :)
Le Divin Marquis ,c'est évident que étant donné le nombre d'années passées en prison...
Vous êtes un rien coquette et coquine ,Guern' de Bé  !!! 
Attention : je vais vous faire chanter l'air des bijoux ,si ,si...:)
                                                                                                                     
votre Hécate






Guern' de Bé 25/11/2009 11:16


J'ai été une grande fan de Genêt, adolescente. Et "le condamné à mort", je l'ai écouté en boucle à une époque, chanté par Marc Ogeret...C'est magnifique...
Ton article est très intéressant, comme d'habitude. Je connaissais sa vie dans les grandes lignes, mais pas tous ces détails sur la prison...


Hécate 25/11/2009 15:20



Comme moi donc , puisque tu viens de lire mon billet sur Genêt...J'ai lu ce poème lors d'une journée littéraire dans un jardin en aout ,parmi une foule venue là ,pour moi ,pour
d'autres aussi...J'avais si peur de trahir la beauté de ce poème que j'en ai eu les jambes molles et tremblantes,là ,tout à coup...ah! ça me reste ça !...Et aussi ,cette femme sur un banc qui
avait les larmes aux yeux,elle découvrait Genêt ,et elle était bouleversée.

Genêt a beaucoup écrit ,et il parle aussi des prisons. Mettray est peu loin de là où j'habite ,c'est étrange de passer devant cette ancienne maison de redressement,et de se dire : il y était
!!!
           Merci  Guern'n de Bé ,ça me fait chaud au coeur de savoir que ce "Condamné à mort"  est aussi ,un souvenir partagé 
:)
                                                  
Amitié d' Hécate


 



Memory 12/09/2009 17:20

Je connais quelqu'un qui adore ce poème. Etant curieuse j'étais allée le lire. Il est bien, et son écriture est superbe, mais.. Il ne m'avait pas marquée. Pourtant il est joli, je ne peux le nier. Mais il ne m'a pas marquée comme d'autres.

Hécate 12/09/2009 22:21


On ne peut pas être sensible à tout...Pour moi, il m'a donné le frisson quand je l'ai entendu chanter...Et cette émotion m'est restée,toujours prête à renaître.Lors des lectures d'été de
poésies et de littérature ,je l'ai lu dans un jardin au micro...une femme a pleuré, d'autre sont venus écouter en silence,il n'y avait que le chant des oiseaux et des enfants plus loin
qui jouaient...
                                                                              
Amicalement.Hécate


Hecate 07/06/2009 12:03

Amélie qui m'envoyez ce superbe texte,qui êtes-vous? Votre nom ne fait pas de lien,et je ne sais comment vous joindre...Si vous revenez et lisez ceci, si vous pouviez me laisser une piste...
Merci infiniment de cette trace si bellement écrite de votre passage sur le fil d'archal.
Hécate

amélie 07/06/2009 09:52

Funambule clairvoyant, sur ce fil qui rayonne,
Tu montes et tu descends le long des pluies de joies.
Quand soudain l'orage tonne et éclair violament
Ton visage peint de blanc et ton regard de borgne
Fait de points et de poie.

Tu files a grande allure,vers un autre univers.
Celui de la lecture.
Figée une sculpture, te tend son oeil de vers.

Ecarlates joues remplies, de larmes et de soucis,
Ta course peut s'arreter, te voila dans un pré,
Où alors investi, de notre fantaisie, t'immaginer petit.

Tu peux te reposer, ce temps t'a fait tomber

Hecate 01/06/2009 16:04

Fethi,que tu sois venu me laisser un commentaire sur GENET me fait un grand plaisir...il a combattu pour la Palestine aussi.
Amicalement.Hécate

Fethi 01/06/2009 15:56

Un grand écrivain qui a beacoup lutté pour l'indépendance de l'Algérie!

Dane 03/05/2009 08:40

Merci Hécate pour ces précisions sur ce poème terrible et en même temps tellement ancré dans la réalité sans chichi ni blabla, un homme qui sait qu'il va mourir prend du recul par rapport à la vie....Dans ce cas, la situation est autre mais il reste tout de même très conscient et ce qui donne cette force à ce texte.
Belle journée à toi

Hécate 14/03/2009 22:31

Cher Peregrinus pour ce beau moment d'émotion, merci .A vous espèrer quelque jour à nouveau sur" le fil d'archal"...
Hécate

peregrinus 14/03/2009 18:48

Voici que j'ai trouvé le disque de J DOUAI auquel je faisais référence :
- Le condamné à mort
http://www.deezer.com/track/2149086
- Je suis plus près de toi
http://www.deezer.com/track/2149085
Bien à vous.

Humanimalités 13/03/2009 08:19

Le respect, une vertu certes, mais seulement si son objet en est vraiment digne. Il existe, en effet, une forme de respect, faite de conformité sociale ou de soumission aux hiérarchies qui relève purement du dressage. Lorsqu'il justifie une obéissance sans réflexion, sans discussion, le respect est la porte ouverte à l'irresponsabilité et à l'inhumanité. Avec Jean Genet il s'agit, au contraire, d'une prise de conscience qui me fait "reconnaître l'humanité dans la personne d'autrui comme en moi-même" selon Kant ou "le visage de l'autre qui m'oblige". Ce respect-là est retenu, suspension de l'acte insolent, blasphématoire, violent ou destructeur. Mais qui décide de ce qui a de la valeur ? Par cette question, nous voilà renvoyés aux racines mêmes du problème moral.

Hécate 13/03/2009 21:35



Genet disait:"-je m'intéresse essentiellement à la nature de la réalité morale et j'essaie de garder un regard neuf sur les choses. En rejetant
systématiquement ce qui est généralement admis, j’essaie d'éviter de tomber dans les habitudes. Les sceptiques font bien de tenir la tête au-dessus de l'eau, il faut que les poètes se protègent
le coeur, mais cela n'empêchera pas leurs émotions de se refroidir au contact de la société".
       



gertrude 11/03/2009 21:34

Hécate, vous êtes-vous perdue dans les oubliettes de la toile de Gertrude?
Pardon...

Hécate 11/03/2009 20:52

Bien sûr ...Gertrude le détachement est de rigueur pour qui assiste à un tel décollement.
Hécate

gertrude 11/03/2009 19:54

Je le préfère moins innocent qu'en communiant.

Ceci dit ce n'était qu'une réflexion subsidiaire.
Le commentaire principal est au-dessus car le crâne est bien loin de telles préoccupations charnelles (bien loin de son corps probablement)

Hécate 11/03/2009 19:10

Cher PEREGRINUS j'aimais beaucoup Jacques Douai et la poésie de Luc Bérimont aussi, vous me renvoyez aux heures du passé. Quelques vers de lui ( pas de mémoire comme vous):
"Regardez-moi passer
Ah! que je gagne enfin la terre pourrissante
Avec la feuille de l'été
Avec la douce pomme pourrissante
Avec le garenne et le geai
La douce, douce terre pourrissante
Où cognent sourdement la source et la forêt"
Merci de ces réminiscences , empruntes de votre passge...A une autre fois alors.
Hécate

Hécate 11/03/2009 18:47

Ah! Gertrude, oui , et il était beau aussi en premier communiant, un ange!
Si la rencontre avait été possible, vous aurait-il dit comme à Leonor Fini qui le fascinait en tant que peintre, sibylle et pythonisse ? "-Je vous souhaite, Madame, d'immenses difficultés...Si votre flore est copiée, votre faune est inventée".
Si c'était là une consolation, mais j'en doute un peu. Naître au bon moment? Tout le Destin est là!...
Votre Hécate

peregrinus 11/03/2009 12:14

Extraordinaire poème de Genêt !

Je l'ai découvert il y a fort longtemps, par la voix de Jacques Douai... C'était un vieux disque vinyl que j'avais emprunté à mon père ; y figurait également un texte de Luc Bérimont que je trouve absolument fascinant et dont je vous soumets les quelques vers qui me reviennent à l'esprit :

Je plante un arbre sec dans le ventre du feu
La mèche usée du jour charbonne sous la pluie
Laisse les bruits du soir, j'entends rentrer les bœufs
La pendule a moulu des minutes de suie

L'hiver est un roi mort empenné de corbeaux
Il ouvre il m'attendait il me rit comme un frère
Les chambres sont pavées d'un damier de vieux os
L'âge que j'ai ce soir pèse comme une pierre

Bien à vous.

gertrude 11/03/2009 12:05

J'ai oublié:

Je le trouve très beau à 36 ans.

Je suis encore née trop tard...

gertrude 11/03/2009 11:59

Quelle obscénité que la décapitation!
Mais les affres que provoquent son évocation me vont droit au cœur absent (je ne suis qu'un crâne).
J'ai toujours été décapitée et vibre avec ceux qui vont l'être.
J'aime que ma tête puisse être détachée de son assise et soumise à une révolution perpétuelle. J'aime l'émotion qui ravage mes illusoires stabilités.


La poésie échappe aux printemps et les femmes à la Journée.

Belle journée printanière, Grande Sorcière.

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