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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 15:43

rossetti.jpg






Les préraphaélites

 

Peintres et Poètes

 

UN ART DE VIE…

                    { 2 }
















        L'ami de Rossetti, le poète Algernon Charles Swinburne   (1837 – 1909) est le dernier à avoir vu Elizabeth Siddal vivante.

Né à Londres en 1837, il déclenche un scandale lorsqu'il publie "Poèmes et Ballades" en 1866. La société anglaise se choque, la critique se fâche. Les insultes pleuvent sur le poète de 29 ans.

 

        Douleur, volupté, désir de fusion, panthéisme et fatalité sont les thèmes de sa poésie influencée par la forme de la ballade, du sonnet ou du rondeau. Mais les censeurs exagèrent ; le poids de l'orgueilleuse société victorienne est terrible !

 

        Le puritanisme règne, les ouvrages religieux dominent et eux seuls ont le droit de parler de l'amour mystique et de la mort. La haute bourgeoisie se cache pour lire des romans !

 

         Algernon-Swinburne.jpgSwinburne, c'est Riquet à la houppe sans princesse. Enfant pâle, petit, fluet, avec une tête disproportionnée surmontée d'une exubérante touffe de cheveux rouges, il passe les onze premières années de sa vie dans l'île de Wight.

 

        Ses relations avec son père sont médiocres, par contre, il éprouve pour sa mère une véritable fascination. Cultivée, elle lui enseigne le français et l'italien. Autoritaire elle interdit la lecture de Byron, et, celle de Shakespeare en version expurgée est la seule autorisée.

  

        Principalement entouré de femmes, en dehors de la lecture, ses occupations sont promenades et baignades. Il montre envers les vagues, une intrépidité qui lui vaut d'être surnommé "la mouette", et manque de se noyer de nombreuses fois.

 

        A Eton, il subit le traditionnel châtiment corporel de l'éducation anglaise. D'abord battu par le vent, puis battu par le fouet, humilié de ne pouvoir entrer dans l'armée, une étrange révolte le dévore.

 

        A 24 ans il découvre ce qu'il appelle ses lectures essentielles : Baudelaire, le Marquis de Sade. Il traduit Villon, lit Pétrarque et Boccace.

" –  Je défends l'art pour l'art contre la rigueur morale", dit-il.

 

        Il trouve refuge et amitié auprès des préraphaélites Rossetti, Millais, Hunt, qui sont eux aussi en rébellion contre l'académisme en vogue.

 

        L'alcool, les mauvais lieux où il cherche quelques parodies d'amour, errant la nuit avec un Rossetti devenu tourmenté et amer, altèrent sa santé. A 43 ans il est muré dans la surdité. Sauvé de justesse par un ami, il quitte Londres, la capitale de sa perdition.

 

        Lorsque ses derniers écrits paraissent, c'est dans l'indifférence générale, mais ils suscitent l'admiration de Verlaine, de Verhaeren. Maupassant préface ses poèmes  traduits en français, et Oscar Wilde proclame qu'il est le seul anglais à avoir lu Balzac.

 

 

 

                         ALLIANCE

 

Algernon Charles SWINBURNE.

(1837 / 1909)

 

Si l’amour était semblable à la rose,

    Et si j’étais comme une feuille,

Nos vies croîtraient ensemble,
Que le temps soit triste ou chantant,
Dans les prairies venteuses, dans les enclos fleuris,

    Que le plaisir soit vert, que le chagrin soit gris ;

Si l’amour était semblable à la rose,

    Et si j’étais comme la feuille.

  

Si j’étais semblable aux paroles,

    Et si l’amour était mélodie,

A deux voix, dans une seule

Félicité nos lèvres se mêleraient,

Et nos baisers seraient heureux comme les oiseaux

    Qui, à midi, jouissent d’une douce pluie,

Si j’étais semblable aux paroles,

    Et si l’amour était mélodie.

 
Si tu étais la vie, mon aimée,

    Et si moi, ton amour, j’étais la mort,

Ensemble nous serions neige et soleil,

Avant que mars n’offre au temps

Le narcisse, le sansonnet suaves

    Et le souffle fécond des heures,

Si tu étais la vie, mon aimée,

    Et si moi, ton amour, j’étais la mort.

  

Si tu étais serve du chagrin,

    Si j’étais page de la joie,

Nous jouerions des vies et des saisons durant

Avec regards amoureux et perfidies,

Larmes du soir et du matin,

    Ris de jeune fille, de jouvenceau,

Si tu étais serve du chagrin,

    Si j’étais page de la joie.

   

Si tu étais dame d’avril,

    Si j’étais seigneur en mai,

Nous déploierions des feuilles des heures durant

Et, des journées entières, ferions moissons de fleurs,

Jusqu’à ce que le jour s’enténèbre comme la nuit

    Et que la nuit resplendisse comme le jour,

Si tu étais dame d’avril,

    Et si j’étais seigneur en mai.

 

  Si tu étais reine du plaisir,

    Si j’étais roi de douleur,

Ensemble nous irions chasser l’amour,

Pour arracher les plumes de ses ailes,

Régler son pas,

    Et brider son bec,

Si tu étais reine du plaisir,

    Et si j’étais roi de douleur.

 

        Swinburne et Rossetti sont attaqués avec une virulence qui peut faire sourire aujourd'hui, par un poète écossais malchanceux et aigri, Buchanan.

 

        Avec dégoût il condamne Rossetti et les préraphaélites par deux adjectifs : "maladifs" et "efféminés".

 

        Sacrilège : les baisers qui prolifèrent dans les poèmes de Rossetti ! L’un de ses sonnets ne se termine-t-il pas ainsi :

-        "Et dans un baiser sa bouche devint son âme."

 

        Rodin très proche de la sensibilité de Rossetti, taillera dans le marbre la célèbre sculpture "Le Baiser". Beaucoup d'autres artistes suivront ce thème.

 

        Mais pour le puritain Buchanan, Rossetti "est pornographe, exhibitionniste et … esthétique ! " Ce qu'il estime la suprême insulte.

 

        Buchanan dans sa rage, dénonce les ravages causés par l'influence de Baudelaire, "ce véritable fils de Méphistophélès."

 

        Ce pervers n'a-t-il pas traduit Edgar Poe ! N’est-ce pas là le signe d'une nature malade.

 

        Et Gautier qui préface "Les Fleurs du Mal" est mis dans le même sac. Swinburne a voulu surpasser Baudelaire, Rossetti a illustré Poe. Ils appartiennent donc à la même race pernicieuse. Baudelaire est leur parrain ! (Miraculeusement William Morris est épargné).

 

        Au passage il déplore les répugnantes héroïnes des français : vampires, chattes ou femmes - chats qui ont contaminées les poètes anglais.

Le français est bien la source du chancre qui dévore la nation anglaise. Buchanan est persuadé de mener une campagne de salubrité publique. Il a pourtant pratiquement disparu de la plupart des dictionnaires.

 

        Rossetti néanmoins, sera profondément affecté par ses attaques dans la presse durant les dernières années de sa vie. Ses yeux faiblissent, il craint de perdre la vue et ne peint plus que des aquarelles.

 

        Avant de mourir, un soir d'avril, lors d'une belle journée, affaibli nerveusement et malade, il avait dit à sa sœur Christina :

- "c'est beau – le monde et la vie elle-même – je suis heureux d'avoir vécu."

 

 

        Oscar_Wilde.jpgDéterminé par l'univers préraphaélite, Oscar Wilde (1854 – 1900) dandy anglais, écrivain poète, conférencier, veut faire une place à la beauté dans le rigide monde victorien.

 

        Disciple de Morris, il dénonce la laideur industrielle qui détruit les paysages et produit des objets de laideur. Il va désormais  mettre son succès, son intelligence insolente, ses talents de conteur au service d'une réforme militante.

          Wilde se fait professeur de beauté ! 
Pour lui, la vie se doit d'imiter l'Art.

 

          A Paris, il découvre les décadents, le symbolisme et bien sûr les toile de Gustave Moreau. (1826 – 1898) 

          Ne voilà-t-il pas qu'on reproche à Gustave Moreau d'être trop littéraire pour un peintre ! Il se fait traiter d'illuminé avec les femmes fatales vêtues de gemmes et d'orfèvrerie qui hantent ses tableaux !

 

          Influencé par les miniatures persanes et les émaux du Moyen-Âge, son œuvre, à la fois mythologique et onirique est une révélation qui correspond aux fantasmes de l'époque.

         

          Chez Moreau qui vécut avec sa mère jusqu'à l'âge de 58 ans, la sexualité est sublimée par le rêve ; la chair n'est pas uniquement source de volupté, mais tristesse.

 

          Somnambulique, nue ou couverte de bijoux, comme chez Baudelaire, la femme apparaît dans une séduction de fatalité.

 

          Les critiques ont réussi à attirer les foules au salon de 1876 : plus de cinq cent mille visiteurs viennent voir "Salomé" et "l'Apparition". Il est le phénomène du moment.

 Gustave-Moreau-Salom-.jpg                                                                   




         Zola écrit :


        "Gustave Moreau a dédaigné la fièvre romantique, il s'est lancé dans le symbolisme. Après avoir regardé ses tableaux… vous vous en allez avec le désir invincible de peindre la première souillon venue que vous rencontrerez dans la rue".

         

          En cette fin de siècle "Salomé" symbole de  pulsion d'érotisme  et de mort, obsède tous les artistes tant en peinture qu'en littérature et poésie. (2789 poèmes seront recensés en 1912 !)




         

         

        Après Mallarmé, Oscar Wilde décide à son tour d'écrire une "Salomé" : elle danse depuis tant de siècles dans la peinture et les livres ! Celle de Moreau le comble et l'inspire.

        Il parcourt Paris, cherchant des idées, des détails ; rue de la Paix, il examine les vitrines pour y trouver les parures, les colliers :

-        "Il faut que les perles expirent sur sa peau" dit-il. Chaque passante lui apparaît comme une princesse de Judée.

 

          Un jour qu'il discute de tout cela, Rémy de Gourmont intervient : il confond deux Salomé, l'une est fille d'Hérode, l'autre une danseuse de la bible.

          Wilde écoute et dit :

-        "Ce pauvre Gourmont nous raconte-là la vérité d'un professeur. Je préfère l'autre vérité, la mienne qui est celle du rêve. Entre deux vérités, la plus fausse est la plus vraie."

 

          Un soir, en manque d'inspiration devant sa page blanche, il va au Grand Café, boulevard des Capucines : un orchestre tzigane joue. Il fait venir à sa table le chef d'orchestre :

-        "Je suis en train d'écrire une pièce sur une femme qui danse nu-pieds dans le sang d'un homme qu'elle désirait et qu'elle a tué. Je veux que vous me jouiez quelque chose en harmonie avec mes pensées."

 

          L'orchestre joua alors une musique si terrible et si sauvage, que tous se turent et se regardèrent le visage livide.

 

          Oscar Wilde rentra chez lui et se mit à écrire en français. La pièce sera interdite en Angleterre.

 

          Wilde vécut quelques années dans la solitude à Paris sous le pseudonyme de Sébastien Melmoth avant de succomber à une méningite le 30 novembre 1900.

 

 

 

Salomé           d'Oscar Wilde (extrait)

 

-        Salomé, dansez pour moi.

 

-        Je n'ai aucune envie de danser, tétrarque.

 

-        Salomé, Salomé, dansez pour moi. Ce soir, je suis si triste. Si vous dansez pour moi vous pourrez me demander tout ce que vous voudrez et je vous le donnerai.

 

-        Vous me donnerez tout ce que je demanderai, tétrarque?

 

-        Tout, fût-ce la moitié de mon royaume. Comme reine, tu serais très belle Salomé.

 

-        Je danserai pour vous tétrarque. J'attends que mes esclaves m'apportent des parfums et les sept voiles et m'ôtent mes sandales.

 

-        Je te donnerai ce que tu voudras. Que veux-tu, dis ?

 

-        Je veux qu'on m'apporte présentement dans un bassin d'argent…

 

-        Qu'est-ce que vous voulez qu'on vous apporte dans un bassin d'argent, ma chère et belle Salomé, vous qui êtes la plus belle de toutes les filles de Judée ? Quoi que cela puisse être, on vous le donnera. Mes trésors vous appartiennent. Qu'est-ce que c'est, Salomé ?

 

-        La tête d'Iokanaan.

 

-        Non, non Salomé. Vous ne me demanderez pas cela. N'écoutez pas votre mère. Elle vous donne toujours de mauvais conseils.

 

-        Je n'écoute pas ma mère. C'est pour mon propre plaisir que je demande la tête d'Iokanaan, dans un bassin d'argent. Vous avez juré, Hérode. N'oubliez pas que vous avez juré.

 

-        Je vous ai toujours aimée… Peut-être, je vous ai trop aimée.

La tête d'un homme décapité, c'est une chose laide, n'est-ce pas ? Ce n'est pas une chose qu'une vierge doit regarder. J'ai une grande émeraude ronde que le favori de César m'a envoyé… C'est la plus grande émeraude du monde. Demandez-moi cela et je vous le donnerai.

 

 

-        Je vous demande la tête d'Iokanaan.

 

-        Salomé, vous connaissez mes paons blancs… leurs becs sont dorés et les grains qu'ils mangent sont dorés aussi et leurs pieds sont teints de pourpre. Il n'y a aucun roi au monde qui possède des oiseaux aussi merveilleux. Eh ! bien, je vous donnerai cinquante de mes paons. Seulement il faut me délier de ma parole et ne pas me demander ce que vous m'avez demandé.

 

-        Donnez moi la tête d'Iokanaan.

 

-        Salomé, pensez à ce que vous faites. Cet homme vient peut-être de Dieu. C'est un saint homme. Je suis sûr qu'il vient de Dieu. Aussi peut-être que s'il mourrait, il m'arriverait un malheur…

 

-        Donnez-moi la tête d'Iokanaan.

 

-        J'ai des bijoux cachés ici que même votre mère n'a jamais vus, des bijoux tout à fait extraordinaires. J'ai un collier de perles à quatre rangs. On dirait des lunes enchaînées de rayons d'argent. On dirait cinquante lunes captives dans un filet d'or.                                  

 

J'ai des améthystes de deux espèces. Une qui est noire comme le vin. L'autre qui est rouge comme du vin qu'on a coloré avec de l'eau.

J'ai des topazes jaunes comme les yeux des tigres, et des topazes roses comme les yeux des pigeons, et des topazes vertes comme les yeux des chats. J'ai des opales qui brûlent toujours avec une flamme qui est très froide, des opales qui attristent les esprits et ont peur des ténèbres…

 

J'ai des chrysolithes et des béryls, j'ai des chrysoprases et des rubis, j'ai des sardonyx et des hyacinthes et des calcédoines, et je vous les donnerai tous, mais tous, et j'ajouterai d'autres choses… Je te donnerai tout ce que je possède, sauf une vie. Je te donnerai le manteau du grand prêtre. Je te donnerai le voile du sanctuaire.

 

-        Donnez-moi la tête d'Iokanaan.

 

 moreausalome.jpg



                          Salomé 

Oscar Vladislas de Lubicz-MILOSZ.

 

- Jette cet or de deuil où tes lèvres touchèrent,

Dans le miroir du sang, le reflet de leur fleur

Mélodieuse et douce à blesser !

 

La vie d'un Sage ne vaut pas, ma Salomé,

Ta danse d'Orient sauvage comme la chair,

Et ta bouche couleur de meurtre, et tes seins couleur de désert !

 

- Puis, secouant ta chevelure, dont les lumières

S'allongent vers mon cœur avec leurs têtes de lys rouges,

- Ta chevelure où la colère

Du soleil et des perles

Allume des lueurs d'épées-

 

Fais que ton rire ensanglanté sonne un glas de mépris,

O Beauté de la Chair, toi qui marches drapée

Dans l'incendie aveugle et froid des pierreries !

 

Salom--huile-sur-toile.jpg

                         Hérodiade

Théodore de BANVILLE

(1828-1891).

 

(…)

 

Voyez-la, voyez-la venir, la jeune reine !

Un petit page noir tient sa robe qui traîne

En flots voluptueux le long du corridor.

 

Sur ses doigts le rubis, le saphir, l’améthyste

Font resplendir leurs feux charmants : dans un plat d’or

Elle porte le chef sanglant de Jean-Baptiste.

 

« Les Princesses », Juin 1854.

 

 Salom-.jpg

 

 

 

                            Hérode

Albert SAMAIN

(1858-1900).

 

(…)

 

Et le roi sent, frisson d’or en ses chairs funèbres,

La vipère Luxure enlacer ses vertèbres ;

Et, tendant ses vieux bras de métaux oppressés,

 

D’une bouche repue, incurablement triste,

Pendant qu’à terre gît le chef de Jean-Baptiste,

Il boit le sang qui brûle au bout des seins dressés,

 

Et l’irritante horreur des grands yeux révulsés.

 
 

    
  Salom---Aubrey-Beardsley.jpg       Vincent Aubrey Beardsley illustre la Salomé d'Oscar Wilde dont il fait la connaissance par l'intermédiaire d'Edward Burne-Jones. Ce peintre anglais le plus renommé de la fin du 19° siècle en France, s'est donné pour mission de créer une sorte de contre – sortilège de la beauté pour un monde désenchanté.

 

        Beardsley a 18 ans. Comme Swinburne, il joue la carte de la provocation en imposant un style complètement nouveau et fracassant, utilisant surtout les noirs et les blancs. C'est l'événement le plus marquant depuis William Blake que chérissaient les préraphaélites.

 

        Prince du dandysme, il porte à sa boutonnière une rose fanée ; son cabinet de travail est tendu de noir, les fenêtres sont closent et, lorsqu'il se met au piano, il assoit un squelette à ses côtés. Son salon est tapissé d'estampes japonaises dont il s'inspire. A 26 ans Il mourra de tuberculose à Menton.

        L'univers décadent est en marche, le symbolisme s'impose.

 

       AubreyBeardsley-Hollyer1.jpg



        Beardsley est le premier artiste avec lequel l'œuvre d'art cesse d'être une pièce unique. Il reproduit ses œuvres par centaines, voir des milliers d'exemplaires grâce à des procédés photomécaniques.

 







        Si les préraphaélites peuvent apparaître aujourd'hui comme des esthètes  gorgés de littérature, dont les qualités picturales ne furent pas toujours à la hauteur de leurs intentions, ils ont apportés au milieu des conventions, de la confusion et de la laideur, une bouffée d'air pur.

 

      vitrail.jpg  Parmi leurs principaux emblèmes figurent le lis, l'iris, le volubilis, la fougère, le pavot et le paon, cet oiseau – fleur.

 

        La femme unie à la fleur, longs cheveux déployés en volute : l'Art Nouveau est né ; une porte ouverte toute grande sur le modernisme, une opposition au pessimisme par la passion, la lumière triomphante de l'ombre, l'utile et la beauté à travers la forme. Le rêve et la vie réconciliés.

 




        L'art au quotidien se répand dans toute l'Europe, Alphonse Mucha et ses affiches, les vitraux de l'école de Nancy, les fontes des balcons et du métro parisien d'Hector Guimard. Un quotidien métamorphosé, joyeux ou triste devenu un Art de Vie.

 

                                                     Hécate

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Published by Hécate - dans Essais
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commentaires

aiolos 08/04/2012 20:12


Les illustrations sont très belles ! Femme unie à la fleur, longs cheveux en volutes...

Hécate 08/04/2012 20:17



Aiolos .....Ces peintures m'ont tant charmée ...


J'ai eu longtemps la chevelure très longue....mais pas flamboyante comme ici !


                                                                                                                  
HHH



Christian Jannone 14/12/2011 22:51


Dans notre roman de science-fiction "Mexafrica", dont toute la première partie se déroule à Loondres en 1890, ma soeur et moi avons inventé un personnage de décadent type : Lord Percival Sanders,
clin d'oeil et hommage au comédien George Sanders (1906-1972) qui incarna Lord Henry Wotton dans la meilleure daptation cinématographique du "Portrait de Dorian Gray", due à Albert Lewin, avec
Hurd Hatfield dans le rôle titre. Saviez-vous que le portrait dégradé de Dorian dans le film était dû au pinceau génial d'Ivan Le Lorraine Albright, adepte du "réalisme magique ?"

Hécate 17/12/2011 10:16



Bonjour Christian ,


Un roman qui se déroule dans le Londres fin 19ème suscite mon intérêt ,il me faudra voir cela .


Non ,j'ignorais que ce portrait de Dorian Gray était de ce peintre .( J'ai vu plusieurs versions cinématographique ,l'oeuvre de Wilde m'étant cher .


                                                                                                                        
Hécate



La bête - humaine 20/01/2011 11:07



Comment se situe Keats par rapport au préraphaélites ?



Hécate 20/01/2011 11:15



Il les précède de peu de par sa mort prématuré ,mais les Préraphaélites se sont beaucoup inspiré du poème de Keats "La Belle Dame Sans Merci "...


                                                           
Hécate



gari 31/10/2009 13:31


bonjour , et merci de votre passage , interessant cet article sur  les prérafaélites ,
je repasserait certainement le décortiquer  avec plus de temps , à bientot !


gari


Hécate 31/10/2009 13:37


Eh! bien avec grand plaisir Gari ,et n'hésitez pas à me laisser votre avis. Ces peintres et poètes sont ,vous le verrez,une de mes passions et j'ai tenté de la  partager .
                                                                   
                                                                                                                                          
votre Hécate
 


Hecate 28/06/2009 12:06

Probablement pas correspondu avec les jours et heures d'ouvertures!
C'est à voir,j'ai eu cette chance il y a quelques années maintenant; Niko j'espère que tu auras un jour la possiblité d'y entrer.
amitié d'Hécate

Niko 28/06/2009 11:56

C’est tout de même incroyable, toutes les fois où j’ai voulu visiter le musée Gustave Moreau, je n’y suis pas parvenu… comment expliquer cela ?

Hecate 30/04/2009 18:40

Tu as eu peur de troubler le musée miniature?...Il n'est pas interdit de dire ce qu'on pense...Sur la pointe des pieds, c'est mieux que pas du tout!...
Amicalement. Hécate

4. 30/04/2009 15:22

{sur la pointe des pieds je passe ici ...}

Noëlle Combet 24/04/2009 10:59

Quelques lignes en lien tout d'abord à un souci technique : j'avais écrit un commentaire assez long à la suite du texte de Vincent sur "désespoir, lucidité, écriture" : je n'ai pas su le publier. Pourriez vous me renseigner sur la méthode?
Je vais commencer aujourd'hui la lecture des "Figures".
Je travaille aussi au texte annoncé sur la passion et qui fait suite à votre approche des préraphaélites.
Je vois qu'on peut de nouveau aller à la ligne sur votre page de commentaires! Eurêka.

Hecate 19/04/2009 21:35

Enée, ce tourbillon est agréable ,je l'espère pour toi ! Et pour moi aussi,car j'ai monté tout cela pour ouvrir un pan d'un univers pictural et poétique qui me tenait vraiment à coeur.J'avais animée une soirée sur ce thème il y a quelques années dans un chàteau du 19ème ! Ah! les souvenirs...

Hecate 19/04/2009 21:29

Ici,je ne publie pas mes poésies. Ce blog est consacré aux écrivainx, à mes coups de coeurs.Je n'ai que le plaisir du partage,celui de parvenir qui sait à donner envie de découvrir ce que j'aime,ce qui m'a touchée,interessée plus particulièrement.Ce commentaire répond à celui de Noëlle.

Enee 18/04/2009 16:07

Quel tourbillon !

Noëlle+Combet 18/04/2009 14:30

Je vais vous répondre sur mon blog et reviendrai sur le fil quand je serai rentrée chez moi. A bientôt. Noëlle.

Noëlle+Combet 18/04/2009 14:29

Bon, j'abandonne. La boite se ferme trop vite. Il est vrai que je ne suis pas sur mon ordi habituel.

Noëlle+Combet 18/04/2009 14:27

Pourquoi ne publiez-vous pas cette "Lettre à Apollinaire"?

Hécate 17/04/2009 22:31

Oh! l'informatique!...et ses surprises! Merci de cette pensée avec ce poème,l'adjectif avant ruisseaux est"blanc"...blancs ruisseaux...corps blancs...Apollinaire, je lui écrivis une lettre sous forme de poème un jour.Je suis touchée de votre venue avec ces vers ici.Bien à vous Hécate

Noëlle+Combet 17/04/2009 14:16

J'ai cité de mémoire : il manque l'adjectif avant ruisseaux et je n'arrivepas à respecter la versification. D'autre part, mes commentaires se "barrent" à toute vitesse!

Noëlle Combet 17/04/2009 14:13

Mon commentaire s'étant tout à coup volatilisé, je le reprends : les vers d'apollinaire étaient : "Voie lactée, oh soeur lumineuse des ruisseaux de Chanaan et des corps blancs des amoureuses, nageurs morts, suivrons-nous d'ahan, ton cours vers d'autres nébuleuses?"

Noêlle Combet 17/04/2009 13:40

Tout au long de la lecture de votre article, j'ai entendu résonner ces vers d'Apollinaire, et sans nul doute vous les connaissez :"Voix lactée oh soeur lumineuse

Noêlle Combet 17/04/2009 13:39

Tout au long de la lecture de votre article, j'ai entendu résonner ces vers d'Apollinaire, et sans nul doute vous les connaissez :

V.S. 16/04/2009 15:12

Mille excuses. Je reviens sur mon précédent commentaire. Remplacez Degas par Manet et Cassou par Picon et tout ira bien. J'ai aussi remis en ligne la vieille lecture 'relouquée' : '1863, le temps retrouvé'.

À continuer à vous lire comme je vous lis.

V.S.

V.S. 16/04/2009 09:53

Oui, Degas. Une place de premier choix dans cette modernité-là (un peu obsessionnelle chez moi actuellement, non ?!). Interroger à ce sujet la fameuse tétralogie : Degas, Manet, Monet, Cézanne (entre autres). Je vous en confierai quelque chose dès mon retour à Alphaville. Trois pistes en attendant : l'intéressant et iconoclaste 'Au mépris des règles' de Dirk Vanedoe, conservateur au MAM, chez Adam Biro (2003), le très bien documenté catalogue 'Les impressionnistes et l'invention de la photographie', Fondation Lumière, Lyon (1995) et pas mal de choses chez l'érudit Jean Cassou, entre mille autres. Je vais rechercher pour vous, et la republier, une 'lecture' donnée il y a quelques années dans mes pages. Comme chez Chardin, une chose fondamentale à partir de Degas : le changement radical dans notre manière de percevoir le monde environnant. Ce n'est pas rien ! Vous avez dit 'esthétique' !?

Pour en terminer là maintenant, vous redire le vrai plaisir de ce commerce-ci avec vous. Tout cordialement donc.

V.S.

Hécate 15/04/2009 19:03

Il se trouve que j'ai rencontré Comte-Sponville il y a peu,et il citait ses peintres préférés,Degas,Chardin,disait sa déception en voyant la première fois un tableau de Magritte,qu'il trouvait mal peint!
Encore ravie de votre visite.
Hécate

V.S. 14/04/2009 10:38

Vous repreniez à ce propos, dans mon blogue, le nom du très emblématique - et très problématique - Francis Bacon. J'y reviens donc aussi.

Bacon ! Oui, Bacon…, en effet ! Au titre, très aléatoire, des rencontres hasardeuses, Bacon me renvoie à la belle approche que l'exaspérant Sollers en a offerte, tout comme - puisque c'est mon 'homme du jour' - à celle de Comte-Sponville rencontrant Chardin. Et donc, ainsi, de part et d'autre et de proche en proche, les uns mirant les autres, une sorte de jeu de portraits, de miroirs, de citations, de mise en abîme sans fin. À approfondir. Une vague approche dans mon 'Paul Cézanne et quelques-uns…' Et, pour pasticher Malraux, dans ce dialogue-là, il y a toujours une tierce invitée (la mort). Vérité (beauté ?) émouvante et terrible des autoportraits de Rembrandt, Chardin, Cézanne, Bonnard, Hopper (oui, j'y reviendrai), Bacon… Fascination.

Hécate 13/04/2009 09:31

Je suis très sensible à ce vers de G. Apollinaire que vous m'offrez, et vos réflexions très ouvertes sur l'univers de la peinture et de la littérature sont un plaisir.
A une autre fois Vincent.
Amicalement votre
Hécate

Vincent Steven 06/04/2009 13:56

Intéressante mise en perspective d'un 'courant' qui a largement contribué à 'dépoussiérer' (le mot n'est pas assez fort) une certaine Angleterre - le pauvre O.W. en a payé le prix fort ! (J'avais écrit là-dessus des pages qu'il me faudrait republier - vicissitude des changements de serveur.)

Il y aurait également une réflexion à mener sur le rôle très particulier que les artistes anglais (et britanniques) ont joué, à travers l'histoire, dans les mutations de la culture et de la sensibilité occidentales. Pensons à un des grands derniers en date : Francis Bacon.

Rançon ou privilège de ce que l'on nomme 'insularité' ?

Et, d'un tout autre point de vue, D.H. Lawrence, Robert Graves, W.H. Auden… Joyce, Beckett… (les figures des l''exil') ; autrement encore, Benjamin Britten… et, pourquoi pas, les Beattles et autres rockers…

(Il faut vraiment que je retourne à mes archives !)

Bien cordialement.

'Ô ma chère Déité chère et farouche intelligence…' (G.A.)

V.S.

Hécate 04/04/2009 09:45

Cher Peregrinus j'ai d'emblée aimé les poèmres de Swinburne,et je suis heureuse qu'ils soient appréciés ,car ,certaines personnes éprouvent encore une réticence envers l'oeuvre, comme envers l'homme qu'il fut. Diane De Margerie dans la préface de"Lesbia Brandon"écrit que nul mieux que lui n'a su, d'un trait fulgurant, relier la sanglante et admirable poésie des Elisabéthains avec les correspondances sensuelles vécues par les romantiques.
Les poèmes sont publiés chez Corti, "Lesbia Brandon chez Gallimard" L'imaginaire";où il y a plusieurs textes de chants et de ballades .
Je suis heureuse que ce voyage dans le temps en peinture et en poèsie vous plaise .
A une prochaine fois,et, n'hésitez pas si vous souhaitiez quelque autre chose , si je puis vous renseigner,à moins que ce ne soit vous qui m'apportiez un suplément de connaissance, car il y a toujours à apprendre !
Votre Hécate


de texte de chansons et de ballades

peregrinus 03/04/2009 09:49

Merci, chère magicienne, pour ce voyage.

Merci, lumineuse sorcière, pour ces correspondances, pour ce jardin enchanté où vous nous avez invités, cheminant par des sentiers que vous avez si finement tracés qu'ils en apparaisent naturels, évidents.

Merci enfin, chère Hécate, pour ce magnifique poëme de Swinburne.

Gertrude 02/04/2009 21:59

J'espère que vous vous connecterez à un Crâne, demain...

Hécate 02/04/2009 21:32

Enchantée Gertrude d'être comme un écho...mais dans quelle grotte profonde suis-je donc entrée?
Votre Hécate

Gertrude 02/04/2009 21:20

Quelle résonance dans le poème de Swinburne!
Je ne vous en dis pas plus car vous êtes une vraie extralucide, Hécate.

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