Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 09:11

Bront-.jpg






Les Brontë, Enfants du Vent

 

 

« Aux seuls hauts du Yorkshire  le vent s’est fait chair,

le vent a hurlé

le vent a battu… »

 




           
Que souffle le vent, qu’éclate le tonnerre et ses furieux éclairs, que ce soit l’haleine de l’hiver ou bien celle d’une chaleur lourde et vaguement oppressante, tous moments d’intensité de cette sorte renvoient à l’univers tourmenté, tour a tour glacé ou brûlant des Brontë.

                                  

« Oh ! puissé-je être le rideau cramoisi

            Sur ta couche de neige

Pour teindre cette joue si douce, si pâle,

Du reflet de ma lumière !

Oh ! puissé-je être la cordelière d’or

            Dont le gland serti de perles

Effleure le pli de la couverture de soie

            Et repose sur tes boucles… »

                                          Anne Brontë.

 

            Charlotte, Emily, Anne, Branwell réfugiés dans le monde imaginaire qui est le soir venu, la seule vie véritable, qu’ils poursuivront par-delà la mort sont transformés et transportés enfin dans cet ailleurs qu’ils s’acharnent à préserver coûte que coûte.


haworth.jpg

           
La mort est en face qui les observe, le cimetière près du presbytère avec les tombes de leurs aînées Mary et Elysabeth et celle de leur mère, leur rappelle sans cesse la précarité de la vie.


         
Patrickbronte.jpg






            Les journées commencent toutes par un coup de pistolet tiré par leur père le Révérend Patrick Brontë de la paroisse de Haworth. Dès le réveil, ils vivent dans le froid huit mois de l’année, car les deux seules pièces chauffées sont la chambre du pasteur et la cuisine.





           
Qu’importe, Charlotte et son frère commandent en Angria, l’empire tropical dont la capitale a un ciel inimaginable à force d’être bleu au-dessus de la splendeur de ses palais blancs. Mais Emily est fidèle au climat rude et austère, Verdopolis son royaume s’étend dans les pays du nord. La terre de Gondal est peuplée de fantômes que les cygnes dispersent dans le brouillard de leurs vastes ailes neigeuses avant de mourir, victimes des vagues gelées de la mer Calédonienne.

 

« Je rêve de bruyères, de brumeuses collines

Où le soir qui descend est opaque et glacé,

Car, seuls, environnés de ces froides montagnes,

Gisent, hélas, ceux que j’aimais,

Et mon cœur déchiré d’une indicible peine

S’épuise en plaintes combien vaines

Parce que jamais plus je ne les reverrais ! »

                                                        Emily Brontë.

 

           
Il n’est pas une poésie qui ne soit liée à ce monde inventé, ce monde parallèle où ils se meuvent, tour à tour empruntant le corps et l’esprit d’un homme, d’une femme, d’un héros légendaire ou historique. Ils lisent la Bible, Walter Scott, Byron et Shakespeare.


            Après les corvées du jour, lessives, épluchage des pommes de terre, couture pour les filles, ils se retrouvent. Branwell le préféré du pasteur a droit à tous les égards, car tous les espoirs lui sont permis. A huit ans, ne possède-t-il pas déjà un vocabulaire extraordinaire. Il lui suffit de lire une page une seule fois pour la connaître et la restituer de mémoire sans une seule erreur. Mais cette intelligence trop brillante alliée à une nervosité excessive fait craindre pour lui le risque de cette maladie appelée alors « fièvre cérébrale ».


Journal-d-Emyli.jpg         

            Le soir, quand la nuit enveloppe le presbytère, enfin réunis, munis de papiers, de calepins et de crayons, ils s’engloutissent dans cet univers que dirige Branwell, le roux, le solaire, qui porte en lui cette fureur des anges rebelles, dont la chute entraînera bientôt derrière lui, toute une cohorte d’illusions déçues. Pourtant dans le crépuscule, c’est lui la lampe qui dispense toute la lumière intérieure, l’aliment de la folle inspiration, lui qui nourrit l’imagination affamée de ses sœurs.




           
Lorsqu’elles seront plus ou moins dispensées dans des pensionnats, il se retrouvera face à lui-même, cherchant une carrière, y croyant de toutes ses forces. Il n’a pas dix-neuf ans quand il reçoit l’initiation qui fait de lui un membre de l’ordre franc-maçonnique. Une vague consolation pour oublier, si cela est possible, son échec poétique. Trêve de courte durée pour la douleur qui le harcèle.




           
Son existence ratée le déchire. L’échec est sur toute la ligne. Il ne sera pas le peintre, ni le portraitiste comme il pensa l’être. Il s’efface rageusement sur les tableaux où il s’était représenté auprès de ses sœurs. Il ne demeure pas précepteur auprès des enfants d’un pasteur marié à une femme qu’il séduit, tout en aimant la fille.
            Son renvoi mystérieux pour sa famille, le laisse hagard. Il hante les tavernes et s’enivre. Une frustration immense le taraude. Il est bien un temps employé des chemins de fer. Mais il se révèle finalement incapable de gagner sa vie malgré tous les dons qu’il croyait siens.


«  …Je le sais, je sens que je touche le fond,

Le dernier rayon attardé

S’est éteint dans mon triste Ciel.

Je sais, je sens que j’ai perdu pour toujours,

L’espoir, la paix, la puissance et l’orgueil… »

P. Branwell Brontë.

 

            Il revient sans cesse à l’écriture avec un acharnement exalté. Ses sœurs, qui ne peuvent vivre longtemps sans ce monde qu’ils ont qualifié « monde infernal », reprennent le dialogue que ce soit par lettres ou par des chroniques toujours rédigées en commun. Ils réinventent ensemble la fièvre de vivre et l’ivresse du péché. Tant ils sont chargés de tourments, ils ne trouvent de soulagement et de joie qu’en s’engloutissant dans la perversité des amours torturées et dépravées, illégitimes, incestueuses.


           
Depuis qu’ils ont vu le Satan du sculpteur Leyland lors d’une exposition à Leeds, Branwell a reconnu les traits de son héros. Il est Alexander Percy, il est cet être splendide portant sur son visage l’orgueil glacé d’une froide beauté marqué d’un souverain mépris. Dans ses veines coule un sang amer et glorieux comme un poison et son cœur fermé est digne d’une forteresse.


           
Charlotte entre dans le jeu et c’est ainsi qu’elle voit Branwell, alias Alexander dans le monde d’Angria, et les descriptions de ses charmes lucifériens sont loin de ce garçon malingre complexé par son physique.


           
Charlotte luttera longtemps contre l’attirance trouble et effrénée qu’elle voue en secret à ses deux amies de pension Helen Nussay et Mary Taylors qui sont loin de se douter que Charlotte dans sa saga impétueuse les séduit tour à tour, en la personne d’Arthur Wellesley, marquis de Douro, futur duc de Zamorna. Jeune fille timide et effacée dans la vie quotidienne, elle plonge avec délice dans les passions inavouables en se masculinisant. Branwell endiablé conduit le bal. Même séparés, ils poursuivront bien longtemps par courrier leurs folles aventures.


           
Le pasteur est déçu, meurtri de l’échec social de son fils. Il devient presque aveugle et la vieille servante se déplace à présent péniblement. Branwell rentre chaque aube l’injure à la bouche. Il se hait lui-même et semble haïr son entourage, même ces sœurs qui attendaient tout de lui.


           
Elles vont se détourner progressivement de lui. Charlotte est absorbée par ses tâches, sa ténacité à écrire, à réussir à publier ses œuvres et aussi par l’amour silencieux pour ce lointain monsieur Heger de Bruxelles où elle fut enseignante. Ce monsieur Heger est marié et son amour bien modeste est sans issue.


           
Seule Emily souffre pour lui,  à travers lui, en lui. Ce Heathcliff des « Hauts de Hurlevent », c’est peut-être déchaîné par la révolte et l’impuissance à réussir ce qu’il entreprend, qui délire et qui tremble de plus en plus. Lui qui a subi le moins les contraintes ne parvient plus à se contraindre pour quoi que ce soit.






           
Emily sera là jusqu’au bout, longue silhouette aux yeux grands comme des blessures, pour le redresser quand il rentre ivre, titubant parmi les tombes, quand il met le feu aux rideaux de son lit, en proie aux cauchemars, abruti par le laudanum.

 










« Haine et vengeance, mon lot éternel,

Supportant mal tout délai

Attendant, avec une frémissante impatience,

De se saisir de mon âme… »

P. Branwell Brontë.

 

            Emily, quand elle ne passe pas des heures à errer sur la lande battue par les vents et les pluies en compagnie de ses chiens (elle montre plus d’attention envers les animaux que pour ses semblables, sauf pour ce frère pareil à un animal sauvage qui mord et se cabre), écrit désormais ses poèmes en secret de sa sœur aînée.


           
Bientôt l’état de Branwell empire, il ne s’alimente plus. C’est Emily qui lui apporte des tisanes, réchauffe ses membres squelettiques quand il se tient alité des heures. Elle essuie sur son front la sueur des mourants. Ses boucles d’or sont brunies par la fièvre, l’or roux s’éteint comme sa vie. Il a juré de mourir debout autrefois. A l’instant fatal, il se redresse, prenant appui sur la frêle épaule d’Emily. Le pasteur entre et lit les prières pour les agonisants.


           
Elle attendra seulement trois mois pour le rejoindre dans la mort. C’est dans le parloir du presbytère qu’elle descendra le moment venu s’étendre et s’éteindre sur le vieux sofa où ils ont tant rêvé, joué et écrit, le matin du 20 décembre 1848.


           
Son âme va rejoindre celui qu’elle souhaitait être, celui à qui elle voulait ressembler, son double : un garçon libre de conquérir le monde.

 

                    

 « Pour moi ni sympathie, ni soupirs, ni regret

Que mon âme soit en partance ;

Puisque le cœur est mort dès sa première enfance,

Que le corps s’en aille impleuré. »

Emily Brontë.
       


            Charlotte de retour dans sa chambre écoute le vent hurler. Son cœur hurle à la mort. Anne erre dans le presbytère inconsolée de la mort du jeune vicaire dont elle fut amoureuse. Nostalgie qui ne passe point. En mai, elle meurt à son tour vaincue par la tuberculose, ce mal qui les emporte tous les uns après les autres. Charlotte va survivre six ans.

 



« Ce ne sont plus maintenant ses traits juvéniles

Ni ses doux yeux bleus
Qui raniment l’ombre de la tendresse perdue  

Avant qu’elle ne meure.

Ceux-là sont éteints, ceux-là sont froids

Clos et muets et enfouis.

N’ouvrez pas la plaque du tombeau

Ni le couvercle du cercueil. »

Charlotte Brontë.

 

            Six années d’apparent apaisement. A Londres, elle est choyée et bien reçue par ses éditeurs. Elle vient d’écrire « Shirley » et « Villette ». La gloire enfin, dérisoire. Lorsqu’elle épouse le vicaire adjoint du pasteur, qui l’aime depuis fort longtemps, c’est avec son passé qu’elle se marie. Enceinte, la tuberculose silencieuse se réveille. Même la pensée de son futur enfant la laisse sans courage. Elle regarde la neige tomber du lit où elle est couchée. Elle se revoit comme au temps jadis, par les jours blancs de février où ils étaient unis comme des conspirateurs, tous les quatre à travailler, à rêver…


            Le 17 février la vielle servante meurt. Charlotte sent l’appel des fantômes sur la lande. Elle veut rire avec eux. A minuit le 31 mars 1855 , elle renonce à vivre. Le petit enfant ne verra pas le jour… Elle avait 39 ans et une année de mariage.

 

 

« J’attends ici mes sœurs, au long de ce chemin

Jusqu’au château d’Arimane, car cette nuit

Est notre grande fête. C’est curieux, elles tardent. »

« Manfred » Byron.

 

            Par les soirs de pleine lune, quand le vent fait rage et pleure autour du presbytère de Haworth, peut-être qu’une petite main glacée cogne à la vitre, comme celle de Cathy et gémit : « Laissez-moi entrer. » Peut-être qu’une silhouette dans la brume, adossée à un arbre attend patiemment, l’âme de son âme. Heathcliff ou Branwell ? La lande s’étend infinie dans la nuit propice aux spectres…

 

« O, Homme qu’es-tu ? Une créature misérable

Ballottée sur les flot du temps,

Se meurtrissant aux rocs, happée par les remous,

Impuissante à se soustraire

Aux vagues et aux abîmes du malheur et du crime. »

 

P Branwell Brontë.

 

Hékate

 

 

Bibliographie : « La Hurlevent » de Jane Champion.

 « Le monde infernal de Branwell Brontë » de Daphné du Maurier.

« La vie passionnée des Brontë » de Jane Bluteau.

« Les Brontë » trois volumes collection : Bouquins .

Partager cet article

Repost 0
Published by Hécate - dans Essais
commenter cet article

commentaires

Martine 09/12/2012 12:18


Bonjour Hécate,


Les soeurs oui. Mais le frère? aucun souvenir. Quelle famille extraordinaire dans la malheur, le rêve, la folie.


J'ai adoré leurs romans. J'ai rêvé sur leurs lignes.


 Je découvre , grâce à ton magnifique compte-rendu, le destin ténébreux et tragique de leur frère, de leurs rapports si troubles.


Vraiment, merci Hécate


Bon dimanche


Martine

Hécate 09/12/2012 17:16



MARTINE


oui, ce frère on en a trop peu parlé...Sans lui, le roman d' Emily n'aurait pas été si habité ! Cela me fait plaisir de te voir sur cette page écrite avec ferveur, beaucoup de recherches
patientes aussi.


Je viens de voir le film de Andrea Arnold "Les Hauts de Hurlevent". Une ambiance saisissante ! Les landes sont superbes et sauvages.


Bonne soirée à toi


                                
Hécate



Sabine 30/05/2011 17:18



Je me sens un peu comme en familiarité avec ce genre de lieu, de pierres qu'un "trop plein" de mots humains et de souffrances ont fini par rendre sauvages et mystérieux !


Nous vivons depuis une petite dizaine d'années dans un vieux logis datant du XVI ème...En le faisant nôtre (enfin du moins une partie car il a été morcelé et appartient maintenant à plusieurs
personnes) nous ignorions alors que nous allions faire nôtre "toute son histoire" ! Nous pourrions aussi en écrire un livre au travers des moments étranges que nous avons vécus, frisant de très
près le paranormal ...


Je ressens, à chacun de tes mots, ces fièvres, ces acharnements, ces frustrations...tous ces ouragans humains !


Même si nous nous sommes entêtés (et nous entêtons encore) à y transformer certaines énergies, ces lieux restent gravés dans notre chair et nous lient à notre sort comme des aimants ...


Ils sont à la fois attachants, divins, artistes et pervers !


Une phrase m'a infiniment amusée "Dès le réveil, ils vivent dans le froid !" Cela relevant tant de notre univers familier ......!


Je vais lire ces oeuvres, ces personnages sont captivants, fascinants...


Ma maman était une inconditionnelle des Brontë....J'ai vu, enfant, les hauts de hurlevent en épisodes : le titre, l'ambiance m'avaient infiniment marqués...! J'ai sans doute  porté malgré
moi l'écho de ce vent dans ma mémoire ....


D'ailleurs, j'ai plus souvent "fait le vent" que raconté des histoires à mes enfants pour les endormir (sourire...)


Je t'avoue ne jamais avoir lu ces oeuvres mais , (comme cela doit être une habitude "innée" en toi) tu m'as donné l'envie de m'y jeter à corps et coeur perdus !


D'ailleurs, pourquoi ne les ai-je jamais lues ...encore un mystère ? 


Et, comme c'est toujours le livre qui nous choisit et jamais nous qui le choisissons, j'aurai sûrement la réponse en le lisant !


J'ai bien fait de cliquer sur ce titre ...A croire que chaque livre


                                                       
       nous raconte un peu ?


 


Je t'embrasse, magicienne, et te souhaite une splendide journée ! Et n'oublie pas mes gros câlins à tes oiseaux ...j'en vois déjà un, face à ton ordinateur, entrain de ...tendre la joue ! 


                      GROS GROS BISOUS : Sabine


 



Hécate 02/06/2011 22:08



Bonsoir Sabine ,ta venue sur les Brontë m'a fait un très ,très grand plaisir ...Tu as compris combien ils me tiennent à coeur ,et cet article est le fruit de plusieurs années de recherche
patientes et passionnées !


Tu me dis vivre dans une vieille demeure ,j'ai moi-même durant une période vécu dans un manoir entouré d'un parc à l'état sauvage ...Un climat très singulier dans cette demeure XVIII -XIX eme
.Et que de souvenirs !!!...Une maison à histoires très étranges ...:)


Quelque chose m'intrigue : "Les Hauts de Hurlevents " en épisodes ???????? Où était-ce ? Je ne connais donc point cette version!!!!!!( je souris : j'ai tant vu de versions filmées de ce roman
...) .Je l'ai lu et relu ...Il m'a donné le frisson la première fois et j'étais bien jeune pourtant. Mais au fil des années ,il reste mon livre le plus lu ,le plu lié à une partie de mon âme
,inexplicaplement ...C'est ainsi ! Et ,je suis attachée à des traductions plus que d'autres ,je le sens ,c'est inné ...


Il y a un moment pour chaque chose ,pour chaque livre ...C'est une" rencontre" importante que le livre qu'on attendait en secret ,ou qu'on n'attendait pas vienne à croiser notre route
...


                                                                                     
Merci encore à toi .


                                                                           La
Magicienne -Aux-Trois-Corbeaux



Catharsis 29/11/2010 19:52



Passionnant de bout en bout!


Tu es une fabuleuse narratrice, sais-tu, et si j'avais le quart du quart de ton talent en la matière, j'aurai déjà écrit toute mon histoire.


 


Bien plus que la présentation du livre "Les hauts de hurlevent", c'est bien cet article, les personnalités que tu décrits et cet amour fraternel les unissant, qui emporte ma conviction. Il sera
mon prochain livre de chevet.


 


Merci, et bien à toi!



Hécate 29/11/2010 20:25



Cet article est le fruit de bien des lectures ,de notes patientes accumulées durant des années ,ensuite j'ai tenté d'exprimer ,de résumer l'essence de ces vies si complices d'où sont nées
leurs oeuvres respectives ...


 


Merci Catharsis de ton compliment ,venant de toi qui écris si bien ,voilà qui me fait chaud au coeur !...


                                            
Bien amicalement à toi


                                                                            
Hécate



Paracelsia 16/10/2009 10:40


Charlotte est ma favorite, je la trouvait bien plus sombre que ses soeurs et j'aime sa personalitée! Jane Eyre fut pour moi une révélation.


Hécate 16/10/2009 10:46


Oh! tu te promènes parmi mes articles? Tu me vois agréablement surprise,car les Brontë m'ont beaucoup marquée.
Pour moi ,cela a été d'abord Emily et "Les Hauts de Hurlevent" ...
"Jane Eyre" est moins tourmenté,mais ,oui,j'ai aimé tout de suite,et j'ai vu aussi les films.
Je ne résiste pas...
                                 
Au plaisir de te revoir.
                                                                          
Hécate


Memory 12/09/2009 17:02

Quelle vie..

Hécate 12/09/2009 22:30


Ce qui explique assez la force et l'extraordinaire romantisme exacerbée des"Hauts de Hurlevent".
                                                                                                   
Hécate


Hecate 08/07/2009 09:59

Ah! Renard,voilà qui me prouve encore que la vie ,l'oeuvre des Brontë qui me tient tant à coeur ne peut que parler encore tant elle est empreinte de réalisme et de rêves forcenés,et si je vous donne envie d'y revenir,où même d'en pénétrer l'essence tout simplement voila qui fait plaisir.Merci de vos lignes sur le fil.On a tant oublié Branwell,ce frère!
Amicalement ,Hécate.

Renard 08/07/2009 01:02

OUFFFFF
J'avais lu comme beaucoup d'autres, Jane Eyre, et Les Hauts de Hurlevent.
Jamais je n'ai oublié ces romans, et pourtant, je les ai lus très jeune.
Mais, la vie aidant, je suis passée à d'autres auteurs, d'autres styles, et à cause de cette fuite en avant, je ne suis pas revenue aux soeurs Brontë
Je m'aperçois avec stupeur de la densité de leur vie, de la présence de ce frère si influent dans leur groupe, du malheur qui les tenait fermement et qui les a poussés à rêver leur vie, et à écrire ces pages que je connais, et d'autres que vous m'avez donné envie de retrouver.
Merci pour ce blog.

Hecate 27/06/2009 19:12

Iougenaie vous comprenez très bien cette éternité, cette intemporalité de la passion quie lie ces deux êtres( H & C,Emily & Branwell) par-delà la raison même et la réalité cruelle de leur Destin marqué par la fatalité!
Je saisis votre pensée,et, je ne pense pas que l'on puisse être trop impliquée dans une lecture pétrie à même la chair et l'âme!
La vie des Brontë est littérallement hantée d'une ardeur déchirante et déchirée;si vous avez lu mes réponses aux précédents commentaires,je n'ai pas nécessité de vous redire combien ces existences d'exception sont épinglées en moi ,et je suis très heureuse de partager avec vous leurs histoires plurielles et uniques.
Toute mes amicales pensées.
Votre Hécate

Iougenaie 27/06/2009 15:04

Je connaissais assez peu l'histoire des Brontë. J'avais lu leurs tourments, et ce frère tellement semblable à Heathcliff. Cette histoire est envoûtante, passionnante. Et, elle a quelque chose de réel ou du moins, elle donne l'impression d'être une histoire éternelle. Comme si elle n'était jamais véritablement terminée, malgré la fin. Il s'agit d'une impression, et comme je m'implique toujours trop dans mes lectures, il est possible que vous ne voyez pas de que je veux parler. Mais cette famille, ces livres, toujours étroitement liés à leur vie austère... Vous m'avez donné envie de m'attarder sur leur histoire.

Hecate 26/06/2009 08:37

Eh!bien oui je crois que ce roman est en redécouverte constante,il est tout de même considéré comme le livre majeur du romantisme européen .
Il semble d'après un article de presse lu hier que les adolescents vont lui redonner la place qu'il mérite .Les adultent peuvent le relire,il est d'une puissance extraordinaire( mais attention au choix de la traduction!)
amicalement .Hécate

callophrys 25/06/2009 23:36

remarquable cette façon de faire vivre cette famille tourmentee! il faudra que je fasse lire "Les Hauts de Hurlevent" à ma fille .Je devais avoir son age quand je les ai decouverts...
tu m'as allechee! je ne suis pas trop biographie sauf pour les pharaons egyptiens mais là....

NC 23/06/2009 18:26

Oui, Hecate...et je ne me sens pas du tout insensible aux Brontë ni à ce que vous en écrivez.
Nous revenons aux mêmes premiers échanges : je crois que si, en effet,la souffrance fonde la pensée, elle ne s'exprime pas néanmoins toujours dans le même style, d'où la multiplicité des écritures.
Je ne parlais que de préférence m'orientant vers une forme d'expression.
Je ne pense pas que, dans ce domaine, un choix puisse avoir une portée universelle...donc, je dis mes raisons sans me donner raison.
Amicalement.
23 juin 2009 12:19

Hécate 23/06/2009 18:25

Les Brontë sont épinglés à ma chair,à mon âme même,et celà je crois jusqu'à mon dernier souffle!
Branwell a été le plus écarté de ces oeuvres et trop oublié,je tenais à lui redonner sa part ,car il fût la torche dont s'alimentent toutes les pages des romans de ses soeurs.
Je ne puis séparer la pensée du cri intérieur.Munch l'a démontré en effet.
Sans la puissance de l'émotion,nous serions comme un arbre insensible au vent qui compose une musique avec son feuillage,et dont chaque bruissement est une note de poèsie...Un langage indicible, une vibration.
Amicalement .Hécate(à noter,que la transgression est à la base de la complicité de ce "monde infernal" des enfants Brontë! )
Hécate
23 juin 2009 11:35

Noëlle Combet 23/06/2009 18:24

Héckate, ça m'amuse d'écrire votre pseudo ck, après ce que j'ai pu lire à ce sujet dans les échanges consécutifs aux textes que vous écrivez.
J'ai supprimé un premier commentaire : je n'arrivais pas à exprimer ce que je voulais. J'y reviens : Poésie reliée à la vie, certes, mais, pour moi, cette écriture-là, poétique, est plus de l'ordre des silences, de l'énigme et des interstices que du cri.
C'est pourquoi je n'ai pas pu, même si j'apprécie la beauté de votre écriture, ajouter quelques lignes à votre approche des Brontë.
Je suis consciente pourtant du fait que tant de souffrance, celle des Brontë ne peut se dire autrement que ce qu'ils ont tenté. Elle est certes de l'ordre de l'appel et j'y suis sensible affectivement mais pas esthétiquement. C'est pour moi un autre registre. Pourtant, j'apprécie la peinture expressionniste 'Le Cri" de Munch par exemple, de sorte que je m'interroge sur mes réserves.
Etant abonnée à votre blog, je suis avertie chaque fois que vous publiez.
Amicalement.
22 juin 2009 19:14

Noëlle Combet 23/06/2009 16:05

Sensible à votre regret, je tente un copier coller des échanges en question...mais ça ne marchera peut-être pas. N.
Eh bien non! ça n'a pas voulu marcher. Désolée.

Noëlle Combet 22/06/2009 18:54

Heckate, j'ai exprimé mon point de vue sur mon site, à la suite de votre commentaire sur le poème "Là-bas".
J'apprécie toujours la beauté de votre écriture.

Hecate 22/06/2009 16:52

Cher Plaiethore en dépit de mon âge précoce,cette plongées dans les abîmes insensés des Brontë me griffèrent à jamais,et comme gravés en ma chair ils ne cessent de murmurer,d'insuffler en mon âme des échos plus vivaces que les enlacements du lierre à l'arbre!...
Votre tendresse sera enclose dans une de ces cassettes mystérieuses bien à l'abri des outrages du temps...Puisse-t-elle n'en point souffrir!
Merci du fond du coeur.Votre Hécate

Plaiethore 22/06/2009 16:10

A l'instar de certains de vos nobles lecteurs, ne subsiste que des "séquelles" de lecture d'enfance, car oui, pour moi aussi, ne pouvant clairement saisir tous les troubles qui guidaient les plumes qui se déroulaient sous mes yeux, je me suis nourri inconsciemment de ces existences en filigrane, terribles et mortifères.

Merci chère Hécate de vos nombreuses pensées chez moi.
Recevez ma forte tendresse.

Hecate 22/06/2009 11:11

Clémence, que sommes-nous sinon des glaneurs de mots à ajuster à nos blessures?...Toujours ce besoin de la lumière de l'autre dans les ténèbres de ce passage de Vie!
Branwell a été cette torche,cette haute flamme,et il est trop oublié,je tenais à lui redonner sa place dans ces oeuvres qui appartiennent à notre culture émotionnelle!
Vos photos témoignent d'une sensiblité,et qu'importe qu'elles soient du dimanche ou d'un autre jour.L'instant est à vivre.Lui seul nous appartient!
Amicalement .Votre Hécate

Hecate 22/06/2009 10:59

Niko j'ai lu "La maison maudite" très jeune et la citation de Cioran est bien dans l'atmosphère du roman d'Emily.
Ce terrible attrait pour ce qui est futilité,ce mensonge envers soi qui ne se découvre qu'au moment de la perte irrémédiable de l'autre qu'on aime est le drame éternel.-"Seras-tu heureux quand je serai dans la tombe?" demande Cathy à Heathcliff.
Ce qu'on a perdu hante à jamais ,et comme Branwell le disait dans un poème lorsque la mort éteindra les dernières braise de la vie,la Mémoire donnera dans un souffle ces mots:Souviens-toi!
La damnation ,vivre saccagé ,déchiré,sans repos...Heathcliff est ce marginal , cet exclu qui est une figure qui ne vieillira jamais.N'est-elle pas de tous les temps?
Aussi ce roman peut-il être transposé sans rien perdre de son essence!
Je l'ai relu encore il y a à peine un an.
Amitié d'Hécate

clémence 22/06/2009 08:49

Excellente, cette phrase de Cioran. Votre article également; que rajouter de plus? Je ne suis qu'une petite photographe du Dimanche qui glane les bribes de littératures comme les lambeaux de lumières que veulent bien nous livrer les ombres portées.

Niko 22/06/2009 04:13

J’ai lu “Hurlevent des Monts“, très jeune, trop jeune et inexpérimenté pour en saisir toute la subtilité… de vagues souvenirs… Je le relirai sans doute, lorsque l’heure sera venue.

Merci pour cette balade… déchirante.

“Multiples sont les voies de l'amour ; j'ai choisi celle qui châtie ; mais en châtiant mes origines et les miens, c'est moi-même que je punis“

Cioran

Lichtgestalt 21/06/2009 22:24

Je vous ai répondu sur ma page, article «Lullaby for Lucifer», sans quoi nous nous serions par trop éloignés des Brontë... ^^

Hecate 21/06/2009 20:07

Ah!Lichtgestalt...et voilà,c'est là l'un des titres de Lacrimosa que je n'ai point!!!
Oui,j'ai rencontré Tillo Wolff à Paris lors d'un concert(je ne sais plus l'année),et nous avons échangés quelques mots,moi ne parlant pas l'allemand et lui peu de français...C'était dans la rue sur le trottoir,personne n'osait aller lui parler (hors des dédicaces classiques juste après ce concert),et oui je me suis approchée.Une grande émotion de part et d'autre,puisqu'il m'a dit que personne ne lui avait exprimé ce que je venais de parvenir à formuler là, que c'était ce qu'il avait reçu de plus beau...
C'est très étrange ,notre rencontre,Fraülein,et j'y suis vraiment très sensible.
Je vous explique le K d'Hécate,Gabrielle Wittkop l'écrivait ainsi .Alors,comme une autre Hécate exerce sur overblog...double raison!
(J'use donc des deux écritures)De plus chez vous je ne suis pas acceptée avec le C!!!
Je crois que je vais aller sur votre blog,car ici je vais m'éloigner un peu de l'univers des Brontë,bien que la culture anglaise et l'allemande se soient toujours échangées des thèmes !...
Merci de votre venue ici encore Fraülein Jack ,avec cette fastueuse note de lumière ...
Votre Hécate

Lichtgestalt 21/06/2009 16:30

Des compliments? Non, la simple expression de mon sentiment ^^' Et je dois vous avouer que vous me plaisez de plus en plus. Oui, la musique allemande (de tous temps), le romantisme de Goethe, l'esthétique expressionniste... Si l'on excepte quelques aberrations musicales contemporaines dont je ne voudrais pas que le nom souille votre Fil, j'avoue qu'Outre-Rhin la sensibilité est en elle-même un monde complexe dans lequel nous aimons vraisemblablement toutes deux vagabonder ^^. Vous m'en voyez plus que ravie. ^^

C'est effectivement moi qui ai parlé de Tilo Wolff à Plaiethore... Vous l'avez rencontré, dites-vous? Avez-vous pu lui parler, ou l'avez-vous seulement croisé?

Quant à ce nom... Il n'y à la aucune indiscrétion. Vous aurez sans doute reconnu le titre d'une chanson de Lacrimosa, signifiant "créature de Lumière"... Et que j'ai adopté comme pseudonyme en raison d'une fascination de longue date pour la lumière, que je n'arrive à capturer d'aucune manière (images, mots, couleurs... rien ne suffit à la restituer). Vous savez tout.^^

Et Hékate, avec un K qui plus est, d'où cela vient-il, sans indiscrétion?

Hecate 21/06/2009 12:55

Souffrir?...aimer,rêver avant toute chose avec passion! Lutter contre son Destin avec le peu que la réalité nous offre...Quelques crayons,quelques feuilles de papier et l'acharnement de vivre même par-delà l'impossible!
Merci Enée de ta fidélité à me lire.Hécate

Enee 21/06/2009 12:48

Tragique à souhait ...
Décidément pour avoir quelques talents on pourrait penser qu' il faut souffrir

Hecate 21/06/2009 12:21

Ah! Gertrude je suis tombée dans "Les hauts de Hurlevent" très jeune,et je ne savais rien des Brontë,rien du roman dans une mauvaise traduction et pas avec ce titre!...Un frisson m'est venu,et je ne compte plus le nombres des versions traduites et les films vus de ce fameux roman tout au long des années.Le film de Bunuel ,transposé au Mexique m'a alors arraché des émotions intenses...rien pour moi n'était trahi bien au contraire tant le climat visionnel et passionnel de Bunuel était puissant!
Merci encore de cette connivence,décidemment assez curieuse de vos lectures d'alors et des miennes!
Votre Hécate

gertrude 21/06/2009 12:07

"Jane Eyre" et "Les Hauts de Hurlevent" (et surement d'autres)sont des textes que j'ai lu passionnément lors de mon adolescence solitaire au bout du monde, ouvrages sortant d'un autre age empruntés à la bibliothèque poussiéreuse de ce coin de brousse.. Je n'en ai pas grand souvenir, à part de l'état romantique (il n'en fallait pas beaucoup) dans laquelle ces lectures, entre autres, me plongeaient...
Je m'aperçois, à vous lire, que la réalité des auteurs dépassait la fiction...

Présentation

  • : Le Fil d'Archal
  • Le Fil d'Archal
  • : A découvrir le fil fervent qui me tient lieu d'équilibre vous êtes invités... Vous, funambules du lire et du délire... Suivez-moi avec les élans du coeur et de l'esprit... Pour me contacter: lefildarchal@hotmail.fr
  • Contact

Recherche

Catégories