AUTOMNE
Enfin l’automne
Pour excuser ce froid mortel au cœur
Ce pincement frileux que ne réchauffe aucun soleil,
Pouvoir pleurer sous la pluie en marchant
Sans que se voie l’indécence des larmes.
Enfin l’automne
Et fermer portes et fenêtres à tout ce qui importune
Comme si le mauvais, pareil au vent
Ne pouvait s’infiltrer de force
Comme cette odeur de pourriture qui monte
Jusqu’au ciel du fond des forêts assassinées.
Automne
Enfin des nuits plus empressées
Et des feuillages de sang
Comme des plumes d’anges tombés des enfers.
Saison qui s’achève comme une vie qui s’arrête,
La douleur pourra s’apaiser au vin de la treille.
Automne
Au pressoir de tout ce qui fût
Chagrins et joies devenus élixirs,
Débauches d’icônes avant la cantate hivernale
Dernières exaltations, vols fous d’oiseaux,
Soulagement ultime de l’âme
Enfin se reposer dans l’hiver, bientôt...
Hécate