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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 09:02

Anna portraitANNA DE NOAILLES

                L'EBLOUISSANTE...

                                                [ 1 ] 


            Est la femme la plus honorée de la 3° République, à 24 ans, elle est célèbre pour sa poésie, elle est de toutes les réceptions.

 

            Proust l'appelle "la femme - mage", Rilke "la petite déesse impétueuse", Colette parle de sa voix de bronze et d'argent ; Anatole France lui écrit " : - Vous êtes jeune comme la poésie grecque. Vous êtes ingénue et robuste". Et Clemenceau lui dit qu'elle ressemble à Bonaparte au Pont d'Arcole.

 

            Elle aime la nature et l'amitié. On n'en finit pas d'énumérer tous ceux qui l'ont approchée, des écrivains, des ministres, des musiciens, des peintres, des grands de ce monde aux artistes de music-hall.

 

            Elle est la première femme faite commandeur de la légion d'honneur, que Bergson lui remet le 15 février 1931.

 noaille par cocteau

            Ses obsèques en 1933 sont suivies par dix mille personnes.

-         " C'est un peu de radium qui entre sous terre" dira Marie Curie. Et Cocteau lui dessine une petite guirlande de mots.

-         "Je ferme les yeux. J'essaie, Anna, de revoir votre sourire."

 

Elle aimait, elle était aimée, elle écrivait pour qu'on ne l'oublie pas, et qu'on l'aime encore par delà la mort.

 

                      J'écris pour que le jour …

 


J'écris pour que le jour où je ne serai plus

On sache comme l'air et le plaisir m'ont plu,

Et que mon livre porte à la foule future

Comme j'aimais la vie et l'heureuse Nature.

            …………

Et qu'un jeune homme, alors, lisant ce que j'écris,

Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,

Ayant tout oublié des épouses réelles,

M'accueille dans son âme et me préfère à elles …

                                                  ( L'ombre des jours. )

 

Anna naît à Paris le 15 novembre 1876. Elle est grecque par sa mère, roumaine par son père le prince Grégoire Brancovan – Basarab.

 

Dès qu'elle est en âge de comprendre les légendes, Grégoire lui explique celle des princes, ses prestigieux ancêtres. Ils apparaissent puissants et implacables, mais pourquoi l'un d'eux tient-il entre ses mains une colombe ?

 

            La petite Anna harcèle ses bonnes :

 - " Est-ce qu'une petite fille a le droit aussi de mettre une cercle d'or sur sa tête ? "

            Les bonnes ne savent que répondre. Il en faut plus pour décourager Anna. Elle insiste :

 

-         " Où est la couronne ? "

 

Les ancêtres du prince Grégoire en portaient tous une, pourquoi le prince n'en eut-il pas porté lui aussi ?

 

            Dès l'âge de cinq ans, elle commence à raconter des histoires à sa sœur Hélène et à son frère Constantin, des fables, des contes de fées qu'elle invente. Elle écrit ses premiers vers autour de neuf ans.

 

-         " Faire des vers, mais cela s'apprend en une heure ! A l'âge de huit ans, j'ai calqué sur deux strophes d'Alfred de Musset un petit poème que j'essayais de rendre correct."

 

Anna est une enfant anxieuse, plus attentive qu'il n'y paraît de prime abord à l'opinion des autres. La tendresse de ses parents ne lui suffit pas ; elle guette l'approbation et les encouragements de leurs amis, qui, heureusement ne la déçoivent jamais. Une indulgence amusée ne ferait pas l'affaire : il faut un éloge fondé et net.

 

Rachel Brancovan, la mère d'Anna, paraît dans l'ordinaire de la vie, une personne affable et douce, un peu dormante, comme on en voit beaucoup. Mais une âme explosive sommeille en elle. Dès qu'elle pose la main sur le clavier de son piano, elle est transfigurée !…

C'est pourtant toute une histoire que de l'amener à s'asseoir devant son instrument. Fernand Gregh rapporte qu'elle manque toujours de s'évanouir d'émotion et s'écrie.

 

-         " Non, pas aujourd'hui, je ne pourrai pas ! Ah ! Qu'elle torture ! Non, j'en mourrai, tâtez mes mains, sentez si elles sont froides ! "

 

Lorsqu'elle joue sa peur nerveuse se fond aux feux de son cœur artiste brûlant de cette flamme qu'elle transmet à sa fille. La princesse Rachel est une femme vive, primesautière, nerveuse, imaginaire, hardie et craintive.

            Anna pense qu'elle doit tout à sa mère : non seulement l'amour de la musique, mais aussi l'amour de la poésie.

            De nombreuses années plus tard, tandis que la princesse Rachel Brancovan quitte doucement la vie, Anna confie à sa mère mourante :

 

-         " Je suis issue toute entière du bois de ton piano."

 

Anna n'a que trois ans lorsqu'elle vient vivre dans l'hôtel de l'avenue Hoche. Elle y demeurera jusqu'à son mariage, et pourtant elle ne s'y sentira jamais tout à fait à son aise.

 

Entre l'Etoile et le parc Monceau s'étend le royaume du silence. Pas de voitures, pas d'omnibus, pas de magasins. C'est l'endroit le plus élégant de Paris.

 

De cette demeure de facture classique, sa mère Rachel en a fait une sorte de palais oriental, mélange de langueur et d'austérité : tentures fabuleuses, bronzes étranges, porcelaines, ivoires, glaces de Venise, de l'or partout, un faste éblouissant.

 

Anna a consacré quelques lignes au grand salon préféré de sa mère :

 

"Le salon le plus important de l'hôtel était habillé de peluches couleur de turquoise, meublé de canapés et de sièges dorés, et deux larges pianos y étalaient, côte à côte, le désert laqué de leurs reflets de palissandre, sous un haut palmier languissant."

 

Elle n'aime guère la salle à manger meublée en style Henri II :

 

"Le décor de cette pièce spacieuse me déplaisait par les tons heurtés de la peluche bleue des rideaux, voisinant avec des stores coulissés, d'un rouge de pavot, qu'égayait pourtant le soleil de midi."

 

Il y a aussi le petit salon algérien drapé de pourpre et d'or, et sa cheminée ornée d'une pendule d'onyx, d'un éléphant indien en émail cloisonné et d'un coffret de cristal incrusté de pierreries. Aux murs, il y a les portraits des enfants Brancovan peints par une amie de la maison.

La galerie des ancêtres hospodars, étroite et tapissée de vieux chêne noirci, double le salon sur toute sa longueur. Une grande baie vitrée l'éclaire à chaque bout.

 

La petite Anna à du mal à se passionner pour les étranges personnages des tableaux :

 

-         "Je sentais en les regardant que depuis des siècles je les avais quittés… Ce riche décor citadin me désolait de mélancolie."

 

noailles enfant par de gaigneronDe Paris, elle n'aime décidément pas grand chose ! Elle n'hésite pas à comparer la maison de ses parents à un mausolée, une sorte de cimetière surhaussé.

Elle n'aime ni le quartier de l'Etoile où les platanes sont rare, ni le parc Monceau, pas même la pittoresque Naumachie.

            Elevée par des gouvernantes, instruite par des précepteurs, elle voit trop souvent ses parents quitter la maison au moment où il lui faut se mettre au lit. Elle affirme :

 

            "L'enfance est une route ardue."

 

            Un jour une gouvernante l'emmène déjeuner dans un restaurant. Elle avise quelques clients qui lui paraissent très âgés à une table voisine et pose cette curieuse question :

 

-"Pourquoi leur donne -t-on à manger ?"

 

Priée de s'expliquer, elle déclare :

 

-" Il ne faut pas les nourrir, cela prolonge inutilement leur souffrance, il vaut mieux les laisser mourir en paix."

 

Pour Anna, la vieillesse est une disgrâce irrémédiable, elle ne peut imaginer que ceux qui en sont affligés puissent une seconde tenir à la vie. L'enfant, ce jour là, est sévèrement réprimandée. La gouvernante soupçonnée de favoriser l'éclosion d'une sensibilité exagérée est renvoyée.

 

    Anna est incapable de dissimuler sa tristesse. On la gave de gâteaux, de calepins et de chansons amusantes. Rien n'y fait : Anna est en proie à une véritable nausée. Elle sait alors que là "consolation par le divertissement" lui demeura à jamais étrangère. Et pourtant, au cours de sa vie, les divertissements ne lui manquèrent pas !

 

Elle n'a que dix ans, lorsque son père le prince Grégoire Brancovan meurt à l'âge de cinquante-huit ans, le 15 octobre 1886.

 

-"En entrant dans la pièce où ma mère se trouvait assise et comme figée, sans autre expression que celle de la stupeur et vêtue d'un noir opaque, je compris que mon père était mort. Mais je ne voulus pas le savoir. Je tins mes doigts contre mes oreilles pendant des heures, afin de ne pas entendre formuler ce que je n'ignorais plus."

 

    Les promenades sur les Champs –Elysées, les petits théâtres de Guignol, les boutiques de confiseries, la voiture aux chèvres ne suffisent pas à chasser la tristesse ; bientôt Anna refuse de se mêler aux autres enfants.

      Six mois durant, l'hôtel de l'avenue Hoche vit dans ce climat de deuil. Strictement vêtue de noir, Rachel Brancovan, porte lorsqu'elle sort se promener au bois de Boulogne, une épaisse voilette qui l'empêche de respirer à son aise.

 

    Une espèce de directeur de conscience, au zèle religieux sans défaillance ne la quitte pratiquement pas d'une semelle. Il lui parle, ainsi qu'aux enfants, de la mort et de l'au-delà. Il rapporte d'une librairie spécialisée, des livres mélancoliques. Anna lit un titre qui la frappe :

 

"Au ciel on se reconnaît".

 

Des mois durant, de nombreuses cérémonies religieuses rappellent le souvenir du défunt et ravivent le chagrin.

La mort du prince Brancovan a mit fin aux déjeuners dominicaux et autres festivités constituant l'essentiel de leur bonheur de vivre.

 

-         "La mort de mon père, en me séparant de cette vie de réceptions et de faste où une sorte de philosophie heureuse s'apparentait, d'une manière noble, aux orchestrations et aux quadrilles étourdissants d'Offenbach, me laissait languissante, et j'eus une peine extrême à continuer d'exister."

 

Anna songe sans cesse à son père, qui avait eu un si grand rôle dans l'éveil de sa vocation.

            Elle revoit les premières années de sa petite enfance, au bord du lac Leman, dans le chalet d'Amphion, où, assis sur le balcon, Grégoire de Brancovan boit du thé et récite des vers de Corneille ou de Racine.

 

            Cette jolie villa est un bouquet de fleurs posé sur le lac, dans le site le plus ravissant de cette côte féerique.

 

C'est l'image même du paradis pour Anna. Ce nom d'Amphion lui évoquera toujours l'endroit où elle a été le plus souvent et le plus longtemps heureuse !

 

            La véranda est fraîche tout le jour. Le soir, les trois enfants s'y blottissent sur des canapés recouverts de laine et de coussins turcs.

 

Anna est à la fois oppressée et accablée de bonheur.

 

            Elle se souviendra toute sa vie d'un certain été, où deux fois par jour au moins, un moment était consacré à la lecture du plus bouleversant poème des "Contemplations" de Victor Hugo,

"A Villequier".

 

-         "Au comble du désespoir, nous aussi nous portions le deuil de Léopoldine… Ainsi fus-je initiée poétiquement à la catastrophe et aux cruautés de la nature, dont je révérais les prodigues élans par les stances que Hugo dédiait à la disparition tragique de sa fille."

 

Elle a grandi à Amphion, sans jamais cesser de contempler le lac.

 

-   "Je dois tout à un jardin de Savoie et au double azur qui m'a ébloui depuis l'enfance. C'est là que l'univers m'a été révélé."

 

    Entre le ciel et le lac, entre la vie et la mort : deux néants, dont l'un est impalpable et l'autre glisse entre les doigts, à l'image d'un temps éternel, que rien ne peut retenir.

 Amphion-jardin votif

-      "J'avais la certitude d'être capable de marcher sur les flots. Parfois, au bord du lac Léman, quand la nappe tiède d'une eau bleue bordée d'écume m'invitait à la parcourir, j'ai vu se réduire si étroitement le lien qui nous retient à l'existence que je me suis sentie chanceler avec une préférence égale entre la vie et la mort."


    Quand elle écrit le poème de "L'ombre des jours" intitulé "Attendrissement", Anna se rappelle de tous ces chers moments que rien ne détruira à jamais.

 

Maison où j'ai passé tous les plus tendres mois

De mon aventureuse et frissonnante vie,

Mon rêve vous bâtit dans mon âme ravie,

Et voici qu'aujourd'hui je vous habite en moi !

 

 ..............

-    Rien n'est changé là-bas, mais j'ai changé moi-même.

Ce n'est plus qu'en rêvant que je revois encor

Ces beau soleils, venus de l'âme et du dehors,

Près de qui, comme un flot d'abeilles qui essaiment,

Mon plaisir tournoyait avec des ailes d'or ! …

( L'ombre des jours )

 

Sa mère la princesse Rachel trouve un moyen de rompre son deuil obsédant : elle décide de revoir son père Musurus Pacha retiré dans son palais de Constantinople. En outre, elle propose aussi de séjourner à Bucarest afin que Constantin et ses sœurs connaissent enfin le pays de leur père.

 

-         "Soudain la promesse du Bosphore fit renaître chez moi l'instinct du printemps, de la poésie, le délectable plaisir de plaire !"

 

Plaire ! Elle veut déjà plaire à des garçons, elle souhaite également plaire à des paysages, à des villes, à l'espace illimité !

 

Anna ne garde pas un souvenir très marquant de la Roumanie où elle est constamment malade, et dont elle voit peu de choses.

 

Et puis j'ai voyagé, petite fille encore

Dans ce pays doré, raisonneur et naïf

Je me souviens des jours sans fin, couleur d'aurore,

Des enfants nus, des bœufs, des murs blancs et des ifs.

 

(Le souvenir des aïeux)

"extrait"

[ Derniers vers ]

 constantinople 001

            A Constantinople, du palais de Musurus Pacha où domine le marbre bleu, la vue est superbe. Le regard porte jusqu'aux Eaux Douces d'Asie. Dans le palais, d'un confort relatif, le matin l'on déjeune de confitures de roses ou de bergamotes, puis l'on s'amuse.

 

            Anna prise de mélancolie, de rêverie, ressent un sentiment de solitude parmi des jeunes femmes qu'elle compare à des roses qui se fanent ! Ces jeunes femmes ne sont préoccupées que de deux choses : un élu rare à venir, et manger.

 

    Anna commet la folie d'avaler d'une traite 42 abricots. Il s'ensuit indigestion et fièvre. Elle met tout le reste de l'été à se remettre de cette indisposition. Triste, malade, éloignée de toute distraction, immobile dans son lit drapé d'une moustiquaire, elle écoute sa mère jouer du piano.

-         "Ah ! Pourquoi nous avait-on éloignés cette année des douceurs familières d'un lac en Savoie ! "

 Pierre-loti

Lors du retour sur le bateau, elle croise un officier de marine de 37 ans : Pierre Loti.

 

Lorsqu'elle le revoit quelques années plus tard, elle est violemment troublée, elle vient de lire "Pêcheur d'Islande", elle va sur ses dix huit ans, et, ô miracle, il la reconnaît.

 

-         "Quoi donc ! l'écrivain qui, par ses livres de génie, m'installait au paradis, avait distingué, plusieurs années auparavant, une petite fille en larmes qui, à force de souffrance sentimentale aspirait à l'anéantissement sur le pont d'un bateau turc !"

 

Celui qui va vraiment redonner le goût de vivre à Anna et à sa mère, c'est le pianiste Paderewski, la coqueluche des publics féminins de toutes les capitales de l'Europe centrale.

 

-         "Je vis une sorte d'archange aux cheveux roux, aux yeux bleus, purs, durs, examinateurs et défiants, tournés vers l'âme. Combien me plut immédiatement cette allure de vagabond de race noble et fière."

 

Anna oublie d'un coup tous les jeunes gens fugitivement admirés, et sa mère sort enfin de son deuil.

Et ce sont les premiers bals. Anna souvent souffrante, fatiguée, est étonnée de constater que la douleur peut, l'espace d'une soirée céder du terrain.

 

-         "Je passe toutes mes nuits en bals et soirées, et je dors tant bien que mal le jour ; c'est une désorganisation complète, affaiblissante à tous les points de vue, où réside le plaisir du monde.

    Plus moyen d'être à soi-même et à ses amis ; c'est payer bien cher, n'est-ce pas, une jolie valse, un danseur passable et un verre de champagne."

 

Elle rencontre le comte Mathieu de Noailles, un parti non dénué de prestige. C'est un garçon de belle allure, un mètre quatre-vingt-deux, blond aux yeux bleus : il la trouve terriblement attirante, elle le fascine. Ils ont les mêmes fréquentations, les mêmes préoccupations. Dans ce terreau idéal, s'épanouit ce que l'on nomme habituellement l'amour.

 

Sans doute, Anna n'est pas exactement le type de femme qu'il faut à Mathieu. Du côté d'Anna, Mathieu est-il bien l'idéal masculin de ses rêves d'adolescente ? Mais n'a-t-elle qu'un seul idéal ? L'amour l'intéresse bien plus que l'homme.

 Sans doute pressent-elle qu'aucun homme au monde ne lui apportera jamais le délicieux désordre de la passion. Elle songe déjà qu'il lui faudra connaître beaucoup d'hommes, les séduire, se les attacher. Cela seulement, lui apportera l'éblouissement.


    Le mariage a lieu le 18 août 1897. Plus de trois pages du registre des actes de l'état civil sont nécessaires pour énumérer les titres du jeune couple.

Sans se montrer totalement frigide, Anna ne sera jamais portée sur l'amour physique. Les étreintes la laissent insatisfaite. Elle leur préfère de loin les jeux de la séduction.

Elle met au monde un fils, Anne - Jules, le 18 septembre 1900. Un jour d'ardeur dans son enfance, elle avait souhaité un enfant né d'elle.

Fin de la première partie.
                                                                                                               Hécate.

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Published by Hécate - dans Essais
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commentaires

claude 30/10/2016 06:03

Bjr, Anna , ma chérie de l'au dela, la nature aura vecu encore une cinquentaine d'années apres ton dernier souffle comme tu l'avais connu. ( un peu comme ton ultime age ). Des le milieu des années 80, une métamorphose s'est opérée dans l'air et plus haut. En tant qu'element de tes foules futures, je n'en ai que trop vu.

Dominique 07/08/2013 17:36


Bonjour !


 


Pouvez-vous me dire de quoi est morte Anna de Noailles dont je lis l'oeuvre poétique complète en ce moment ?

Hécate 07/08/2013 18:42



Bonjour DOMINIQUE....dans la seconde partie de cet article je cite qu'Anna de Noaïlles s'était mise à souffrir de bourdonnements d'oreilles, de migraines ophtalmiques. D'une constitution
fragile après des mois d'épuisement et de souffrances stoïques, vraisemblablement usée par le chagrin elle s'est éteinte le 30 avril 1933 dans son appartement  de la rue Scheffer.


Peut-être savez-vous qu'en 2009 a été publié un recueil de ses nouvelles aux Editions Buchet Chastels.  Je suis heureuse de savoir que vous lisez son oeuvre poétique.


Bien cordialement .


                         Hécate



vkg 16/07/2010 11:30



Bonjour,


Je me devais de découvrir davantage Jean Cocteau et ce fut, le coup de foudre en rencontrant  ANNA DE NOAILLES au détour d'un de ces poèmes "Offrande à la nature".


Je vous remercie vivement pour votre article en deux parties, il comble mon impatience en attendant quelques livres...


Et je remercie également chaleureusement ceux qui ont laissé en commentaires ces splendides poèmes. J'étais enchantée par les poèmes d'Emile VERHAEREN, je suis bouleversée, chamboulée par ceux
d'ANNA !


Infiniment merci à tous. Bien à vous.


 



Hécate 17/07/2010 19:00



Eh ! bien ,vous me voyez ravie que ce long article ne vous ait point rebutée .J'ai coupé certains poèmes redoutant la lassitude de lecture à l'écran ,et pour ne pas rompre le climat
de la vie d' Anna de Noaïlles qui a été si fourmillante !


Oui ,on m'a laissé de beaux poèmes dans les commentaires ,et je vous remercie d'avoir pris le temps d'y jeter un regard . Merci aussi du lien que vous faites sur votre blog avec le
mien . Je suis allée très brièvement le voir ,mais je vais dès que possible y retourner.


                                                                     
Bien cordialement .


                                                                                                            
Hécate



claude LACROIX 01/06/2010 15:46



Bonjour,


Votre texte en deux parties est tout à fait remarquable. Je me propose de créer un lien sur mon blog renvoyant mes lecteurs à votre document


Compliments.


Claude LACROIX



Hécate 01/06/2010 16:45



Je vous remercie de l'attention accordée à mon article sur Anna de Noaïlles et de vos compliments .Sa poésie m'a touchée et j'ai eu le désir d'approfondir un peu mon approche .


Je suis bien honorée du lien que vous prévoyer de faire sur votre blog .


                                                                                 
Bien votre


                                                                                               
Hécate



AneverBeen 12/03/2010 09:46



Je constate de la nouveauté chez Hécate.
Je repasserai donc prochainement ; je ne suis, hélas là, que de passage pour informer Hécate d'une actualité Rice : L'heure de l'ange.
Nous n'avons pas eu l'occasion de lire ce livre, en plus de tant d'autres du même auteur comme le sait déjà Hécate, mais sachant cela, il me fallait vous partager cette information.

Il ne m'étonne d'apprendre qu'Hécate prend temps et soin à préparer et rédiger ses articles. C'est brillant =)

Une bonne journée à vous, Hécate ; en espérant que les nouvelles soient bonnes...




Hécate 12/03/2010 20:36


Merci beaucoup de m'annoncer ce titre d'Anne Rice . Je ne savais sa parution. Il me faudra voir ce qu'il en est si je vois ce livre :)

A nous retrouver sur mon nouvel article avec grand plaisir AneverBeen ,vos propos sont toujours les bienvenus ,et si bien énoncés .
                                                     
Amicalement .
                                                                     
Hécate


Hécate 03/03/2010 14:52



Oui ,c'est une sorte de brève biographie que j'ai écrite ici ,en choisissant l'éclairage qui me semblait être au plus intime de la vie d'Anna.
Cela m' a été une patience et passionnée quête de documents et poèmes  autour de ce qu'elle nous a laissé.

Actuellement ,pour des problèmes d'administration de mon blog ,je tente une réponse externe .
           Merci de ta persévérente lecture AneverBeen
                                                                                          
HECATE



AneverBeen 03/03/2010 06:49



Nous revoilà.
Nous avons donc pris connaissance de la premièe partie consacrée à Anna de Noailles.
C'est telle une mini biographie que nous offre Hécate par ses articles, plus que de critique sur les oeuvres =)
Cela nous apprend mais il est vrai qui nous ne pourrions tout retenir.
Anna, déjà, toute jeune, était donc ce que l'on considére une personne lucide.
C'est de la lucidité que nait bien souvent le mal être.
Oui, la souffrance est. De même que la peur. La perte. Le douleur.
Il ya ait des gens qui veulent faire longue route, et d'autres qui voudraient en finir au plus tôt avec cette existence qui les ennuie, les abîme, les exténue.
Il ne faut pourtant pas empêcher ceux qui apprécient la vie, d'être...
Des personnages âgées arrivent encore encore à s'épanouir et ce malgré l''éventuelle, si ce n'est certaine, fatigue.

Que les  jours à venir soient bons pour Hécate.
 


MICHEL 28/02/2010 17:10


Difficile de parler de cette femme de lettres, admirable poétesse, omnibulée par les deux centres axiaux de toute vie, que sont l'amour et la mort... Au travers de son oeuvre se dégage entre rêve,
amour, volupté et cette incessante notion de l'aboutissement non désiré d'une vie, qui pour elle fut riche et pleinement remplie, adulée et aimée, voir ces nombreuses liaisons! : la Mort.
D'où cette mélancolie, et les nombreux rêves qui lui firent sans doute écrire, de sa plume, ses plus beaux poèmes... Entre rêves, plaisirs, adulations et conquêtes, reste une vie à combler pour
enfin pleinement se satisfaire, en attendant l'aube du trépas... Alors simples questionnements, douleurs plus profondes et denses sur le rempli d'une vie, elle a essayé au-delà de sa propre
analyse, de la vivre, ce qu'elle fit à mon humble avis, de belle manière... Même si, entre amours, plaisirs et reconnaisance parfaitement justifiée de son talent, quelques noirceurs embrumèrent son
être... Mais n'est ce point le quotidien de tout à chacun... Questionnement sur l'existentialisme, tout simplement, et là, que vous soyez fille issue de haute lignée princière ou fille de rue, le
problème, de même, vous appartient!

Très AMICALEMENT à TOI, HECATE       ...... MICHEL .......


Le baiser


Couples fervents et doux, ô troupe printanière !
Aimez au gré des jours.
- Tout, l'ombre, la chanson, le parfum, la lumière
Noue et dénoue l'amour.

Épuisez, cependant que vous êtes fidèles,
La chaude déraison,
Vous ne garderez pas vos amours éternelles
Jusqu'à l'autre saison.

Le vent qui vient mêler ou disjoindre les branches
A de moins brusques bonds
Que le désir qui fait que les êtres se penchent
L'un vers l'autre et s'en vont.

Les frôlements légers des eaux et de la terre,
Les blés qui vont mûrir,
La douleur et la mort sont moins involontaires
Que le choix du désir.

Joyeux ; dans les jardins où l'été vert s'étale
Vous passez en riant,
Mais les doigts enlacés, ainsi que des pétales,
Iront se défeuillant.

Les yeux dont les regards dansent comme une abeille
Et tissent des rayons,
Ne se transmettront plus, d'une ferveur pareille,
Le miel et l'aiguillon,

Les cœurs ne prendront plus, comme deux tourterelles,
L'harmonieux essor,
Vos âmes, âprement, vont s'apaiser entre elles,
C'est l'amour et la mort...




Hécate 28/02/2010 21:42


Difficile dis-tu Michel ?...Et pourtant quelle aisance est la tienne !
Il me semble que je ne puis qu'adhérer pleinement à ce que tu exprime sur Anna de Noaïlles.

Merci Michel ,et bien amicalement  à toi ,un bonsoir.
                                                                                   
Hécate


Plaiethore 26/02/2010 01:45


Poème tiré de "Les Vivants Et les Morts". (1907-1913)

Bien à vous Magicienne Mia...


Hécate 26/02/2010 22:59


Les" miens "n'étaient point complets  :(  ( choix de poésies de 1930 )
                        Merci Plaiethore
                                    
votre Magicienne


Plaiethore 25/02/2010 10:53


Cette nuit, je me suis longuement allongé sur ce poème d'Anna de Noailles :


L'ILE DES FOLLES A VENISE





La lagune a le dense éclat du jade vert.


Le noir allongement incline des gondoles


Passe sur cette eau glauque, et sous le ciel couvert.


- Ce rose bâtiment, c'est la maison des folles.


Fleur de la passion, île de Saint-Clément,


Que de secrets bûchers dans votre enceinte ardente !


La terre desséchée exhale un fier tourment,


Et l'eau se fige autour comme un cercle du Dante.


- Ce soir mélancolique où les cieux sont troublés,


Où l'air appesanti couve son noir orage,


J'entends ces voix d'amour et ces coeurs exilés


Secouer la fureur de leurs mille mirages !


Le vent qui fait tourner les algues dans les flots


Et m'apporte l'odeur des nuits de Dalmatie,


Guide jusqu'à mon coeur ces suprêmes sanglots,


- Ô folie, Ô sublime et sombre poésie !


Le rire, les torrents, la tempête, les cris


S'échappent de ces corps que trouble un noir mystère.


Quelle huile adoucirait vos torrides esprits,


Bacchantes de l'étroite et démente Cythère?


Cet automne, où l'angoisse, où la langueur m'étreint,


Un secret désespoir à tant d'ardeur me lie ;


Déesse sans repos, sans limites, sans frein,


Je vous vénère, active et divine Folie !


- Pleureuses des beaux soirs voisins de l'Orient,


Déchirez vos cheveux, égratignez vos joues,


Pour tous les insensés qui marchent en riant,


Pour l'amante qui chante, et pour l'enfant qui joue.


- Ô folles ! Aux judas de votre âpre maison


Posez vos yeux sanglants, contemplez le rivage :


C'est l'effroi, la stupeur, l'appel, la déraison,


Partout où sont des mains, des yeux et des visages.


Folles, dont les soupirs comme de larges flots


Harcèlent les flancs noirs des sombres Destinées,


Vous sanglotez du moins sur votre morne îlot ;


Mais nous, les coeurs mourants, nous, les assassinées,


Nous rôdons, nous vivons ; seuls nos profonds regards,


Qui d'un vin ténébreux et mortel semblent ivres,


Dénoncent par l'éclat de leurs rêves hagards


L'effroyable épouvante où nous sommes de vivre.


- Par quelle extravagante et morne pauvreté,


Par quel abaissement du courage et du rêve


L'esprit conserve-t-il sa chétive clarté


Quand tout l'être éperdu dans l'abîme s'achève ?


- Ô folles, que vos fronts inclinés soient bénis !


Sur l'épuisant parcours de la vie à la tombe


Qui va des cris d'espoir au silence infini,


Se pourrait-il vraiment qu'on marche sans qu'on tombe ?


Se pourrait-il vraiment que le courage humain,


Sans se rompre, accueille l'ouragan des supplices ?


Douleur, coupe d'amour plus large que les mains,


Avoir un faible coeur, et qu'un Dieu le remplisse !


- Amazones en deuil, qui ne pouvez saisir


L'ineffable langueur éparse sur les mondes,


Sanglotez ! A vos cris de l'éternel désir,


Des bords de l'infini les amants vous répondent...




Hécate 25/02/2010 14:52


Plaiethore ,ce poème m'était inconnu...Je comprends qu'il soit à sa place ici . Je ne savais que cette île était celle des folles ,n'ayant eu vent que de l'asile du côté de  San
Servolo...

           Il y a quelque chose dans Venise et ses îles qui fascine ,amour ,folie ,mort s'y enlacent .
Anna et Barrès à Venise ,ne fûrent pas sans aller voir de près sur l'île des morts ( ma page d'écran est celle-là dans une version peinte par Böcklin ) le grotesque de la profanation ,
l'on exhumait des ossements  utilisés pour raffiner le sucre . ( Ce qui interesserait notre Gertrude ).
Barrès dans ses cahiers relate comment le cadavre d'un certain Joseph Reinach fût tiré de sa paix : " Cravaté de blanc et vêtu de son frac , le baron sortit du cerceuil "...
            Merci ,Plaiethore de ces vers  que vous offrez là ,et qui viennent étendre la vive sensiblité de cette ardente et consumée
égérie !
                                                                                
Bien votre
                                                                                          
Hécate


Plaiethore 24/02/2010 10:39


Ne soyez pas effarée, vous avez donné probablement à beaucoup l'envie de la découvrir, H Mia.


Hécate 24/02/2010 11:02


Peut-être bien un peu ...:)
J'ose aimer le croire !
                               votre
H.


Plaiethore 24/02/2010 10:26


Hécate très Chère, même dans un seul sifflement, une seule inspiration, vous êtes capable de faire chavirer un paquebot entier de zémus.


Hécate 24/02/2010 10:32


J'avais "travaillé " ces poèmes jusqu'à ce qu'ils soient tatoués dans ma gorge ,ma peau...J'étais Anna...Je n'étais plus que son "médium "...J'ai eu la rage et le désespoir quand cette
maudite angine est venue s'abattre à une semaine de la date prévue pour mon entrée !!!!
 Les poèmes ici ,sont largement élagués ....A les relire ,je suis effarée  !!! :)
                                                                                                      
votre H.


Plaiethore 24/02/2010 10:09


Je suis en plein songe et oui, je crois comprendre... J'ai comme des bouts d'âme coincés au fond de la gorge, moi qui n'arrive pas à lire à haute ou faible voix ce qui m'émeut trop.


Hécate 24/02/2010 10:17


Oui...et moi ,àprès une semaine quasi aphone ,je n'avais pas récupéré l'usage complet de mes cordes vocales . Mais ce fût réussi ,je ne sais ce qui se passe en ces moments là,où tout tient
à un fil...
Sans micro ,et dans une salle pleine...impossible de décevoir ,donc ,les entrailles nouées...
Comment donner l'ampleur quand l'organe est peu en usage ( truc d'artiste pour chauffer la voix : une goutte de vieux Porto juste avant :) )
                                                                     
votre Hécate
                                                                                  


Plaiethore 23/02/2010 16:42


Une enfant, une femme, une mitan de vie et un sens parmi des milliers d'autres donné à l'acte d'écriture...

Cette Anna vous passionne Magicienne Mia, n'est-ce pas (?)


Hécate 23/02/2010 20:12



Oui ...
Elle disait  :" Mon coeur je n'ai peur que de vous ".
Elle aimait le mot coeur  "rond , plein de sang "...

"Une communiante assassinée ! " s'écria F.Mauriac la voyant endormie pour toujours sous les tulles et les fleurs.

Son coeur n'est pas au Père-Lachaise dans le caveau des Bibesco-Brancovan.
Il est sous une stèle à Publier ,en Haute-Savoie.

"Faites que mon coeur  soit une baie d'alisier 
 Faites que mon coeur soit ...
Un grain de genièvre ,une rose au rosier ". 

Serez-vous étonné Plaiethore ,si je vous dit qu'un soir ,faible encore ,il me fallut me relever de mon lit ,me vêtir de lourd velours incarnat ,mettre des perles dans mes cheveux ,et placer ma
voix plus faible que mes genoux , avec les fêlures d'une angine récente et porter les très longs vers d' Anna durant une heure,sur un registre qui n'était pas celui qui m'était habituel ?...
Il me semblait que j'allais défaillir et l'émotion ardente de sa Poésie qui se voulait être un chant me fût autant une épreuve qu'une joie intense ,celle d'avoir tenu le souffle et porter son
Âme ,sa Présence  .
Cette heure là...C'est elle  aussi que je ranime des cendres des jours passés ,comprenez-vous ?

                               votre
Hécate



Gertrude Verte 22/02/2010 11:40


Oulala! C'est les vacances! Et vous voulez nous faire bosser!
Bon, il va falloir que je remobilise mes neurones qui se sont tous éparpillés dans la nature: certains sont à la campagne, d'autre à la neige, d'autres ont été faire un plongeon dans la piscine,
mais je crois que la grande majorité est resté planquée sous la couette; ça ne va pas être facile...
Je repasserai...


Hécate 23/02/2010 08:30


Mais non ,Gertrude ,bosser !!!! ???
Juste un peu de lecture ,et encore ,j'ai fait des coupures au dernier moment ...

Repassez donc,une fois tous vos éparpillement rassemblés ,je vous promets ,vous n'aurez pas de repassage de lingère des robes d'Anna ,c'est déjà ça !!!

Vous avez remarqué que c'est mon premier article consacré à une FEMMME ???....
                                                                                                                             
votre Hécate


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