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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 17:49






Chez les fous

Albert Londres

 

            Une anecdote qui ne s’invente pas : j’étais à réfléchir à cet article dans un transport en commun, quand mon attention se trouva attirée par la personne assise en face de moi. Une femme avec un beau visage comme celui des madones pâli par la pénombre des églises, les cheveux tirés en arrière en un chignon serré.

            Tout à coup cette dame comme absorbée dans ses pensées, grave et tranquille se mit à bouger les lèvres. Des mots inaudibles s’échappèrent à la cadence monotone d’une prière. Je n’avais pas remarqué un grand sac en plastique posé sur ses genoux d’une marque que je ne citerai pas, mais qui a quelque rapport saugrenu avec le pseudonyme dont je signe mes articles:
            Hécate, dans l’antiquité était sensée être placée à l’embranchement des voies.

 

En grosses lettres publicitaires, je pouvais lire :

« En agissant

Ensemble

On agit

Vraiment ».

 

            Très visiblement cette personne n’avait nullement conscience de la présence des passagers autour d’elle, pas même de mon regard hypnotisé par ses gestes qui par saccades se mirent à frotter le dessous de ses paupières, puis à malaxer le plastic du sac, pour sauter après à son front comme s’il était attaqué subitement par quelque insecte. Ainsi continua-t-elle à soliloquer, hochant la tête spasmodiquement.

            J’étais là, saisie, à ne pouvoir la quitter des yeux comme si elle surgissait tout droit des pages du livre d’Albert Londres que je venais de parcourir.
            Avec qui parlait-elle ainsi, les yeux perdus, fixés sur des êtres absents ?...


            Je faillis manquer mon arrêt, tant elle était digne et sérieuse en dépit de cette agitation dont les intervalles d’immobilités me sidéraient autant que leur cessation subite.






            « Notre devoir n’est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie.

Si nous commencions ? »

 





            En huit chapitres, Albert Londres le prince des reporters plonge en plein cœur de ce qu’on nomme la folie.

            D’une plume à rendre jaloux les maîtres du suspense, cet humaniste à l’âme de poète dresse là le plus stupéfiant récit qui soit.

            Publié en 1925, ce texte est d’un style d’une modernité incroyable. Rapide, efficace, imagé, il brosse des scènes qui prennent à la gorge, coupent le souffle ! Pathétiques et horrifiques.

Aucun temps mort, un livre fou !


            « Je ne suis pas fou ! Du moins pas visiblement, mais j’ai désiré voir la vie des fous. Et l’administration française ne fut pas contente. Elle me dit : Loi de 38, secret professionnel, vous ne verrez pas la vie des fous. »


            Le ton est donné ! Et voilà comment débute l’aventure de ce reportage dont rien ne nous est caché avec une drôlerie féroce, une tendresse humoristique qui annonce celle de Desproges.

Un livre fou !

            Débordement de sensations qui étranglent d’émotion. Aucun temps mort. Albert Londres camisole ses lecteurs si j’ose me permettre…


Un aperçu… les titres des chapitres :

 

  • On a pas voulu de moi.
  • Le fou à domicile.
  • Un quartier d’agités

    Chapitre III.

On m’avait ouvert une cour d’agités.

 

-         Restez-là, les gardiens sont prévenus. Afin de ne pas être pris pour un procureur de la république j’avais le chef couvert d’un béret. De plus, quand on possède un fond d’innocence et que le débraillé ne vous va pas trop mal, on peut fort bien passer inaperçu dans un quartier d’insensés. Les fous n’ont pas d’uniforme. Cela ajoute à la tragique mascarade. En voici deux tous nus. (Ils adorent être nus.) Entre ces deux, un gentleman coiffé d’un melon se promène. Cet autre porte veston et caleçon ; autour de son bras gauche est son faux col en celluloïd. Ils sont soixante-dix environ, en habit de ville, en bourgeron de travail, et déboutonnés par-ci, par-là, en dehors des limites de la pudeur.

Cela ne hurlerait pas trop sans un espèce de putois qui, tout en dénouant une corde, là-bas, au fond, s’en prend à la terre entière de je ne sais quel affront que lui inflige un être invisible. Il se fâche comme si son ennemi était devant lui. Son ennemi est bien devant lui, mais seul il le voit.

 
Un livre fou… certes oui.

 

Chapitre IV

·        Avec ces dames

-         A côté des folles, les fous semblent raisonnables. Ces femmes sont infernales. Toutes ont l’air d’obéir à un ressort qu’elles auraient avalé. Elle se plient, se redressent, gambadent. Elles portent leur bras en ailes de moulin. Il y a beaucoup de cantatrices.. les ballerines ne manquent pas non plus, et les mégères relient les deux… Par temps d’orage, l’intensité de cette diablerie est décuplée.

-         Monsieur !

Une rousse qui a l’air d’avoir des serpents dans les cheveux, me saisit par le bras, impérative :

-         Monsieur ! J’ai été nommée mère principale des filles de la Charité, chanoinesse de la cathédrale, général en chef du Vatican par sa Sainteté le Souverain Pontife…etc…

 

On met la ceinture aux audacieuses, aux vindicatives. On compte bien dix ceintures dans cette cour. L’une des agitées marche sans arrêt.

-         Asseyez-vous, madame Raymond.

-         Je ne veux pas m’asseoir à côté de ces dames. Elles ne sont pas malades. Pourquoi les garde-t-on ici ? elles vont me donner la bonne santé… Arrière !...Arrière !...

 

            A dix pas, une Margoton chante à tue-tête et tourne, derviche emballé.

 
Que dire du chapitre VI ?

·                   Une nuit.

-         Le mystère humain qu’est la folie s’épaissit pendant la nuit.

L’étonnement, qui, comme une auréole, ne cesse de nimber le spectateur de la vie des fous, grandit alors autour de lui, jusqu’à l’infini.

Les asiles deviennent des cloîtres diaboliques…

Il était onze heures du soir quand je m’amenai devant la grille de la maison départementale de cette ville du Sud…

Le portier dormait. C’était bien l’heure.


            Ce livre tient de la farce macabre, de Jérôme Bosch, de Magritte et de Goya et même du french  cancan vu par Lautrec ! Une grandiloquence qui rappelle l’époustouflant Grand Guignol…

 

            Ce livre dénonçait crûment ce qui dérangeait. D’où la censure dont il fut victime, car cette série de portraits et d’interviews scandalisèrent le petit monde des psychiatres et des aliénistes. La rédaction du  Petit - Parisien  passablement effrayé hésita à publier certains articles qui finalement parurent en mai 1925.

 

            Devant le tollé provoqué et les menaces de procès, Albert Londres dut adoucir certains passages… Il venait d’achever un grand reportage sur le  Tours de France  cycliste : « Les forçats de la route ».


            Après avoir dénoncé les bagnes, il s’intéresse à cette autre sorte d’enfermement. Celui des malades mentaux.

 

            Né à Vichy en 1884, celui qui savait faire flamber l’actualité disparaîtra mystérieusement dans l’incendie du bateau qui le ramenait de son voyage en Chine en 1932.


            « Albert Londres, un nom devenu synonyme de mythe, la référence absolue en matière de reportage ». (Pierre Assouline dans la biographie consacrée au journaliste)

 

« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

 



Hécate.

 

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Published by Hécate - dans Avis de lectures
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commentaires

Martine 20/12/2012 14:16


Bonjour Hécate,


Je viens de lire ton article passionnant sur ce titre  que ne connais pas de Londres. Je vais le noter. Il y a longtemps , j'ai lu un manuel sur la psychiatrie. Perturbant, troublant,
intéressant au possible. On ne sort pas indemne de ce genre de lecture.


Merci


Bonne journée à toi Hécate


Martine

Hécate 20/12/2012 14:33



MARTINE,


ce livre est ahurissant, troublant...Merci d'être venue sur cette chronique.Un thème qui ne peut laiser indifférent. Amitiés.


                                                                                                                       
Hécate



apsara 27/04/2012 19:06


Seuls des fous peuvent vivre dans ce monde!!!les sensés se flinguent!ou s'isolent!et encore rien est certain!


Tout est folie!l'être sensé doit être bien ennuyeux...JE ne sais que dire,les pensées se bousculent trop vite dans ma tête!ma mère e fait griller un câble chaquefoisqu'elle ouvre la
bouche;j'ai vraiment l'impression d'être de plus en plus étrangére à) ma famille!que fais-je ici hécate? 

apsara 22/04/2012 14:05


la folie??Comment une socièté totalement aliénée peut-elle juger un être fou ou sensé?si les fous étaient justement des gens totalement sains,vrais ou ... différents ayant des visions ou des
voix!!que sait-on exactement de l'Autre?Rien!pas plus que de soi-même d'ailleurs !Pourquoi toujours mettre la différence physique ou intellectuelle dans des concepts bien déterminés;la pensée est
pareille à l'oiseau!elle doit vivre libre et sans a-priori!A bas le formatage et l'élevage en batterie que nous imposent ces sociètés "oxydentales"où l'âme et la quintessence de l'être
disparaissent au profit de la robotique,du machinisme et toute cette ferraille!!


Idem pour les maisons de retraite et toutes les communautés;" des abrutissoirs ";les goulagsde la paix!!!bon je m'éloigne du sujet!!!mais ça m'a fait du bien!!!


conclusion:la planète est un immense asile psychiatrique où seuls les poètes et rêveurs de tout acabit peuvent s'échapper!!!

Hécate 27/04/2012 18:16



APSARA , le sujet restera  à débattre tant que l'être humain sera tel qu'il est sous le poids des préjugés ,des lois ,des normes .Les aliénistes ont eu leurs balbutiements ,des méthodes
peu humaines pour certaines . La vie est une folle histoire ...Entre les camisoles chimiques et la castration mentale médiatique ...la surdimension des criminels qui fascinent le simple quidam
...et le pauvre être un peu en marge ...Et l'art qu'on veut "maudit" à cause de destins impossibles ,où est la réalité ?...


La question est ouverte ! Elle n'est pas posée ,ni résolue ...


" Any where out of the world "


                                                                
Hécate


                                                                                  



Catharsis 30/11/2010 03:25



Renard relève :



"les asiles deviennent des cloîtres diaboliques"... c'était tellement ça, avant que les camisoles chimiques ne viennent soulager les oreilles des soignants et des visiteurs à défaut
de soulager les malades....

Les unités psychiatriques sont toujours des cloîtres diaboliques. Ceux qui crient, qui hurlent ou ne cessent de s’agiter dans tous les sens, ainsi que ceux qui pleurent, se charcutent, se
mutilent, sont légions dans ces lieux. Simplement ils sont mis à l’écart de tous les regards, surtout de ceux des visiteurs, qu’ils soient familles, médias, personnalités politiques ou
administratives.

Dans chaque unité psychiatrique existe des cellules d’isolements (au moins deux en général)  dans lesquelles, au bon gré du psychiatre présent, le patient, le malade, l’aliéné (toutes les
pathologies sont mélangées en ces lieux, de la petite dépression à l’hystérie, en passant par la schizophrénie, l’anorexie, l’alcoolisme, etc.) bref, le patient sera ou non allongé sur un lit,
attaché qu’il sera par ses deux pieds et ses deux mains, toutes deux le long du corps.
De même, si  toutes les chambres d’isolement sont occupées, alors les autres patients gênants seront enfermés à double tour dans leur chambre, parfois pour des semaines, ou bien transférés
vers d’autres unités, celles qui auront des cellules d’isolements disponibles, ou vers des UMD ou autres structures analogues.

Les camisoles chimiques ne calment en rien les ardeurs et les angoisses de beaucoup, pas plus qu’elles ne modifient radicalement les tempéraments ou certaines nervosités (telle que celle de cette
dame avec laquelle tu étais dans les transports), car pour modifier un être à ce point, il n’est que deux méthodes efficaces : les injections ou les électrochocs.
Mais qui cela intéresse-t-il vraiment ? (voir la fin du com de Sonia et presque tous les autres)
Comme pour la faim dans le monde, personne ne veut y penser chaque jours, ce que je comprends mais n’approuve pas, et donc agir.


Je te laisse ces mots parce que les « fous » te parlent (et je me demande bien pourquoi?)


Bien à toi étrange Hécate.



Hécate 02/12/2010 12:07



Merci Catharsis d'ajouter ton commentaire qui prolonge si bien tous les témoignages déposés sur le reportage d' Albert Londres .


Je vois que tu as lus les échanges ,et je ne vois pas trop que te dire de plus que ce que tu as pu trouver dans mes réponses ...sinon que via le biais d'une lecture de V.Valère "Le
pavillon des enfants fous" ( j'espère que c'est bien le titre exact ) il y a pas mal d'années ,j'avais eu le désir de lire "Le traité du désespoir " cette Maladie mortelle ...de Sören Kierkegaard
. ( le désespoir comme "maladie" de l'esprit ,du moi ...)


Les "fous " me parlent ,oui...


Peut-être suis-je un peu étrange ...:)


                                                             
Bien sincèrement à toi Catharsis


                                                                                                                
Hécate



larmerouge 14/06/2010 13:53



Oui c'est vrai que l'on est tous atteint d'un vent de folie. Aprés chez certains il souffle plus ou moins fort lol


 


 



Hécate 14/06/2010 19:59



Plus on est de fous...:)


                                 
Hé ,hé  ...Hécate



larme 11/06/2010 13:50



Je découvre ici un auteur et un livre et ces extraits fous me donnent trés envie d'en savoir davantage. Un livre de fou pour fous? Mais alors serais-je folle? Répondre non serait mentir, répondre
oui serait prétentieux lol.



Hécate 12/06/2010 19:13



Sans un brin de folie ,est-ce vivre ?


                Ce livre est entre rire et larme ...Et tout est authentique !!!


                                                                              
Folle soirée Larme , follement agréable du moins...


                                                                                                               
Hécate



pelote 28/10/2009 08:03


Je n'ose trop en lire car j'ai acheté ce livre dont, je l'avoue, la lecture me fait un peu peur. Que vais-je y découvrir ? En même temps, lire c'est toujours un peu se risquer, s'aventurer.
Je reviendrai par ici lorsque j'aurais vécu cette aventure là. :-)


Hécate 28/10/2009 09:42


Oui ,Pelote c'est toujours une aventure qu'entrer dans un livre...Mon article en donne une idée,mais les chapîtres sont courts,et même si le thème peu faire peur, Albert Londres le traite
aussi avec un certain humour,et non sans tendresse.
Ne pas oublier que ce qu'il décrit date de 1925,si cela peut  vous ( te ) rassurer!
                 J'aimerais bien un avis après cette lecture.
                                                                            
D'avance,merci.
                                                                                                           
Hécate


Plaiethore 20/10/2009 16:56


Et je réponds seulement quelques semaines en retard à ce cher Humanimalités... :)

Cher Humanimalités, je n'ai pas cru un seul instant que vous aviez pour volonté de fripper ma plaie.
Soyez assuré de mon attention amicale envers vous.


monochrome.dream 06/10/2009 19:58


Un signe de l'aile dans ta direction, belle corneille :)


Hécate 07/10/2009 00:16



Un coup d'aile vers toi ,en retour...:)
                                                                    
A bientôt.
                                                                                 
Hécate



Old-Luck-Oie 06/10/2009 19:51


Ils l'ont fait, et ce fut une agréable surprise que de découvrir un peu plus de la Dame Magicienne et ses talents de poétesse =). Mais cette grille, dites-moi, sur quoi s'ouvre-t'elle? ^^

Quant à Asp... Si le coeur vous dit de venir vous égarer chez moi, vous trouverez sous l'image du Corbeau un lien vers la chanson.

(soit dit en passant, il est navrant que votre projet n'ait pas été commercialisé! Il me rappelle un peu le travail de Done By Mirrors et Léa Silhol, dame que vous n'êtes pas sans me rappeler sous
certains aspects...)


Hécate 07/10/2009 00:14


Ah! le déplacement vaut son coup d'aile !!!
   Pour ce projet,je transmettrais au compositeur...:)
Je me sens bien peu un peu dépassée par vos références,je suis décidemment une incorrigible Romantique Attardée!!! :)
   Je vous fais confiance.
                  Bonsoir ,chère Amie...
                                        
votre Hécate
                                          


Old-Luck-Oie 06/10/2009 17:40


"schenk dir eine Rabenfeder
unsrer Liebe Unterpfand
denk an mich ich komme wieder,
denk an mich hältst du sie in der Hand"... Je n'ai pu m'empêcher de penser à cette chanson d'Asp en ouvrant l'enveloppe.

... JQuoi qu'il en soit, soyez assurée de ce que je la garde précieusement =)


Hécate 06/10/2009 18:01


Les messagers ont accomplis ce qu'ils devaient :)
Il me semble que celà fût agréable ,donc !
       J'avoue piteusement...Asp ? De grâce ,initiez-moi !!!
                                                             
votre Magicienne


Feinheng 05/10/2009 21:29


Après ma journée de fou,je constate que la Folie Over-Bloguienne persiste..!!
Je ne vais pas me plaindre: vous trouvez,Hécate,un Loup comblé ce soir...


Hécate 05/10/2009 21:36


La techonologie dépasse les compétences ,hélas  de la misérable Hécate, qui ne sait que tenir la plume :)
 Ici ,vous êtes encore sur la page de la Folie , bientôt tournée...en accord ,alors avec votre journée à laquelle je ne comprends pas comment tant d'embûches ne vous désanchantent pas !!!
                                                                                              
Hécate


Feinheng 05/10/2009 16:18


Une bonne semaine Magicienne!
Je commence la mienne...histoire de fou:impossiblité (bug) de venir sur OB...il pleut..il fait soleil...
Un peu en retard je retrouve un Monde apaisé...enfin!! :)


Hécate 05/10/2009 18:39


Bien des chemins indisponibles chez vous...de mon côté aussi. Accès impossibles ou trop encombrés. Le pire...votre monde x'existerat pas!!!
                             Voilà bien des farces
d'esprits malicieux...
                                                                                                   
votre Hécate


Fethi 05/10/2009 12:53


Bon début de semaine!


Hécate 05/10/2009 14:33


Merci Fethi ,de même pour toi :)
                                            
Hécate


Le Cap. 04/10/2009 09:54


Oula!
Je viens de me rendre compte en surfant sur le réseau EDF que j'ai le même jour de naissance (mais pas la même année...) que le grand Charles (qui n'est pas deux gaules).
Cela allume bien mon Dimanche qui s'annonçait pourtant gris.


Hécate 04/10/2009 11:58


Oula ,Cap !...ça c'est une révélation qui illumine tous les réverbères ,que dis-je les lanternes sourdes qui balancent à vos cordages.
Gris,votre Dimanche? Chez la Magicienne les tentures cramoisies  de l'Austro-Hongroise sont toujours un petit quelque chose qui allume...:)
             ( Et notre néologue?...en spéologie profonde ???  )
                                                   
votre Hécate


Chomolangma 04/10/2009 09:20


Pourquoi devrais je m'expliquer. Ma démarche reste ludique face à un être mystérieux qui déboule dans mon monde, me séduit et me laisse perplexe...
Plaisantin et saturnien font un très improbable attelage.
"Allumé", OUI, mais EDF.
☼☼☼


Hécate 04/10/2009 11:46



Je vois...allumé et Saturnien  :
"Dans leurs veines le sang,subtil comme un poison,
Brûlant comme une lave ,et rare ,coule et roule
En grésillant leur triste Idéal qui s'écroule.
Tels les Saturnations doivent souffrir et tels
Mourir,-en admettant que nous soyons mortels,-
Leur plan de vie étant dessiné ligne à ligne
Par la logique d'une Influence maligne ".( P. V )

 Ma démarche est comme la vôtre...vous publiâtes des textes qui firent débouler une Magicienne...Qui puis-je ?
    Vous me fîtes ouïr qu'une visite à votre livre d'or ne serait point pour vous déplaire...Je n'ai point cru être importune :)
                       La Chandelle  pour moi en candélabre baroque,pour
vous EDF,à chacuns ses lumières!!!
                    Au plaisir :)
                                            
Hécate



Chomolangma 04/10/2009 09:12


PS : Mes classiques flammes scintilleraient elles d'un soupçon de magnétisme auquel avouerait succomber une courtisane de l'imaginaire pour justifier telle pléthore de visites feutrées chez un
puceau de la sémantique ???...
Bien à vous ☼


Hécate 04/10/2009 11:52


Il faut bien expliquer d'une façon où d'une autre ce qui fait succomber une courtisane de la sémantique (merci bien,on ne m'avait point encore si gaillardement vanté ma plume :) )
Quand à mes visites feutrées...(feutrées?...à ce point )eh! bien ...les vers que vous déversâtes ici on dut avoir quelque répercussions inconscientes...de plus,afficher mon Dandy du Bohémianisme
favori chez vous me semble relever d'un clin d'oeil appuyé :)
                                                                       
votre Hécate


Chomolangma 04/10/2009 08:58


Bon dimanche chère Hécate (woman, Hécate woman...hi hi hi...).
Ca y est je suis grillé...
Le taureau s'ennuie le dimanche, je ne suis pas taureau.
Amitiés ☼☼☼


Hécate 04/10/2009 09:05



Grillé ?...Le taureau s'ennuie le dimanche,et vous n'êtes pas taureau...
         Ce dimanche commence bien...allumé ,on dirait?   Si vous vous expliquiez un peu cher plaisantin ?...
          Bon dimanche ,René,(si je ne m'abuse sur votre prénom?)
                                                                                                                
Amicalement .Hécate



Marie-Claire 02/10/2009 22:09


Je n'ai pas lu votre texte ce soir Hécate. Mais j'avais envie de venir dans ce théatre. Besoin de ressentir la chaleur du pourpre.
Comme "quelque soit le commentaire" ...
je viens juste comme ça. Même en ayant rien à dire. Dire qu'on a rien à dire ... c'est juste n'importe quoi. Mais comme c'est bon parfois justement de faire n'importe quoi !
A bientôt Hécate !


Hécate 02/10/2009 22:47



Qu'elle importance...Ce théâtre est ouvert...il vous acceuille.
Qu'il soit votre réconfort...Votre visite éclaire ma soirée...solitaire.
        Qu'importe de n'avoir rien à se dire...le plaisir d'être ensemble ...C'est important.
                  A bientôt Marie-Claire
                                                  
Amical bonsoir.
                                                                                 
Hécate



monsieur triste 02/10/2009 10:10


je reste toujours médusé de l'adresse fantastique avec laquelle tu nous donne toujours envie de nous jeter sur le livre dont tu parles...

un sujet qui de plus, devrait m'intéresser fortement^^

merci encore donc =)


Hécate 02/10/2009 11:58



Je  ne suis point Méduse pourtant !!!! :)
 Je ne sais s'il s'agit d'adresse,disons que lorsqu'un livre m'enthousiasme j'essaie de l'exprimer ,de le partager .Toujours la même motivation ,je n'ai pas d'autre explication , et , oui
,que l'on vienne ici  est un encouragement dont je suis réellement touchée...

Merci  Monsieur Triste qui faites de si belles photos que je vois chez Renard...
Je me suis fait débordée de commentaires avec Albert Londres,comme vous avez pu voir ,mais ce sont là des échanges très forts sur un sujet toujours brûlant.
                                                                      
Bien à vous
                                                                                   
votre Hécate



Iougenaie 01/10/2009 21:06


Je ne sais pas si vous avez encore le problème Plaithore et Hécate de voir la deuxième page, mais je pense que si vous réactualisez la page, ça marchera. Enfin, vous y avez sans doute déjà pensé
^^.


Hécate 02/10/2009 12:00


Merci Iougenaie de penser à mes soucis informatiques. Tout est rentré dans l'ordre...après quelques heures.
                Hécate


Chomolangma 01/10/2009 19:57


Attendrais-je que vienne le si lourd châtiment,

Que mon âme se noie au coeur du firmament,

Que mon coeur suffocant au profond des ténèbres

N'épouse à tout jamais cet horizon funèbre.

Ma douleur impalpable, prétentieuse cible

Se satisfera-t-elle d'un écho inaudible?

Resterais je toujours sourd à ces harmonies

A ces appels criants, à ces moments bénis ?

Vais je entrevoir enfin la lumière éternelle

Que j'ai cru deviner au creux de tes prunelles ?

Prisonnier serais je de tes puissantes serres

Affalé sur le sol, buvant cette misère ?

Goûterais je nectars, ambroisie et doux miels,

M'aveuglerais je un peu de cet arc-en-ciel,

N'aurais je pour me vêtir que sombre silhouette

Et passions éteintes, et volontés muettes ?

Devrais je m'éreinter à ruisseler sueurs

Et espérer en vain salvatrice lueur ?

J'erre en des lieux maudits, je titube et succombe

Aux effrois de mon être émergeant de la tombe

Que je creuse en secret, miroir de l'épouvante

De ma quête absolue, ma détresse vivante.

La terreur m'irradie et l'angoisse me gagne

Cette vie est prison, ce chemin est un bagne.

Il n'est point de salut ni même d'ouverture,

Tout m'est hostile ici dans cette anti nature.

Tout m'effraie, tout est vil, même l'espoir est louche,

J'aimerais être fort, grâcieux et farouche,

Arracher une à une les ronces du chemin

Au bout duquel enfin tu me tendrais la main.

Je sais que je rêvais, je sais que je dormais,

Qu'en chevalier pour toi seule je me transformais,

Espérant que ma triste et dure solitude

S'évanouisse et trouve au bout sa plénitude.

Mais l'infernal manège de mes folles visions

Est un calice vide où en vain nous puisions

Nos espoirs de bonheur et de tendres vertiges,

Pauvre source tarie pour de tristes prodiges.

Aux portes de la nuit je me sens animal

Blessé, découragé par un obsédant mal

Qui ronge la crinière de mes élans d'airain

Et me condamne à ne jamais être serein.

Je me laisse broyer par puissantes mâchoires,

Je ne prie même plus, je suis promis à choir,

C'est avec le Malin que j'ai croisé le fer

Pour me faire engloutir tout entier en Enfer.

J'ai perdu la jolie compagnie des illustres,

Je suis devenu gueux, insensé chez les rustres,

J'ai l'esprit si troublé que les plus belles roses

Me rendent apathique, indécis et morose.

Pourtant j'aimais les hommes, je vénérais les femmes

De l'amour à l'Enfer je préfère ses flammes

Et si malgré cela je suis seul et damné

Et que je me retrouve à être condamné

A errer dans ce lit de toutes les folies,

S'il me reste la voix et triomphe l'envie,

Je crierai à tout va que mon coeur a porté

Tous mes secrets espoirs d'amour être emporté


Hécate 02/10/2009 23:15



Quoi donc inspire à votre plume
Qui s'épanche en si tristes brumes?
Cers vers chez moi sont bien versés comme fleurs
Eloge à Hécate ou démonstration de l'ampleur
De votre aptitude à clamer en classiques flammes
D'épiques avatars d'une amertume qui se déclame?

                Grand merci à vous Chomolangma
                         J'avoue que vous m'avez surprise
                              Telle , simplement
ce soir donc me voilà...
Une coupe d'un poison onirique vous plairait-il ?
En des vers pour cela ,vous fendre,fallait-il ?
                                                                                
Hécate :)



Plaiethore 01/10/2009 11:36


Hécate chère, je n'arrive pas à aller sur la deuxième page de commentaires !
Au secours ! Agitez votre baguette informatique !


Hécate 01/10/2009 12:23


Eh!bien cher Plaiethore, je ne sais que dire...Je n'y accède plus non plus par la façade du théâtre...
     ( des amis ont fait les fous hier soir pourtant  dans le boudoir :))
          Je tente cet essai.


Hécate 30/09/2009 23:07


oui,un brin de folie aimable ne fait point de mal :)
Hécate


Gertrude 30/09/2009 23:05


Raaaahhhhhhh! vous avez sorti les petits monstres jaunes de leurs boites...


Hécate 30/09/2009 23:13


Ah! ça vous plaît bien ? Avouez Capitaine...Vous êtes ravie ,aux Anges...quoi!...Attendez la réplique sur votre rafiot ,vous m'en direz des nouvelles...Vous voulez que la Magicienne déchaîne les
Eléments???          WAGNERIEN !!!Je vous laisse suppputer :)
                                                                        
Hécate


Le cap. 30/09/2009 22:53


Un brin de folie dans ce monde de raison...


Le cap. 30/09/2009 22:49


Avec A. on a formé une association pour protester contre vos mauvais traitements et le fait que vous délaissiez vos amis au profits de brillants intellectuels. On reste anonyme pour éviter les
retombées psycho-atomiques.


Hécate 30/09/2009 23:00


NON! mais je rêve!!!!.........Vous avez mangé le fil d'archal trempée dans un élixir délirant?...
Diantre!!!!.....
Quels mauvais traitements s'il vous plaît ?
                     Tout le monde suit le même ici la thérapie de groupe avec la
Magicienne...Compris ?
                               La TRIPLE
HEKATE


cap. 30/09/2009 22:38


Et nos os...


Hécate 30/09/2009 22:43



Mais que se passe-t-il donc?...on perd la tête !...C'est le lieu idéal ,certes...Mais je ne délaisse point mes amis,voyons...Je n'ai que trois têtes...et l'on m'a fait les honneurs
d'un article complet sur la Déesse Hékate, et,ma réponse s'est envolée,pfft...perdue.Tout à refaire!...Point drôle...
                                        
Hécate du fond de son sopha cramoisie...






Le cap. 30/09/2009 22:36


Maintenant que vous êtes dans les hautes sphères intellectuelles et psychologiques de la grande littérature, vous snobez nos "tartes à la crème" (arm.)


Le Capitaine 30/09/2009 22:20


Pardon, "demandée"


Le Capitaine 30/09/2009 22:17


En parlant de folie vous êtes demandé au parloir de néologie pour donner votre avis sur la sagesse.


Hécate 30/09/2009 22:30



oui?...au parloir ?...Je ne savais point.....mais est-ce bien raisonnable? :)
               Le temps de trouver...et j'arrive.
                                                                       
Hécate



Iougenaie 29/09/2009 21:59


La folie me turlupine toujours, en vérité, elle me trotte dans la tête tout le temps, au point de faire un certain nombre de lapsus assez drôles !
Il s'est passé quelque chose aujourd'hui, qui sans doute fera tilt chez vous. Cela me ramène un peu à la folie, car il y est question de manière de penser différente, et de réception de cette
manière de penser. Il s'agit de montrer comme un groupe peut faire croire à une personne qu'elle est la stupidité incarnée. La férocité de la socialisation, et du conformisme ! Allez me lire si le
coeur vous en dit, mais, je vais de ce pas puisque j'ai un peu de temps, vous interrompre dans vos occupations.

A tout de suite Hécate, Eugénie.


Hécate 29/09/2009 22:56



Eh! bien,j'ai interrompu mes occupations pour l'urgence de votre cas:)
Eugénie,j'irais vous lire demain. Mais l'essentiel nous l'avons échangé. La folie est là,faire croire à l'autre qu'il est ce qu'il n'est pas...Le conformisme est un fléau ; il convient de garder
la raison des convictions que nous sentons les plus humaines,envers notre Pensée. S'adapter à la Société sans se laisser dévorer....Difficile,certes. Un pari à conquérir ! Tenir bon.
                                                                 
Amicalement à vous
                                                                                                    
Hécate



Humanimalités 29/09/2009 21:41


Cher plaiethore, il est évident que vous connaissez mieux que moi le sujet en Italie et vous faite un rappel historique indispensable sur le sujet. Je suis désolé si je vous ai « fripé », mes
propos n’avaient nulle volonté de le faire. Les contradictions que vous apportez à mes propos je les acceptent volontiers, (je dirais même je clique et je valide), et reconnais que cette « guerre
contre l’archaïsme » fut celle d’un peuple et une victoire aussi. Mais il faut aussi aujourd’hui se méfier que cette avancée sans précédent ne tourne pas en trompe-l’œil, comme tente de le faire
certain courant de pensée libérale, là seulement était mon avertissement, certes je n’ai pas le don de notre magicienne pour m’exprimer et développer suffisamment voir correctement mes
connaissances bien piètres faces aux vôtres je l’avoue humblement. En tout état de cause je ne défend nullement l’internement forcé et encore moins les camisoles chimiques, électrochocs, ou les
lobotomies tant usitées de part le monde il y a encore quelques dizaines d’années de cela (un cousin éloigné en fut victime, sa maladie mentale était pour ses parents l’homosexualité). Enfin cher
Plaiethore sachez que j’accepte toujours avec humilité la controverse quand celle-ci est faite dans le respect de chacun ce qui est votre cas je n’en doute pas un seul instant, car elle permet
d’ouvrir un débat qui enrichit non seulement les protagonistes directes ce celui-ci mais aussi ceux qui l’écoutent ou le lisent. Ouvrir ici un tel débat je pense était indispensable car cela vous
aura permis d’exposer fort à propos les bases de l’œuvre du psychiatre Franco Basaglia qui conviennent parfaitement aux propos du livre d’Albert Londres.
Résolument bien amicalement à vous, Humanimalités.


armengol 29/09/2009 21:37


je connais un bout du sujet par le côté de l'abandon dans des appartements immondes. Des gens que l'on laisse chez eux avec leurs médocs à prendre et le tuteur qui passe une fois l'an pour voir si
la porcherie reste encore du domaine de l'acceptable...


Hécate 30/09/2009 09:09


Le sordide envers du décor ; ceux qui disent qu'ils agissent pour le bien-être des gens que vous dites Armengol,et en s'estimant être dans la Raison...
  C'est fou!...
      Chez moi,le décor est rouge...et les visiteurs s'enflamment,le sujet est toujours aussi brûlant. Albert Londres délie les langues !!!
       Je vais envisager un sofa dans mon Théâtre de funambule :)
                                       
votre Bohémienne Austro-Hongroise vous remercie de vous être dérangé depuis vos volcans.
                                        
Hékate


feinheng 29/09/2009 19:54


Loup certes fatigué mais heureux de quitter pour cette nuit le monde des fous...à savoir le monde hors de mon antre...

A bientôt chère Hécate (avec des empreintes plus marquées)


Hécate 29/09/2009 20:46


Dans la pourpre couleur de mon boudoir de saltimnbanque , trouver votre trace Loup ,allège ma lassitude...
La Magicienne vous souhaite les folies des rêves de la Nuit pour vous reposer de celles du Jour...trop harassantes.
                                                     
Votre Hécate


Plaiethore 29/09/2009 18:16


Cher Humanimalités, vous me voyez un peu étonné, voire légèrement fripé, de constater que vous pensez, voire assurez que c’est une « première vue » qui m’a fait faire une relation entre l’article
de notre Magicienne et l’anti-psychiatrie italienne.

Je n’avance jamais d’affirmation lorsque je ne sais pas ou lorsque j’ai simplement survolé un sujet ; en ce cas, je n’ai aucune honte à dire qu’un sujet m’est inconnu, à écrire « il me semble », à
laisser entendre mes lacunes ou bien tout bonnement à clouer mon bec d’ignorant.

Effectivement il est bon de se méfier des couches superficielles des informations que l’on aurait glanées succinctement, mais il s’avère ici que je me suis longuement penché, documenté et donc
intéressé à l’histoire de l’anti-psychiatrie en Italie.

Je n’ai pas non plus la tyrannique prétention de tout savoir et de ne jamais me tromper.
Bien au contraire, j’accepte volontiers de me tromper, et ce pour le bonheur de rectifier le tir de mes pensées… Mais franchement, sur ce sujet, décidément non j’ai l’assurance de ne point me
leurrer.

Ensuite, je pourrais bien sûr vous dire que tout est affaire de différents points de vue, mais les informations doivent être justes et vérifiables à la base, afin d’en comprendre les divergences
d’opinions.

Et en tant qu’ami de la Magicienne, j’ai la presque conviction que vous ne vous braquerez pas face à mes contradictions (nombreuses) qui joueront avec vos déclarations…

Bon revenons à nos fous !
Et en heureux fêlé que je suis, je ne suivrai pas le déroulement de vos propos, mais me baladerai plutôt au gré de mes pensées libres.

- Vous parlez de lois qui ont été votées de façon à pouvoir interner en prison certaines personnes « soi-disant atteintes de pathologie mentale »…

Faisons donc un bref topo des lois concernant le désaliénisme italien, en rappelant au passage que le mouvement œuvrant pour la désincarcération des malades en hôpitaux psychiatriques a débuté en
1962 et que c’est à l’illustre visionnaire et psychiatre Franco BASAGLIA, que l’on doit la première opposition à l’institution totalitaire asilaire et le formidable combat mené en ce sens, avec
l’appui de nombre d’acteurs de la santé mentale, des politiques, des associations, des syndicats, mais aussi le formidable et grand soutien des citoyens de ce pays.
La guerre contre l’archaïsme de la prise en charge des malades mentaux a été menée par une société entière. Elle n’est donc pas la seule ambition d’un gouvernement en mal d’économie.

La première des lois en faveur de la désaliénisation est la Loi 180, votée en 1978, appliquée dés l’année 1980 et donc l’objectif premier (suivi de divers autres) est la suppression pure et simple
de l’hôpital psychiatrique
Suite au vote massif de cette loi 180, les hôpitaux psychiatriques ont été abandonnés ou bien restructurés en petits centres de quelques lits.

Concernant le traitement des DELINQUANTS malades mentaux, le code pénal italien ne reconnaît pas la culpabilité des personnes atteintes de troubles mentaux, mais considèrent comme nécessaire, afin
de protéger la population du caractère dangereux pour la collectivité, leur placement dans des 6 établissements pénitentiaires affectés à l’affection mentale.
Plusieurs articles de ce même code pénal (88, 90, 95, 95 et 222 (ce dernier étant inconstitutionnaliser depuis 1982)) posent la réflexion sur la réelle irresponsabilité des malades, sur la
dangerosité des cas et sur les mesures par emprisonnement, dans un centre psychiatrique spécialisé qui peuvent s’appliquer aux délinquants atteints de troubles mentaux…

Il me paraît, pour ma part, fort compréhensible, qu’existent de multiples degrés de pathologies mentales, et que ces centres psychiatriques spécialisés, même faisant partie (en côte-à-côte, mais
bien distincte) du système pénitentiaire traditionnel, sont nécessaires à la réclusion des malades mentaux dangereux.
Où placeriez-vous donc les tueurs en série atteints de troubles mentaux avérés, les violeurs de vieilles dames et les découpeurs d’enfants ? Dans une prison qui accueille les voleurs, les petits
délinquants, les braqueurs de banque, les violeurs et même les tueurs qui ont été diagnostiqués comme responsables de leurs actes ?
Le « soi-disant » que vous employez m’apparaît alors comme clairement déplacé.
Quant à la privatisation (mais j’aimerai connaître vos sources) de ces bâtiments qui accueillent les délinquants malades mentaux, je vous le dis franchement, si ces centres sont sous tutelle du
ministère de la santé mentale, je m’en contre-fiche... mais gentiment parce que c’est vous. Jusqu’à présent et ce depuis trente ans, aucun rapport n’est venu à l’encontre de la bonne marche de ces
centres (et pourtant des flopés de rapports, il y en a eu !).

- Vous parlez également d’intérêts financiers, de rentabilité des entreprises privées, de réduction du personnel soignant, de réduction du budget de l’état consacré à la santé…

Cher Humanimalités, je vais devoir à nouveau vous contredire.

Premièrement, une multitude de services urgentistes en milieu hospitalier général, ouverts 24 h sur 24, 7 jours sur 7 ont étés créés sur tout le territoire italien, en remplacement des lieux
concentrationnaires asilaires.
Les malades y sont accueillis par des équipes complètes de professionnels de la santé : infirmiers, brancardiers, psychiatres, psychologues, … etc.
Dans ces structures, l’hospitalisation n’est pas un but en soit, mais elle peut se présenter comme nécessaire parfois et n’excède pas 8 jours.
Si le malade n’est pas « gardé » au lit, toute une équipe d’aide sociale se met en place, faisant le lien étroit avec l’entourage proche du patient. Il est décidé alors, toujours en écoutant l’avis
de la première personne concernée, si elle doit réintégrer son milieu familial, être reçue dans une famille d’accueil (et oui !) si elle en a la capacité à s’installer en logement avec 2 ou 3
autres colocataires, ou bien carrément obtenir un logement individuel.
Le malade, loin donc d’être lâché dans la nature est totalement encadré médicalement et psychologiquement (des visites régulières gérées par le malade sont prévues en ces petites structures et le
corps médical se déplace à chaque fois que cela est demandé), socialement (aucune coupure ni abandon de la société) car les citoyens sont devenus tous responsables de « leurs » malades.
L’étape ultime et celle qui est souhaitée dés la base des soins prodigués est bien évidement la réintégration complète du malade dans la société, dans son autonomie financière et donc dans le monde
du travail. Des associations, des groupes de soignants, des travailleurs sociaux, des entreprises coopératives, oeuvrent alors à la finalité de tout ce qui précède.

Où est donc la pénurie du personnel hospitalier ? Quelles sont les réductions d’emplois ? Quelles sont les économies faites par l’état ?...
Je ne vois que le contraire…

Toujours est-il, qu’il me paraît inconcevable de perdurer à entretenir l’incarcération et le totalitarisme qui privent l’une des libertés fondamentales de l’être humain : vivre aux côtés de leurs
concitoyens, différents et pourtant capables de complémentarité et surtout d’apport de moyens humains à la société.

Un malade a le droit aux soins, a le droit à la libre action, a le droit à la reconnaissance, a le droit de vivre près des siens.
Rien ne saurait justifier l’internement forcé, les camisoles chimiques, les électrochocs, l’abandon et l’effacement d’êtres humains capables d’espérer la voie de la guérison et de l’intégration
tranquille à une société qui les a vu naître.

Je terminerai en disant que je connais que trop les lieux concentrationnaires qui torturent plus qu’ils ne soignent les personnes souffrant de pathologie mentale ; Notre magicienne en sait déjà un
petit bout… Et sans vouloir vous tirer des larmes de crocodiles (ce qui serait bien inutile), je vous parlerai de cette Belle au Bois Tuant, Belle que j’ai aimé et que j’aime encore comme une
étoile qui me brillerait de l’oeil, qui souffrait de schizophrénie depuis de longues années, qui avait pour plus grande terreur - plus encore que cette frayeur de ne pas savoir le pourquoi elle et
son état - ces longs internements à répétition dans les hôpitaux psychiatriques français qui la diminuaient à chaque fois à un état de pauvre animal de laboratoire, et qui avait pour dernier espoir
de s’expatrier en Italie, afin de tenter de vivre sa maladie mentale comme n’importe quel malade du corps. Il aurait fallut pour cela qu’elle s’éloigne trop et trop longtemps de sa famille qui la
chérissait comme l’œuvre d’art qu’elle était… Elle a probablement pensé cet éloignement de ses chers comme insupportable et a fini un beau matin par s’en aller en un lieu où personne de vivant ne
peut à présent la retrouver.

Amicalement de même,
Plaie


Old-Luck-Oie 29/09/2009 18:01


"Un magicien n'arrive jamais en retard, ni en avance d'ailleurs. Il arrive précisément à l'heure prévue", a un jour dit J.R.R. Tolkien. J'imagine qu'il en va de même pour les Magiciennes =)
Cet oiseau mort est la personne qui est chez moi lorsque que je ne suis pas chez elle, une amie qui m'est très chère. ^^

Chantent-ils et volent-ils, ces oiseaux-là? ^^ oui, sans aucun doute votre magie aura réussi ce prodige...


Hécate 30/09/2009 09:18



Les Magiciennes sont parfois bien tiraillées par mille appels simultanés :)   J'ai adopté le port de trois têtes ,ainsi cela  facilite quelque peu mes visions...et  mes
dons.
Donc cet Oiseau mort, amie très chère vole  avec la Magicienne qui s'en enchante...
Mais les Rats,dites-moi ?....
                                       
votre Triple Hécate



Chomolangma 29/09/2009 17:11


J'ai de radieux souvenirs de la Grèce où je mourus et revécus.
Une renaissance digne d'un Don Quichotte libre.
Il existe un excellent ouvrage "l'art brut", oeuvres artistiques de déments.
Enseigner la folie n'existe pas encore...
Quant à mon savoir, vous n'avez pas à être humble, mes sources sont citées.
Si vous voulez me connaître, je vous invite à lire mes poèmes dans la catégorie "poésie", écritures dont je suis l'auteur.
Je vous remercie pour la chatoyante syntaxe de votre plume.
Si le coeur vous en dit je serais fort honoré que vous signiez mon livre d'or.
Votre boudoir cramoisi est bien plus sacralisant que mes articles, que je me plais à livrer à la multitude afin de rappeler que cette diversité culturelle de chair et de sang est l'oeuvre de nos
ancêtres...
Bien à vous, Chomolangma (Éverest en Tibétain...) ☼☼☼


Hécate 01/10/2009 16:00



Merci de vos éloges à ma plume, je verrai à aller sur votre livre d'or ,ce que je ne fais que bien peu,je ne pense pas avoir fait celà ...
Vos articles sont très bien documentés et agrémentés.La découverte m'en a été agréable.
Toutefois la Poésie ,si vous avez regardé un peu celà sur le fil d'archal, n'est que celle des auteurs qui ont sur moi un impact émotionnel.
Je ne publie rien de mes écrits personnels.
Et,je m'abtiens de critique sur celle qui ne saurait assez me toucher. Ne soyez pas déçu si je ne laisse trace de mon passage,éventuellement.
Mais j'irais vous lire ,dès que possible.
                                                    
Bien à vous ,cordialement.
                                                                                                 
Hécate



Hécate 29/09/2009 15:10


Il fallait le dire aussi ,Eric !...Et Adèle,la fille d'Hugo, égarée...de douleur!...
salut à toi !
Hécate


Eric LOW 29/09/2009 14:49


grand grand livre que celui-ci
& je repense souvent aux sons enregistrés d'Artaud après sa sortie : terrible, effrayant, envoûtant...
& je repense à Camille Claudel, cloîtrée & abandonnée par son frêre, morte de faim & de désespoir, ce connard îvre de son génie & de son catholicisme de bénitier


Chomolangma 29/09/2009 10:35


PS : je ferai un article sur Sophocle, j'ai apprécié votre citation (la parure des...) ☼☼


Hécate 29/09/2009 12:28



Merci d'avoir agrée ma citation de Sophocle...
                                                                                  
votre Hékate


 



Chomolangma 29/09/2009 10:31


Sobre & méthodique chez vous, le saturnien que je suis s'y retrouve...
Je ne peux me commenter moi-même...pas de misanthropie donc ☼


Hécate 29/09/2009 12:26



Sobre et méthodique chez moi?...Le saturnien ne manque pas d'humour !...( m'écrire cela sur le thème de la Folie :)...)
Point de misanthropie  "Chomolangma",alors je retournerais vous voir !
                                                                                                                             
Hécate



Plaiethore 29/09/2009 01:32


Heu... Je ne comprends pas la répétition... Magique ! :)


Hécate 29/09/2009 12:34


Moi, je la comprends cette répétition..."magique"...:)
                                                               
votre Magicienne


Plaiethore 29/09/2009 01:31


Hécate chère, je reviens demain (chais pas vraiment à quelle heure) répondre à la douce "bête humaine" et vous montrer combien le leurre jeté aux faucons n'a absolument pas lieu d'être évoqué, en
tout cas me concernant ici et sur le sujet italien que j'ai évoqué.
Il est tard et j'aurai beaucoup à écrire et à affirmer.

Douce et belle nuit à vous.

Douce nuit


Hécate 29/09/2009 12:33



Plaiethore, revenez à l'heure qui vous ira le mieux; bien curieuse de votre réponse à "la bête humaine"...
        Douce et belle nuit, me disiez-vous...comme un écho à clui  bien proche d'un autre hier soir :)
                                                                                                                   
votre Hékate


 



Sonya972 28/09/2009 00:06


c'est un auteur que je ne connais pas et que tu me fais découvrir. C'est un sujet assez brulant . J'aime beaucoup ta façon de présenter. belle journée de lundi.


Hécate 28/09/2009 11:43


Sensible à tes compliments Sonya , ce sujet assez brûlant, je rappelle que Robert Alexis l'a abordé avec son roman  hallucinant " LES FIGURES" qui se déroule au XVIIIème en
France .

En 1890,dans Société Nouvelle, Verhaeren a écrit un court texte"Une maison de fou"où il traduit la peur qui le prit en sortant d'une visite dans un asile . E n 1925,il semble qu'il y eut peu
de changement quand on lit ce reportage d' Albert Londres!
                                                                                             
Bonne journée .
                                                                                                                               
Hécate


Iougenaie 27/09/2009 20:52


Mais vous connaissiez ce paragraphe... Représentatif d'une folie douce, cachée, profonde et magnifique. La folie de ceux qui voulait tout sacrifier pour quelque chose, et qui ont su par une belle
soirée d'été que tout n'était que Vanité. Qu'aucun sacrifice ne se ferait, que la vie ne serait qu'une souffrance doucereuse, au parfum enivrant d'un après l'amour.

Votre Eugénie.


Hécate 27/09/2009 21:13


Certes pour l'avoir redécouvert chez vous,je le connaissais; mais à chaque fois le choix par quelqu'un d'un passage d'un tel livre l'éclaire sous un autre angle.
Je vais ajouter ceci de Nietzsche:
"La vanité d'autrui ne choque notre goût que lorsqu'elle choque notre propre vanité".

"On refuse de croire aux folies des sages : quelle entorse aux droits de l'homme !"
                                                                                                                                              
votre Hécate 


Iougenaie 27/09/2009 20:47


Je suis Harry, les fous me font peurs, parce que je sais qu'ils ne le sont pas. Je sais que je risque tout d'eux. Les "normaux" que parfois, je voudrais tuer, et puis manger aussi avec de la
confiture me donne envie de vomir, mais il y a ce passage, qui décrit si bien comme je vis :

"Je regardais cette homme aimable avec sa bonne figure de savant, je trouvais la scène, au fond, un peu ridicule, mais je jouissais comme un chien affamé de cette bribe de chaleur, de cette gorgé
d'affection, de cette bouchée d'estime. Le Loup des steppes, Harry, ricanait, attendri ; la bave inondait sa gueule sèche ; la sentimentalité le faisait ployer malgré lui. Moi, je continuais à
m'embrouiller avec zèle dans tout mes mensonges (...). Et lorsqu'il m'invita sincèrement à passer la soirée cette soirée chez lui, j'acceptai avec reconnaissance, je le priai de transmettre mes
hommages à sa femme, et toutes ces paroles et tous ces sourires me faisaient mal aux gencives, déshabituées de ce genre d'efforts. Tandis que moi, Harry Haller, me trouvais là, dans la rue, amadoué
et flatté, poli et courtois, souriant à la bonne figure myope de cet homme aimable, l'autre Harry se tenait à son ombre et ricanait lui aussi. Il se dressait sarcastique et se disait que j'étais un
drôle de type, hypocrite et loufoque, qui, il y avait à peine deux minutes, montrait furieusement les dents à toute cette terre maudite et qui, maintenant au premier mot inoffensif d'un bon
bourgeois respectable, volait au devant de lui, attendri, zélé, touché, et se vautrait comme un porc dans la joie d'avoir trouvé un petit bout d'estime, de gentillesse et de bienveillance."

Douce souffrance que celle d'haïr tendrement son prochain.


Hécate 27/09/2009 20:56


Merci Iougenaie ...Ce passage illiustre si bien ce qui est  doit être dit et la voix d'Hermann Hesses manquait ici.
                             votre Hécate


Iougenaie 27/09/2009 20:34


Oui, c'est bien vrai ! Comment ai-je pu oublier de citer Hesse ?!
Douce soirée Hécate.


Hécate 27/09/2009 20:42


Vous pouvez le faire Eugénie,il n'est pas trop tard...
        Un passage peut vous paraître plus parlant q'un autre.
Vous êtes toujours la bienvenue sur le fil d'archal.
                                                             
votre Hécate


Fethi 27/09/2009 15:26


Que du plaisir à lire ces extraits!Bon dimanche


Hécate 27/09/2009 15:42


Fethi ,bon dimanche à toi aussi,et oui,il y a aussi dans ce livre fou des instants de plaisir pur!
Au chapitre IX :"L 'ARMOIRE AUX CERVEAUX" lors d'une visite chez le docteur Dide , Albert Londres à qui il montre dans des pots de chambre ses collections particulières,ses sujets
d'études,lui dit_"...vousavez là de beaux cerveaux ,mais pourquoi dans des pots de chambre? _ Parce que le pot de chambre ,monsieur ,est la forme idéale du cerveau ! "
                                                                  
Hécate


Paesaggio 26/09/2009 19:18


Merci, Hécate, de nous faire redécouvrir ce très grand journaliste et écrivain qu'était Albert Londres. Comme il a eu une vie fort aventureuse n'hésitant pas à aller notamment dans les forêts de
Guyane et d'Afrique centrale, je l'ai souvent associé (mais pourquoi donc ?) à J. London, l'homme de la forêt boréale. Mais il me semble maintenant que le côté engagé d'A. Londres en fait une sorte
de saint patron du journalisme moderne.
Jean-Michel


Hécate 27/09/2009 16:41



J'ai lu J. London très jeune avec un grand plaisir,car il narrait sous forme à peine romancée ses aventures très rudes ; alors la confusion s'explique.
Albert Londres est allé courir le monde pour nous révéler ce qu'on taisait.
Oui,son nom est devenu une prestigieuse récompense dans l'univers du journalisme,décernée chaque année à la date anniversaire de sa mort.
                                             Bon
dimanche Jean-Michel.
                                                                                                 
votre Hécate



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